
L’œuvre du Saint-Esprit dans l’histoire
20 janvier, 2026L’œuvre du Saint-Esprit dans la rédemption
Il y a un poème pour enfants de Christina G. Rossetti qui saisit à la fois quelque chose de la merveille du vent, et aussi ce qui est concret dans son œuvre :
Qui a vu le vent ?
Ni toi ni moi.
Mais quand les arbres inclinent leurs têtes,
Le vent passe par là.
Le vent n’est jamais vu mais il est clairement connu par son œuvre.
Jésus a comparé la volonté du vent à l’œuvre de l’Esprit de Dieu (Jean 3:8). Ceux qui ont vu son œuvre connaissent sa réalité. Pourtant le peuple de Dieu aujourd’hui ne reconnaît correctement que bien peu de l’œuvre de l’Esprit. En conséquence, il y a trop d’attention portée sur l’expérience subjective de l’Esprit plutôt que sur les dimensions plus larges de sa réalité. Considérons d’abord l’œuvre objective de l’Esprit, puis son œuvre subjective.
L’œuvre merveilleuse du Saint-Esprit en dehors du croyant
Tout d’abord, le Saint-Esprit a créé toute vie et la soutient. Le Saint-Esprit est, à égalité avec le Père et le Fils, la source de cet univers et de tout ce qui s’y trouve. Le récit de la création dans la Genèse nous informe que « l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. » Tout comme un aigle couve son nid pour donner la vie, l’Esprit de Dieu a servi d’agent infusant la vie lors de la création (Gn 1:2 ; Dt 32:11). Lorsque le psalmiste parle de la terre comme étant « remplie de ce que tu possèdes », et de la mer où « se meuvent sans nombre les animaux petites et grands », il déclare : « Tu envoies ton souffle : ils sont créés, et tu renouvelles la face du sol » (Ps. 104:24–25, 30). Les molécules, les atomes qui constituent tout sur cette terre, et les forces gravitationnelles qui lient le monde ensemble tirent tous leur pouvoir de fonctionnement de l’Esprit souverain, créateur et conservateur.
Non seulement dans la création mais aussi dans l’accomplissement de la rédemption, l’Esprit de Dieu joue un rôle primordial. Car en dehors de son œuvre merveilleuse et mystérieuse, il n’y aurait pas eu d’incarnation du Fils de Dieu. L’Esprit était celui qui a causé la conception de Jésus dans le ventre de la Vierge. Luc 1:35 rapporte que le Saint-Esprit est venu sur la Vierge Marie et que la puissance du Très-Haut l’a couverte de son ombre. En dehors de l’Esprit, il n’y aurait pas eu de Sauveur incarné.
L’œuvre objective du Saint-Esprit dans la création et la rédemption mérite une attention particulière. Ce grand Dieu, l’Esprit, cette personne toute-puissante de la Divinité, doit être apprécié pour tout ce qu’il est et tout ce qu’il fait. Il n’est pas un esprit timoré qui ne vient qu’en tant que pensée divine secondaire dans le progrès de la rédemption. De la création à la consommation, il est le Très-grand qui accomplit continuellement des merveilles.
L’œuvre merveilleuse du Saint-Esprit dans le croyant
De manière similaire, l’étendue de l’œuvre de l’Esprit dans la vie des rachetés doit être appréciée dans toute sa plénitude. Notez sept œuvres de l’Esprit parmi les élus, ceux qui ont la faveur du Seigneur :
Tout d’abord, l’Esprit régénère. Combien de fois les paroles claires de Jésus ont-elles été mal comprises. Les gens réécrivent universellement « Vous devez naître de nouveau » pour qu’il soit lu à la place, « Vous devez vous faire naître de nouveau. » Non seulement cette mauvaise interprétation n’a aucun sens grammaticalement (un verbe intransitif n’a pas d’objet), mais elle rend absurde une vérité spirituelle profonde. Tout comme nous n’avons rien fait pour nous faire naître dans ce monde déchu, nous ne pouvons absolument rien faire pour nous amener dans le monde divinement renouvelé de la rédemption. Nous devons naître « de l’Esprit » (Jean 3:5, 8). Nous ne pouvons pas contraindre l’Esprit de Dieu à effectuer notre régénération. Le vent souffle où il veut — et c’est la volonté de l’Esprit, non la nôtre, qui fait qu’une personne naît d’en haut (v. 3). En effet, si nos volontés sont renouvelées par la régénération de l’Esprit, nous choisirons de crier à Dieu pour le salut, tout comme un nouveau-né crie une fois qu’il est né. Mais donnons à l’Esprit divin la gloire qu’il mérite. Le cri pour le salut vient en conséquence de la nouvelle naissance et ne pourrait jamais être la cause de la régénération. L’Esprit lui-même accomplit souverainement cette grande œuvre de renouvellement total.
Deuxièmement, l’Esprit assure. Nous continuons à pécher même après être nés de nouveau, n’est-ce pas ? Alors comment pouvons-nous être si sûrs que nous sommes enfants de Dieu ?
Nous pouvons être si hardis grâce à l’assurance de l’Esprit. Dans cette œuvre des plus merveilleuses : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8:16). Rien de moins que l’œuvre constante de l’Esprit ne pourrait garder le pécheur certain de son salut. Après tout, qui oserait contredire le témoignage de l’Esprit de Dieu lui-même ? Grâce à son témoignage personnel en nos propres esprits, nous pouvons être en paix. Soyez assurés : si son témoignage est là, vous êtes un fils de Dieu.
