La sagesse et la connaissance | Ministère Ligonier
À travers de nombreux efforts
1 octobre, 2020
Considérez la gloire de Dieu
8 octobre, 2020

La sagesse et la connaissance

Note de l’éditeur : Ceci est le troisième chapitre de la série la controverse.

À l’université, je me suis spécialisé en philosophie. Le tout premier jour du tout premier cours que j’ai suivi en philosophie, le professeur a écrit le mot philosophie au tableau, puis l’a décomposé pour montrer son origine étymologique. Le mot vient de deux mots grecs, à juste titre, car les Grecs sont généralement considérés comme les pères fondateurs de la philosophie occidentale. Le préfixe philo vient du mot grec phileō, qui signifie « aimer ». La racine vient du mot grec sophia, qui signifie « sagesse ». Ainsi, la signification simple du terme philosophie est « l’amour de la sagesse ».

Quand j’ai compris cette signification, j’ai présumé qu’en étudiant la philosophie, j’en apprendrais davantage sur la sagesse sur le plan pratique. Cependant, j’ai vite découvert que la philosophie grecque mettait l’accent sur des questions abstraites de métaphysique (l’étude de l’être ultime ou de la réalité ultime) et d’épistémologie (l’étude du processus par lequel les êtres humains apprennent). Il est vrai que l’une des subdivisions de la philosophie est l’éthique, en particulier la science de l’éthique normative – les principes régissant la façon selon laquelle nous devrions vivre. C’était certainement une préoccupation des anciens Grecs, en particulier de Socrate. Mais même Socrate était convaincu qu’une conduite correcte, ou une vie correcte, est intimement liée à une connaissance correcte.

Il existe une section de l’Ancien Testament connue sous le nom de la littérature de la sagesse – Job, les Psaumes, les Proverbes, l’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques. Ici, nous voyons un accent philosophique complètement différent, qui est basé sur l’hypothèse initiale de la Bible. Beaucoup de gens considèrent l’affirmation selon laquelle il y a un seul dieu dominant toute la création comme un développement tardif dans la philosophie grecque. En un sens, c’était la conclusion de leur pensée. Mais pour les Juifs, l’affirmation de la souveraineté de Dieu était primordiale. La première ligne de l’Ancien Testament dit : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » (Gn 1.1) Le monothéisme ne se trouve pas à la fin de la route, mais à son tout début.

La Genèse n’offre aucun argument ou preuve de l’existence de Dieu. L’une des raisons de cette absence est que les Juifs étaient convaincus que Dieu avait déjà fait le travail lui-même : les cieux ont raconté la gloire de Dieu (Ps 19.2). Les Juifs ne se souciaient pas de savoir s’il y avait un Dieu, mais de savoir à quoi il ressemblait : quel est Son nom ? Quels sont ses attributs ? Quel est son caractère ? Tout l’Ancien Testament se concentre sur l’autorévélation de Dieu au peuple de son alliance.

La littérature de la sagesse fait une affirmation surprenante : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse » (Ps 111.10 ; Pr 9.10). Pour les Juifs, la sagesse signifiait une compréhension pratique de la façon de vivre une vie qui soit agréable à Dieu. La recherche de la piété était une préoccupation centrale des auteurs de la littérature de la sagesse. Ils affirmaient que la condition nécessaire pour que quiconque bénéficie d’une véritable sagesse est la crainte du Seigneur.

Une telle crainte ne relève pas de la terreur ou de l’horreur. Comme l’a dit Martin Luther, c’est une crainte filiale, la crainte d’un enfant qui est en admiration devant son père et ne veut rien faire qui puisse blesser son père et perturber leur relation affectueuse. En un mot, ce concept est lié à la révérence, à l’admiration et au respect. Quand les auteurs de la littérature de sagesse disent que la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, ils disent que le point de départ absolu, essentiel si vous voulez acquérir la vraie sagesse, est la révérence et l’adoration de Dieu.

Le psalmiste nous dit : « Le fou dit dans son cœur : “Il n’y a pas de Dieu !” » (Ps 14.1a). La sagesse est mise en contraste avec la folie. Cependant, dans la littérature hébraïque, le terme « fou » ne décrit pas une personne qui manque d’intelligence. Pour le Juif, être fou, c’est être irréligieux et sans Dieu. Le fou est la personne qui n’a aucun respect pour Dieu, et quand vous n’avez aucun respect pour Dieu, inévitablement votre vie le montrera.

La littérature de la sagesse fait également une distinction très nette entre la sagesse et la connaissance. Une personne peut avoir une connaissance sans bornes et ne pas avoir de sagesse. Mais le contraire est impossible : personne ne peut avoir de sagesse s’il n’a pas de connaissance. L’esprit anti-intellectuel de notre temps déclare : « Je n’ai pas besoin d’étudier. Je n’ai pas besoin de connaître la Bible. Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’avoir une relation personnelle avec Jésus. » Ce point de vue entre en conflit avec ce qu’enseigne la littérature de la sagesse. Le but de l’apprentissage des choses de Dieu est l’acquisition de la sagesse, et nous ne pouvons pas avoir de sagesse sans connaissance. L’ignorance engendre la folie, mais la vraie connaissance – la connaissance de Dieu – mène à la sagesse qui est plus précieuse que les rubis et les perles.

Nous voulons être riches, prospères et confortables, mais nous n’aspirons pas à la sagesse. Ainsi, nous ne lisons pas les Écritures, le manuel suprême de la sagesse. C’est de la folie. Poursuivons la connaissance de Dieu à travers la Parole de Dieu, car c’est ainsi que nous trouverons la sagesse pour vivre des vies qui Lui plaisent.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.
R.C. Sproul
R.C. Sproul
Le Dr R.C. Sproul a été le fondateur de Ligonier Ministries, co-pasteur de la chapelle Saint Andrew's à Sanford, en Floride, et le premier président du Reformation Bible College. Il est l'auteur de plus d'une centaine de livres, dont « La Sainteté de Dieu ».