Aimer les mal-aimés | Ministère Ligonier
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Aimer les mal-aimés

Note de l’éditeur : Ceci est le sixième chapitre de la série « Aimer son prochain»publiée par le Tabletalk Magazine. 

« Enfermez-les et débarrassez-vous de la clé ! Ils ne sont qu’une menace pour la société ! » De qui parle-t-on ici ? Les hommes, les femmes et les jeunes derrière les barreaux et les murs de nos prisons. Ils sont vraiment les mal-aimés de notre société. Mais nous sommes appelés à aller vers eux et à leur montrer l’amour de Jésus Christ.

Y a-t-il un exemple biblique d’amour envers les mal-aimés ? Il y en a beaucoup. Mais je crois qu’il y en a un qui se distingue de manière particulièrement puissante en nous montrant l’amour que Dieu a pour les mal-aimés, et qui concerne un homme du nom d’Ananias. Beaucoup de gens n’ont même jamais entendu parler de cet homme. Mais il a été merveilleusement et puissamment utilisé par Dieu pour aimer un homme très mal aimé nommé Saul de Tarse.

Actes 9 raconte l’histoire de Saul qui se rendait à Damas pour faire des choses terribles aux disciples de Jésus, y compris le meurtre. Il n’était pas exactement quelqu’un qu’il serait facile d’aimer. Ananias, en tant que disciple de Jésus, était une cible de la colère de Saul. Mais Dieu a parlé à Ananias et lui a dit d’aller voir Saul. Regardez la réponse d’Ananias à Dieu : « Seigneur, j’ai appris de beaucoup tout le mal que cet homme a fait à tes saints à Jérusalem, et ici il a pleins pouvoirs, de la part des chefs des prêtres, pour arrêter tous ceux qui font appel à toi » (Actes 9.13-14). Nous aurions dit : « Tu plaisantes ? Va parler à un criminel qui est hors de contrôle et sur le point de faire des choses ignobles – vraiment, Dieu ? »

Voyez maintenant la réponse de Dieu à Ananias au verset 15 : « Mais le Seigneur lui dit : “Vas-y, car cet homme est un instrument que j’ai choisi pour faire connaître mon nom aux non-Juifs, aux rois et aux Israélites.” » Cela devrait nous aider à comprendre qu’il y a des instruments choisis par Dieu derrière les barreaux et les murs des prisons, et que c’est un honneur et un privilège pour nous de partager la vérité de la Parole de Dieu avec eux.

CE QUI S’EST PASSÉ ENSUITE

Nous voyons maintenant le résultat de l’obéissance d’Ananias dans son amour pour les mal-aimés :

Ananias partit. Une fois entré dans la maison, il posa les mains sur Saul en disant : « Saul mon frère, le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu retrouves la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. » . . . et [Saul] se mit aussitôt à proclamer dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. (v. 17,20)

Que s’est-il passé ici ? L’Évangile a fait ce que l’Évangile fait. L’Évangile transforme les vies, et il a transformé la vie de Paul pour toujours.

J’ai vu cela se produire régulièrement en prison. Laissez-moi vous donner quelques exemples.

Récemment, un jeune homme est venu dans mon bureau à la prison avec un morceau de papier et a commencé à m’expliquer ce qu’il contenait. Il m’a dit : « J’ai trente-deux ans et je n’ai jamais eu de travail de ma vie. Je n’ai jamais été qu’un dealer de drogue. » Il a ensuite dit : « Sur ce papier se trouve une liste de tous les horribles péchés que j’ai commis dans ma vie et dont je peux me souvenir. Je ne pense pas que même Dieu pourrait pardonner ce qui est sur ce papier. » Nous avons longuement discuté. J’ai partagé les Écritures avec lui sur l’œuvre de Jésus sur la croix et sur la façon dont nous pouvons confesser nos péchés et le recevoir comme notre Sauveur et Seigneur. Cela a pris un certain temps, mais il a compris l’Évangile.

Il a placé sa confiance en Jésus Christ comme son Sauveur et son Seigneur, et je lui ai fait mettre la main sur ce papier avec tous ces péchés soigneusement énumérés. J’ai ensuite mis ma main sur sa main et nous avons tout donné à Jésus et l’avons remercié pour son pardon précieux et total. Puis j’ai pris le papier et je l’ai déchiré en lambeaux juste devant lui. J’ai dit : « Toi, mon cher frère, tu es maintenant libre. » Depuis ce jour, il a été un puissant témoin pour les autres détenus, pour le personnel de la prison et pour sa famille. Il a conduit son beau-père à Jésus Christ ainsi que son fils de onze ans dans le parloir de la prison.

Un matin, alors que j’exerçais mon ministère dans le couloir de la mort en Floride, un détenu qui avait placé sa confiance en Jésus Christ comme son Sauveur et Seigneur et qui approchait de la fin de sa vie sur cette terre m’a dit : « Dieu m’a donné une espérance sans fin plutôt qu’une fin sans espoir ! » J’ai ressenti un tel amour pour lui à ce précieux moment.

LA DÉMONSTRATION D’UN VÉRITABLE AMOUR

Lisez attentivement ce passage de l’Écriture.  Nous y voyons l’amour de notre Dieu pour nous. Un amour qui n’est vraiment pas de ce monde. Un amour qui nous protège et qui nous soutient lorsque tous et toutes nous ont abandonnés.

En effet, alors que nous étions encore sans force, Christ est mort pour des pécheurs au moment fixé. A peine mourrait-on pour un juste ; peut-être accepterait-on de mourir pour quelqu’un de bien. Mais voici comment Dieu prouve son amour envers nous : alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. Puisque nous sommes maintenant considérés comme justes grâce à son sang, nous serons à bien plus forte raison sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu grâce à la mort de son Fils lorsque nous étions ses ennemis, nous serons à bien plus forte raison sauvés par sa vie maintenant que nous sommes réconciliés. Bien plus, nous plaçons notre fierté en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui maintenant nous avons reçu la réconciliation. (Ro 5.6-11)

Peut-on aimer ceux qui ne sont pas faciles à aimer ? Oui. Nous aussi, nous pouvons être un Ananias. Nous pouvons aller dans une prison ou un pénitencier, ou même chez ce voisin ou ce collègue mal aimé, et leur montrer à quoi ressemble réellement l’amour de Jésus. Nous sommes appelés à le faire, et dans l’obéissance il y a une bénédiction que nous ne pouvons même pas imaginer.

Je ne me lasse jamais de voir Dieu prendre un individu mal aimé et dont la vie semble gâchée et le transformer totalement en une personne pieuse, productive, utile et pleine d’amour qui s’engage envers Jésus Christ et tout ce que cela signifie. C’est une telle joie d’en faire partie. Certains des meilleurs hommes que je connaisse étaient parmi les plus mal aimés que j’aie jamais rencontrés. Que s’est-il passé ? L’Évangile.

J’adore l’hymne « Rocher des siècles » d’Augustus Toplady. Ses paroles – « Je n’apporte rien dans mes mains / Je m’accroche simplement à ta croix » – décrivent de façon vivante ce qui se passe dans la vie des personnes mal aimées lorsqu’elles se trouvent face à la réalité de qui est Jésus et de ce qu’il a fait dans leur vie, quand elles se sont confiées en lui et en lui seul pour leur salut.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.

Dan Matsche
Dan Matsche
Le pasteur Dan Matsche est aumônier de prison pour le ministère Good News Jail & Prison. Il a servi dans les prisons et les établissements pénitentiaires pendant près de trente-cinq ans. Il sert actuellement dans une prison à Canon City, au Colorado.