Troisièmement, l’Esprit scelle. Les sceaux collants que nous utilisons aujourd’hui sur une lettre ordinaire ne sont pas si impressionnants. Ils peuvent être facilement ignorés et violés. Mais dans les temps anciens, la cire fondue avec un sceau officiel du roi rendait périlleux le fait de briser le sceau royal.
Ainsi, l’Esprit royal scelle chaque croyant dans la possession de toutes les bénédictions de la rédemption. Dans ce cas, c’est le sceau du Roi des rois qui ne peut être brisé. Au-delà de nous rendre certains à l’instant présent que nous avons été rachetés, le Saint-Esprit nous scelle dans la possession permanente de notre salut. Car « vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis et qui constitue le gage de notre héritage » jusqu’au jour du retour de Christ (Ep 1:13–14). C’est un fait établi. L’œuvre par laquelle il scelle ne peut être annulée — tout cela « pour célébrer sa gloire » (v. 14).
Quatrièmement, l’Esprit sanctifie. L’apôtre Paul utilise une comparaison et un contraste étranges pour décrire cette œuvre de l’Esprit : « Ne vous enivrez pas de vin […] Mais soyez remplis de l’Esprit » (Ep 5:18). Que se passe-t-il lorsqu’une personne s’enivre ? L’alcool des « spiritueux » pénètre dans son sang et imprègne chaque partie de sa personne. Il marche différemment et parle différemment, et il voit, entend et agit différemment. Il en est de même pour l’expérience de quiconque est « rempli » de l’Esprit. La sainteté de Dieu, la sainteté de l’Esprit Saint, imprègne chaque partie de sa personne. Il se rend joyeusement aux lieux de culte, de louange et de prière — des lieux où il ne se rendrait pas autrement. Il parle hardiment de Jésus le Christ. Aux abus, il répond par l’amour.
Cette expérience, d’être rempli de l’Esprit, ne se produit pas une fois pour toutes. La phrase se lit littéralement : « Soyez en train d’être remplis de l’Esprit. » Paul nous appelle constamment, continuellement, de plus en plus largement à être imprégnés dans tout ce que nous pensons, disons et faisons par l’influence habituelle de l’Esprit divin. C’est la plus grande expérience possible de la vie.
Cinquièmement, l’Esprit produit des fruits dans la vie de chaque croyant. Et quels fruits il produit ! Pas moins de neuf productions spécifiques de l’Esprit sont énumérés en Galates 5:22–23. Même pour les trois premiers de ces fruits, le monde donnerait tout : « l’amour, la joie, la paix ». Mais le monde sait peu que seul le Saint-Esprit de Dieu, qui habite en nous, est capable de produire le véritable amour, la joie et la paix dans le cœur des pécheurs. Il peut et le fera quand personne d’autre et rien d’autre ne le peut.
Sixièmement, l’Esprit distribue des dons. Jamais il n’y eu un croyant qui ait reçu tous les dons, mais chaque croyant a reçu un don pour servir les autres (1 Co 12:7–11). Certaines personnes ont affirmé qu’à moins qu’une personne ait manifesté le don de « parler en langues », elle ne peut pas avoir été baptisée par l’Esprit. Mais Paul le dit très clairement : tous les croyants n’ont pas reçu le don de parler en langues, mais tous ont été baptisés dans le seul corps du Christ par l’Esprit (1 Co 12:13, 29–30). À l’époque des apôtres, Dieu a donné des dons de révélation tels que les langues et la prophétie qui étaient nécessaires pour fournir une base solide de vérité révélée afin d’établir un guide infaillible pour la vie de l’Église à travers les âges (Ep 2:19–20). Ces dons étaient essentiels pour ancrer l’Église sur une vérité révélée solide et inébranlable. Mais puisque cette fondation n’a pas besoin d’être posée à nouveau à chaque nouvelle génération, ces dons spécifiques liés à la nouvelle révélation ne se sont pas manifestés depuis l’époque des apôtres.
Pourtant, à chaque membre du corps de Christ, l’Esprit donne des capacités spirituelles pour servir les autres. Pour certains, c’est le don de prêcher ou d’enseigner la Parole de Dieu (Ep 4:11). Pour d’autres, c’est le don d’encouragement (Rm 12:8). Pour d’autres encore, cela peut être le don d’administration (v. 8). Aucun sentiment de réalisation personnelle ne peut être plus grand que lorsque nous utilisons pleinement nos dons spirituels. Si nous sommes une bénédiction pour les autres, nous savons que nous sommes pleinement bénis. Et cette expérience des plus satisfaisantes ne viendra que par la mise en œuvre des dons de Dieu, donnés par son Esprit.
Septièmement, l’Esprit donne le pouvoir de témoigner dans le monde entier. Le Christ ressuscité l’a promis : « vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins » dans le monde (Actes 1:8). L’Esprit est venu le jour de la Pentecôte, et sa puissance pour témoigner au monde est présente depuis lors. Depuis deux mille ans, l’Évangile chrétien continue de se répandre sur chaque continent et dans chaque nation.
Par la venue de l’Esprit de Dieu dans nos vies, nous sommes habiletés de témoigner dans le monde entier, ainsi qu’à un niveau local, par nos prières, nos témoignages, nos dons et nos actions. Quel grand privilège c’est d’être l’instrument de témoignage pour le monde entier par la puissance de l’Esprit du Christ.
En effet, l’Esprit accomplit une grande œuvre, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Une appréciation appropriée de ses actes puissants devrait susciter un esprit de soumission et de louange, car il accomplit bien plus qu’inspirer des paroles spontanées au sein des assemblées occasionnelles de croyants. La création, la rédemption et la consommation font toutes partie de l’œuvre merveilleuse du Saint-Esprit.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

