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Les faux enseignements et la paix et la pureté de l’Église | 1ère partie

Note de l’éditeur : Ceci est la première partie de l’article « Les faux enseignements et la paix et la pureté de l’Église », qui est le troisième chapitre de la série « Les faux enseignants », publiée par Tabletalk Magazine. 

Ayant été dans le ministère pendant plus de deux décennies, le pasteur Robert avait vu sa juste part de situations pastorales difficiles. Il a pu constater par lui-même les effets divisifs des débats sur la meilleure façon de diriger le culte. Il avait vu déferler dans l’Église, vague après vague, des techniques de ministère engendrées par des phénomènes de mode. Il avait même pris la relève après la dévastation provoquée par des pasteurs qui ont fait naufrage. Mais rien ne l’avait préparé à l’effet corrosif d’un faux enseignement répandu dans la congrégation par une nouvelle famille dans son Église.

Les Dupond étaient le genre de famille que tout pasteur rêve d’avoir. Ils étaient amicaux, avaient un mariage solide avec des enfants pieux, et étaient prêts à se connecter dans l’Église. Quelques mois à peine après son arrivée, le père s’est porté volontaire pour enseigner à l’école du dimanche pour les enfants, la mère s’est portée volontaire à la garderie, et plusieurs de leurs jeunes enfants adultes ont servi dans l’équipe de louange. Il n’y avait qu’un seul problème : les Dupond avaient une vision erronée de l’enseignement de la Bible sur le divorce et le remariage. Ils croyaient que le remariage après le divorce n’était jamais permis. Ils pensaient qu’un tel mariage était en fait un « adultère », quelles que soient les circonstances qui avaient mené au divorce, et ils ne gardaient pas leur point de vue pour eux.

Bientôt, le pasteur Robert a commencé à entendre des membres de l’Église qui étaient préoccupés par la façon dont M. Dupond défendait sa position à l’Église. Après le culte ou entre deux réunions, M. Dupond s’approchait d’un couple et, sous prétexte d’apprendre à les connaître, s’informait de leur mariage. S’ils avaient été mariés auparavant, M. Dupond leur conseillait de divorcer, leur rappelant que Dieu menaçait de juger les adultères et que les adultères n’auraient pas leur place dans le royaume de Dieu. Ces interrogatoires ont suffi à créer de véritables crises de foi dans la vie de certaines personnes, et le pasteur Robert savait qu’il aurait à faire face à M. Dupond.

On ne devrait pas être surpris du danger que les faux enseignements créent. Nous mettons des serrures à nos portes parce que nous savons qu’il y a des gens qui voleront nos biens domestiques si on leur en donne l’occasion.

Lorsqu’ils se sont rencontrés, M. Dupond a accusé le pasteur Robert d’être comme les autres pasteurs des autres églises qu’ils avaient fréquentées (et dont ils avaient été chassés) : « Vous ne prenez pas de risque pour défendre la vérité », a-t-il dit. Bien que le pasteur Robert n’ait pas expulsé les Dupond, il leur a dit que leur point de vue perturbait la paix de l’église et n’était pas en accord avec les doctrines de l’Église. Il a dit à M. Dupond qu’il ne pouvait pas promouvoir ses opinions au sein de l’Église. Après quelques semaines tendues, les Dupond ont renoncé à tous leurs engagements bénévoles à l’église et ont fondé une église de maison avec quelques amis de la communauté qui partageaient leurs convictions.

Malheureusement, de tels exemples peuvent se reproduire encore et encore. En plus de travailler sur la Parole, de s’efforcer d’équiper le peuple de Dieu des outils dont il a besoin pour vivre en pèlerin dans une culture hostile, de nombreux pasteurs se retrouvent souvent à combattre en arrière-garde les faux enseignements dans leur Église. Même lorsque l’enseignement en question ne touche pas au cœur de l’évangile, la paix et la pureté de l’église peuvent tout de même être perturbées. Au lieu de maintenir l’unité dans le lien de la paix, comme Jésus prie dans Jean 17.22-23 et comme Paul le décrit dans Ephésiens 4.1-3, une église qui est aux prises d’un faux enseignement est divisée et désemparée.

On ne devrait pas être surpris du danger que les faux enseignements créent. Nous mettons des serrures à nos portes parce que nous savons qu’il y a des gens qui voleront nos biens domestiques si on leur en donne l’occasion. De la même manière, nous devrions nous attendre à ce que dans l’église surgissent des loups qui n’épargneront pas le troupeau (Actes 20.29). Le fait de savoir que des problèmes surviendront devrait inciter les dirigeants de l’église à être encore plus vigilants, prêts à protéger la paix et la pureté de l’église. Une mise en garde cependant : ne dressez pas les deux vertus l’une contre l’autre. Nous pouvons devenir si désireux de maintenir la paix que nous glissons dans le laxisme doctrinal. D’un autre côté, nous pouvons être si désireux de maintenir la pureté que nous laissons notre vigilance se transformer en suspicion et en peur.

Alors, que pouvons-nous faire pour contribuer au maintien de la paix et de la pureté de l’Église ? Ce sera la question à laquelle nous répondrons dans la deuxième partie de cet article.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.
Eric Landry
Eric Landry
Eric Landry est pasteur de la Redeemer Presbyterian Church (Austin, Texas) et rédacteur en chef de Modern Reformation.