1 Jean 2.27 | Ministère Ligonier
Philippiens 4.13
4 août, 2022
1 Jean 4.8
11 août, 2022

1 Jean 2.27

Note de l’éditeur : Ceci est le dixième chapitre de la série Que ce verset signifie-t-il vraiment ?

Lorsque les anciens de la First Reformed Church ont appris que l’un des enseignants de longue date du programme d’étude biblique à domicile disait aux participants que Jésus était un être divin, mais qu’il n’était pas égal au Père en termes de puissance, de gloire, et d’autorité, ils l’ont convoqué à la réunion de la session pour discuter de ses opinions. Pendant plusieurs heures, les anciens se sont enquis de la source de la compréhension de l’homme et ont patiemment tenté de le corriger. Ils ont fait l’exégèse de l’Écriture – en dévoilant sa signification dans son contexte original – et se sont appuyés sur les grandes confessions de l’Église pour lui faire remarquer ses erreurs. Pourtant, l’homme n’était toujours pas convaincu. Même lorsqu’ils démontrèrent que les plus grands docteurs de toutes les traditions théologiques chrétiennes nient l’opinion de cet homme, et qu’elles affirment la pleine divinité de Jésus, l’homme ne céda pas. Se référant à 1 Jean 2.27, sa réponse finale était que ce que pensait un enseignant humain n’avait pas d’importance. Il avait l’onction du Saint-Esprit, et il n’avait pas « besoin que quelqu’un l’enseigne ». L’Esprit lui a montré que l’Église chrétienne historique était dans l’erreur sur l’identité du Christ et qu’il devait enseigner à l’encontre de ce que les chrétiens ont toujours cru.

Nous n’avons pas tous été confrontés à des individus qui ont justifié une hérésie aussi flagrante en faisant appel à l’onction de l’Esprit. Mais la plupart d’entre nous ont probablement rencontré des personnes qui ont justifié des convictions moins problématiques, mais toujours erronées et étrangères au texte biblique, en faisant appel à ce passage, qui semble au moins impliquer que les enseignants humains sont inutiles. Peut-être avons-nous nous-mêmes fait appel à ce passage pour justifier notre pensée. Mais de tels appels sont-ils judicieux ?

Jean ne dit pas : « Oubliez tous les enseignants humains ». Il veut seulement que les chrétiens comprennent qu’ils possèdent le Saint-Esprit et que l’Esprit leur rendra témoignage de la vérité du Christ.

Dans l’époque du subjectivisme qui est la nôtre, les gens sont prompts à affirmer que leur perception d’un passage biblique, ou autres sujets d’ordre spirituel, vient directement du Saint-Esprit, et qu’ils n’ont pas besoin de s’asseoir aux pieds d’un enseignant humain. Ces personnes ne perçoivent pas l’ironie lorsqu’elles font appel à 1 Jean 2.27 pour prouver que les enseignants humains sont totalement inutiles. Après tout, Jean, qui a écrit ce verset, était lui-même un enseignant humain. Certes, il a écrit sous l’inspiration de Dieu, mais il était bien un homme, un enseignant humain. Il serait très étrange qu’un enseignant humain, alors qu’il enseigne à d’autres personnes, affirme que les enseignants humains ne sont pas nécessaires. Cela rendrait sa propre instruction absurde et inutile. Pourquoi s’attendrait-il à ce que quelqu’un l’écoute s’il disait aux gens qu’ils n’ont pas besoin de l’écouter, lui, un enseignant humain ?

La réponse, bien sûr, doit être que Jean ne nous dit pas de nous débarrasser de tous les enseignants humains. En plus de faire de son propre enseignement une perte de temps, une telle affirmation le mettrait en contradiction avec les autres apôtres, qui soutiennent que Dieu a donné des enseignants humains à son Église pour nous aider à mûrir dans la foi (Éph 4.11-16). Mais si Jean ne nie pas la nécessité des enseignants humains, que dit-il ?

Jean écrivit à un auditoire qui avait été tourmenté par des enseignants qui prétendaient avoir une perception spéciale des voies de Dieu que les autres croyants ne partageaient pas. Ils avaient dit aux destinataires de cette lettre que Dieu leur avait parlé directement, sans la médiation des apôtres, pour leur dire que le Christ n’a pas pris une chair humaine, que la perfection sans péché est possible dans cette vie, ainsi que d’autres erreurs. (Notez dans 1 Jean 1 comment Jean enseigne contre ces erreurs en soulignant que les apôtres ont touché, vu, et entendu le Christ incarné, et en affirmant que nous nous trompons nous-mêmes si nous disons que nous n’avons pas de péché). Ces enseignants avaient divisé la communauté chrétienne en deux groupes : les « nantis » spirituels, des hommes et des femmes qui possédaient une connaissance secrète et une perception venant de l’Esprit, et les « démunis » spirituels, la grande majorité des croyants professants qui manquaient de cette compréhension.

Les soi-disant nantis spirituels perturbaient l’Église et essayaient de tromper l’auditoire de Jean (1 Jn 2.26). Ainsi, Jean affirme dans 1 Jean 2.27 que son auditoire ne doit pas écouter ces faux enseignants. Leur prétention à une onction spéciale et à une perception de la vérité chrétienne n’était pas vraie, et de toute façon, chaque vrai chrétien a l’onction du Saint-Esprit, donc il n’a pas besoin de l’aide de personnes qui prétendent avoir une plus grande onction que lui.

Jean ne dit pas : « Oubliez tous les enseignants humains ». Il veut seulement que les chrétiens comprennent qu’ils possèdent le Saint-Esprit et que l’Esprit leur rendra témoignage de la vérité du Christ. Mais cette vérité du Christ ne nous parvient pas sans le témoignage apostolique, qui n’est ni plus ni moins que les Écritures elles-mêmes. Dieu donne à certains individus une clarté de pensée et d’expression qui leur permet de comprendre et d’expliquer aux autres la Parole de Dieu dans son contexte original. Mais aucun de nous n’a besoin d’un enseignant humain qui revendique une onction de nature différente de celle que l’Esprit nous donne. Il illumine les cœurs et les esprits de tous les membres de son peuple lorsqu’ils sont attentifs à sa Parole écrite.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.

Robert Rothwell
Robert Rothwell
Robert Rothwell est éditeur associé du magazine Tabletalk et professeur résidant adjoint au Reformation Bible College de Sanford, Floride.