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Les miracles de guérison de Jésus

Note de l’éditeur : Ceci est le neuvième chapitre de la série Expliquer les récits bibliques bien connus.

Les miracles de guérison de Jésus sont généralement considérés comme des manifestations de la bonté et de la miséricorde de Dieu, accomplies par la puissance de Dieu le Fils. C’est assurément vrai : les miracles témoignent de l’amour et de la compassion de Dieu, ainsi que de sa puissance, et sont à ce titre remarquables en eux-mêmes. Mais ils sont bien plus que de simples prodiges médicaux. Les miracles de guérison sont des signes qui nous orientent vers des vérités spirituelles. S’il n’en était pas ainsi, il faudrait se demander pourquoi si peu de personnes ont été guéries, et non pas pourquoi tant l’ont été. De toute évidence, Jésus a guéri beaucoup de gens, mais il n’a pas guéri tous les habitants du monde. Si vous étiez Dieu, si vous étiez présent dans ce monde et si vous pouviez guérir à distance par un simple mot de commandement, n’auriez-vous pas assez de compassion pour guérir tous les hommes, partout et en même temps ? Il doit y avoir un dessein et un récit plus vastes derrière les miracles de guérison de Jésus. Afin d’examiner ce dessein, nous considérerons les miracles de guérison dans l’évangile de Matthieu. On en dénombre une vingtaine environ, bien que certains soient parfois regroupés, et puissent donc être considérés comme un seul événement. Nous en examinerons cinq.

Matthieu 4.23-24

Lorsque Matthieu dit que Jésus proclamait et guérissait dans toute la Galilée, nous percevons immédiatement la signification des miracles, et pas seulement leur caractère miraculeux, car ils sont associés à la prédication de l’Évangile. Les deux vont de pair : l’un est un message verbal, l’autre un message visuel ou physique. Mais le lien entre la prédication et la guérison, en tant que message ministériel unique, suggère fortement que les miracles de guérison ont quelque chose à nous dire. De plus, ces guérisons, jointes à la prédication, sont présentées par Matthieu comme faisant partie de l’accomplissement de la prophétie d’Ésaïe selon laquelle le peuple de Galilée, qui demeurait dans les ténèbres, a maintenant (en Jésus) vu une grande lumière (v. 16). Les miracles révèlent qui est Jésus.

Matthieu 8.5-13

Nous en venons ensuite à la guérison du serviteur du centurion. Ici, la leçon est rendue tout à fait explicite par Matthieu dans son récit. C’est une leçon d’autorité. Le centurion comprend. Jésus a l’autorité de guérir par une simple parole. Ce qui est mis en évidence, par conséquent, c’est que la foi repose sur la nature même de qui est Jésus en tant que Dieu. Il a l’autorité de guérir n’importe qui simplement en le déclarant. Tandis que les religieux (les « fils du royaume » ; Mt 8.12) peuvent trop réfléchir, le centurion païen, lui, saisit la chose. Dis seulement un mot, Jésus, et il sera guéri. Les miracles sont donc conçus non seulement comme des actes de compassion, mais aussi comme des preuves d’autorité destinées à susciter la foi salvatrice dans le Dieu qui peut nous sauver, nous aussi, simplement par sa parole. Je ne peux m’empêcher de souligner ce point en me référant au récit parallèle en Luc. Là, le mot grec pour « guérir » est aussi le mot pour « sauver » (Lc 7.3). Cette observation, à savoir le chevauchement lexical entre la guérison et le salut, est une fenêtre ouverte sur un vaste espace de signification nouveau. Les guérisons sont temporaires (tous ceux que Jésus a guéris, même Lazare, sont finalement morts). Elles sont destinées à nous montrer comment trouver la guérison définitive et éternelle, c’est-à-dire le salut.

Matthieu 12.9-14

Dans ce passage, nous trouvons Jésus guérissant dans la synagogue le jour du sabbat. Cela provoque une controverse importante sur la question de savoir si la guérison est une activité licite le jour du sabbat. La réponse de Jésus est qu’il est permis de faire le bien le jour du sabbat. S’opposant à la guérison accomplie par Jésus le jour du sabbat, les pharisiens, furieux, ne voient en revanche aucune objection à comploter pour tuer Jésus ce même sabbat. Leur hypocrisie est stupéfiante. La portée de ce miracle de guérison est davantage expliquée par une autre citation d’Ésaïe qui suit aux versets 18-21. En guérissant le jour du sabbat, Jésus manifeste le genre de douceur, d’engagement envers la justice et de puissance spirituelle pour faire le bien qui devait caractériser le Messie, serviteur de Dieu. Ainsi, une fois encore, la guérison n’est pas un simple prodige médical ; elle est un accomplissement biblico-théologique destiné à nous amener à mettre notre confiance en Jésus, et à être sauvés. Il est celui qui, malgré les objections des légalistes religieux, tend la main vers nous et nous rend capables de tendre la main vers lui (« Étends ta main » ; Mt 12.13), afin que nous soyons guéris/sauvés.

