
Que signifie être « en Christ » ?
6 avril, 2026La motivation de l’amour
Dans son classique du vingtième siècle, Tactique du diable, C.S. Lewis imagine le démon Screwtape écrivant à son neveu Wormwood au sujet de la nécessité de découvrir le secret de pourquoi Dieu aime les hommes. Il écrit :
Il est un fait que la remarque que l’Ennemi aime vraiment les hommes m’a échappé par mégarde. Bien entendu, cela est impossible […] Tout ce rabâchage sur l’amour doit couvrir tout autre chose. Pour les avoir créés et se donner tant de mal pour eux, il faut qu’il ait de bons motifs. Si nous autres, nous parlons parfois comme s’il avait cet amour impossible, c’est que nous avons complétement échoué dans notre enquête sur ses vrais motifs. Que pense-t-il faire avec eux ? C’est un problème insoluble […] C’est donc là qu’est notre grande tâche. Nous savons qu’il ne peut vraiment aimer. Personne ne le peut. Cela ne rime à rien. Si seulement nous pouvions découvrir ce qu’il manigance !
Nous souhaitons bonne chance aux diables dans leur quête pour trouver la réponse. Car pour nous qui sommes le peuple de Dieu, il n’est pas nécessaire de mener une telle recherche. Nous croyons que Dieu nous aime vraiment. Dieu est amour (1 Jean 4:16). Par conséquent, c’est dans sa nature même d’aimer. Il nous a aimés à l’époque de notre innocence avant la chute, et il continue de nous aimer dans notre état déchu. Ainsi, Jésus a pu dire : « Aimez vos ennemis […] Alors vous serez fils de votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5:44–45).
L’amour de Dieu envers nous a atteint son apogée dans son œuvre rédemptrice sur la croix : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). C’est un amour indescriptible, et cela nous bouleverse totalement. Comme le dit Charles Wesley :
D’où me vient ce gaspillage d’amour ? Demande à mon Avocat là-haut ! Vois la cause sur le visage de Jésus, Maintenant devant le trône de grâce.
Là pour moi le Sauveur se tient ; Montre ses blessures et étend ses mains, Dieu est amour ; je sais, je ressens ; Jésus vit, et m’aime encore.
La manifestation de l’amour de Dieu envers nous dans la Bible est ce qui a enflammé notre propre amour envers lui. Ce que je veux dire, c’est qu’à la lumière de faits aussi stupéfiants, comment pourrions-nous ne pas l’aimer en retour ? Le sacrifice du propre Fils de Dieu sur la croix est le foyer où nous réchauffons nos cœurs froids envers Dieu. Pour ceux d’entre nous qui sont prédicateurs, aucun sacrifice dans le ministère n’est trop grand à faire à la lumière du sacrifice que Dieu a fait pour nous. Le Saint-Esprit utilise cette vérité pour maintenir les chambres de combustion de nos âmes enflammées. Notre zèle devient inextinguible. Le célèbre hymne d’Isaac Watts capture très bien cette vérité dans la strophe finale :
Je voudrais t’apporter, Seigneur,
Tout l’univers, en humble offrande ;
Mais voici ma vie et mon cœur :
C’est ce qu’un tel amour demande !
Pourtant, nous n’aimons pas simplement Dieu en retour, mais nous tournons aussi nos affections vers ceux que Dieu a aimés et continue d’aimer. Nous voulons devenir les véhicules par lesquels l’amour de Dieu peut atteindre ses sujets destinés. Nous traverserons terres et mers non seulement pour avertir les âmes perdues de la colère de Dieu, mais aussi pour les supplier sincèrement de répondre à l’amour que Dieu leur porte en Jésus-Christ. En effet, si nous connaissons cet amour, nous devrions le faire.
C’est ce que Paul voulait dire lorsqu’il a dit :
Car l’amour du Christ nous étreint, nous qui avons discerné ceci : un seul est mort pour tous, donc tous sont morts […] Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! (2 Co 5:14, 20)
Si cet amour ne vous pousse pas dans vos efforts évangéliques, alors vous fonctionnez très probablement bien en dessous de votre plein potentiel.
Alors que nous aimons Dieu à la lumière de son amour envers nous, nous nous retrouvons également à aimer son épouse — l’Église. Le peuple de Dieu, qui a été acheté par son propre sang, devient très précieux pour nous. Avec Paul, nous leur disons :
que le Christ habite dans vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour, pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse (toute) connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. (Ep 3:17–19)
Nous travaillons à cette fin, et nous nous efforçons avec toute la puissance et la force que Dieu nous donne.
Alors que les diables de Lewis en enfer s’efforcent de comprendre le véritable motif derrière la prétention de Dieu à nous aimer, nous découvrons que cet amour nous pousse non seulement à aimer Dieu, mais aussi à aimer les personnes qu’il a créées et rachetées. Nous nous disons (dans les mots de John Kent) :
Sur un tel amour, mon âme, médite encore, Amour si grand, si riche, si libre ; Dis, tout en étant perdu dans une sainte admiration, Pourquoi, ô Seigneur, un tel amour pour moi ? Alléluia ! La grâce régnera éternellement.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

