Galates 3.28 | Ministère Ligonier
1 Corinthiens 13.13
28 juillet, 2022
Philippiens 4.13
4 août, 2022

Galates 3.28

Note de l’éditeur : Ceci est le huitième chapitre de la série Que ce verset signifie-t-il vraiment ?

L’affirmation de Paul en Galates 3.28 a été citée pour soutenir diverses opinions erronées, mais en règle générale elle est mal interprétée de deux manières. La première consiste à interpréter Paul comme s’il disait que toutes les distinctions humaines sont supprimées. La seconde consiste à sous-estimer l’importance de ce que Paul dit.

Premièrement, certaines personnes font appel à Galates 3.28 pour défendre l’égalitarisme, le transgenrisme, l’assimilation culturelle globale, l’indifférenciation ethnique, les sociétés sans classes, etc. Mais ces idées n’ont rien à voir avec le propos de Paul. La parité qu’il défend concerne le salut ; il ne s’agit pas d’une suppression totale de toutes les distinctions humaines. En fait, certaines distinctions ont été établies dès la création, par exemple entre le sabbat et les jours ordinaires (Ge 2.2-3 ; Ex 16.22-26 ; Marc 7.19), entre le travail et le repos (Ge 2.15 ; 2 Thess 3.10 ; Jacques 5.4), et dans les rôles liés au genre (Ge 2.18 ; 1 Cor 11.3-16). Cette réalité informe la validité générale et permanente des trois catégories mentionnées par Paul : les rôles liés au genre (homme / femme), les distinctions socio-professionnelles (esclave / libre), et l’ethnicité (Juif / Grec).

En vertu de notre union avec le Christ, nous participons conjointement aux bienfaits du Christ   sans distinction, sans supériorité, sans avantage sur un autre.

Homme / Femme. L’œuvre du Christ n’abroge pas les rôles liés au genre. Il n’y a pas de contradiction, par exemple, entre Galates 3.28 et Éphésiens 5.22, puisque l’un concerne le salut tandis que l’autre concerne les rôles liés au genre dans le foyer. Certaines distinctions perdurent également dans l’Église, comme celle qui permet seulement aux hommes qualifiés de remplir les fonctions ecclésiastiques (1 Tim 2.12-15).

Esclave / Libre. La requête de Paul à Philémon présuppose des distinctions sociales et professionnelles, mais il considère ces différences avec l’Évangile, rappelant à Philémon que bien que ce dernier fût avec Onésime dans une relation de subordination, ils étaient avant tout des frères unis en un seul Sauveur (voir aussi 1 Cor 12.13).

Juif / Grec. L’ethnie et la culture, bien que n’étant pas des institutions créationnelles en soi, sont ordonnées de manière providentielle (voir Actes 17.26). Aucun de nous n’a choisi son ethnie, ou la culture dans laquelle il est né, mais la rédemption du Christ n’annule pas la sagesse de la providence de Dieu.

Grâce au contexte et à l’analogie des Écritures, nous savons que Paul ne dit pas que toutes ces distinctions deviennent caduques. Néanmoins, il existe une erreur égale et opposée, celle d’accentuer les distinctions charnelles au détriment de l’unité chrétienne. En Galates, Paul est moins préoccupé par le fait de maintenir les différences, que par le fait d’effacer celles qui nuisent à ce que le Christ a accompli (voir 1 Cor 12.13 ; Col 3.11). C’est ici que l’histoire de la rédemption est importante.

Avant la « plénitude des temps » (Ga 4.4), il y avait un mur entre les Juifs et les Gentils (Éph 2.14). Israël a été choisi « parmi tous les peuples » (Dt 10.15) comme un « bien précieux » (7.6). Les nations, quant à elles, ont été laissées dans « leurs propres voies » (Actes 14.16). Le Christ a inauguré un royaume, qui a accompli les prophéties selon lesquelles Dieu ferait des nations son héritage (Ps 2.8 ; 1 Rois 8.41-43). Même au cours de son ministère, le Christ a retardé la pleine inclusion des nations jusqu’à ce que son œuvre soit achevée (Mt 10.5, 15.24). Bien qu’elle ait été prédite, cette inclusion fut un choc, d’où la confusion dans le livre des Actes concernant les Gentils et la circoncision (Actes 10-11 ; 15). Cette confusion s’est répandue dans les Églises de la Galatie, où les judaïsants ont adopté la circoncision comme instrument supplémentaire pour devenir un enfant d’Abraham. Mais la circoncision a été remplacée par le baptême – le signe et le sceau de l’union avec le Christ (Galates 3.27). Que faut-il donc pour être uni au Christ ? Qu’est-ce qui fait de nous un enfant d’Abraham ? Ce n’est pas l’ethnie (Juif ou Gentil), ni la circoncision (homme ou femme), ni même le statut social (libre ou esclave). Seule la foi nous unit à la semence d’Abraham (Ga 3.16, 22) et fait de nous des fils (Ga 3.26). En vertu de notre union avec le Christ, nous participons conjointement aux bienfaits du Christ – sans distinction, sans supériorité, sans avantage sur un autre. Si quelqu’un croit en Christ, indépendamment de son sexe, de sa classe sociale, de sa race ou de son âge, il est en Christ Jésus – avec tous les autres saints – et par conséquent, il a droit à tous les avantages que cette union confère.

L’union avec le Christ est de première importance, même si certaines distinctions persistent. La foi est primordiale car elle seule unit les gens, quelles que soient leurs différences extérieures, comme étant ensemble « héritiers selon la promesse » (Ga 3.29). Toute autre distinction humaine dans cette vie est négligeable en comparaison. Oui, même les particularités culturelles, aussi belles soient-elles, sont insignifiantes en comparaison de l’union que partage le peuple de Dieu. Il s’ensuit que les chrétiens qui ne partagent pratiquement aucune similitude dans leurs relations extérieures jouissent d’une unité qui surpasse infiniment toute unité supposée, qui serait fondée sur de telles caractéristiques.

Les distinctions dans l’Église, tant qu’elles ne sont pas source de division, sont autorisées, tandis que la partialité, quelle qu’elle soit, ne l’est pas. Permettre aux distinctions de perturber la communion entre les chrétiens, c’est rebâtir la barrière que le Christ a abattue. Lorsque nous considérons les chrétiens selon les apparences, lorsque nous nous considérons les uns les autres selon la chair (2 Cor 5.16), nous rebâtissons cette barrière. Que cela ne soit jamais dit de nous.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.

Aaron L. Garriott
Aaron L. Garriott
Le pasteur Aaron L. Garriott (@AaronGarriott) est rédacteur en chef du magazine Tabletalk, professeur adjoint résident au Reformation Bible College de Sanford, en Floride, et ancien enseignant de la Presbyterian Church in America.