Matthieu 12.22-32

Dans ce cas, Jésus « guérit » un homme qui était « sous l’emprise d’un démon », comme en témoignaient sa cécité et son mutisme. Aucun détail diagnostique susceptible de nous fasciner ne nous est donné ; il est simplement écrit qu’« il le guérit » (v. 22). Les gens sont stupéfaits et se posent la bonne question : « N’est-ce pas là le Fils de David ? » (v. 23). Les pharisiens, cependant, s’y opposent dans les termes les plus virulents (ayant désormais résolu de tout faire pour tuer Jésus), disant que son miracle extraordinaire n’est accompli, selon eux, que par une puissance diabolique. Cette objection aux miracles de guérison a une longue histoire. Si quelqu’un que vous détestez accomplit quelque chose de si extraordinaire que vous ne pouvez le contester, la seule manœuvre possible est d’attribuer cet acte remarquable à une force malveillante. La réponse de Jésus est saisissante : s’il accomplissait ce miracle par un esprit malveillant, cela signifierait que Satan aurait un royaume divisé dans lequel Satan chasserait Satan. Au contraire, Jésus accomplit ce miracle par « l’Esprit de Dieu » (Mt 12.28). La conclusion qui s’impose est donc d’accepter Jésus comme le Fils de Dieu. Mais Jésus les met en garde contre le danger de le rejeter, et plus encore contre le danger bien plus grand et permanent de le rejeter en attribuant l’œuvre de l’Esprit à l’œuvre du diable : c’est le fameux péché impardonnable (Mt 12.32). Le sujet de ce péché nécessiterait un article, sinon un livre entier, pour être traité correctement, mais il convient de noter que ce qui est impardonnable, c’est le péché de ne pas demander le pardon. Ceux qui demandent véritablement le pardon de Dieu seront pardonnés. Au cours de mes années de ministère pastoral, je n’ai encore jamais rencontré un non-chrétien qui s’inquiète d’avoir commis le péché impardonnable. C’est, par définition, quelque chose que vous ne pouvez pas avoir commis si vous craignez de l’avoir fait. Cette remarque pastorale mise à part, la portée de ce miracle de guérison est de révéler Jésus comme celui qui remporte la victoire sur le diable. Dans certaines régions de l’Occident, cette idée de la puissance de Jésus sur le mal semble tout droit sortie du Moyen Âge, mais dans une grande partie du monde, la réalité des forces des ténèbres est davantage acceptée, et cette histoire nous conduit donc naturellement à la gratitude et à l’adoration. Jésus est celui qu’il dit être, et il est capable de vaincre le diable.

Matthieu 17.14-20

Le dernier miracle est peut-être le plus difficile des miracles de guérison que nous examinerons, mais d’un autre côté, c’est aussi le plus simple. Les disciples de Jésus sont incapables de guérir un garçon, mais notre Seigneur le peut. Jésus déplore le manque de foi de ceux qui, y compris ses disciples, ne peuvent guérir l’enfant. Lorsque les disciples demandent à Jésus pourquoi ils n’ont pas pu le faire, il répond que c’est « à cause de votre petite foi » (Mt 17.20). Puis, de manière quelque peu déroutante, il dit que s’ils avaient une foi, même aussi petite qu’un grain de moutarde (une chose très petite), ils pourraient déplacer des montagnes. Que nous enseigne ce miracle ? Rappelons que Jésus vient de se trouver sur une montagne (la montagne de la transfiguration ; Mt 17.1-12). Là, il a été révélé dans sa gloire, et les disciples ont été exhortés par la voix de Dieu venant de la nuée à écouter Jésus. Rappelons aussi que dans un instant, il allait se rendre sur un autre mont, le mont du Temple. Les montagnes sont sur le point de changer, et la proclamation de l’Évangile de Jésus comme Fils de Dieu, Dieu avec nous (un thème central en Matthieu ; voir Mt 1.23, 28.20), qui doit maintenant aller dans toutes les nations, est un événement qui déplace les montagnes et que nous recevons par la plus petite foi (une foi aussi petite qu’un grain de moutarde). En d’autres termes, ce miracle a pour but de révéler que Jésus est celui qui sera crucifié et que par la foi en lui et en sa croix, nous sommes sauvés. (Immédiatement après avoir guéri le garçon, Jésus annonce sa mort et sa résurrection ; voir Mt 17.22-23.) L’essentiel est qu’il y a un message de salut à porter non seulement sur la montagne de la transfiguration ou sur le mont du Temple, mais à toutes les nations.

En somme, les miracles de guérison de Jésus ne sont pas seulement des miracles de compassion ; ce sont des signes du Christ.

Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

Josh Moody

Josh Moody

Josh Moody est le pasteur principal de la College Church à Wheaton (Illinois) et le président de God Centered Life Ministries. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont How the Bible Can Change Your Life.