1 Corinthiens 13.13 | Ministère Ligonier
1 Corinthiens 2.4
25 juillet, 2022
Galates 3.28
1 août, 2022

1 Corinthiens 13.13

Note de l’éditeur : Ceci est le septième chapitre de la série Que ce verset signifie-t-il vraiment ?

« Mais ce n’est pas de l’amour » – voici une objection souvent avancée pour saper un enseignement biblique clair. « Un Dieu d’amour ne punirait personne par un jugement éternel » – ceci est une herméneutique diabolique qui tente de miner la justice de Dieu. L’amour a été détaché de son fondement biblique, il est parti à la dérive dans la culture, et passe maintenant pour la nouvelle religion de la gentillesse culturelle. Mais même lorsque nous sortons de la culture et que nous nous replongeons dans les pages de l’Écriture, nous pouvons encore mal interpréter la signification biblique de l’amour. Et l’une de ces interprétations erronées est tirée de ce qui est sans doute le chapitre le plus populaire de la Bible sur le sujet de l’amour : 1 Corinthiens 13.

Dans 1 Corinthiens 13.13, Paul écrit : « Maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, et l’amour ; mais la plus grande de ces choses c’est l’amour », ce qui amène certains chrétiens à conclure que l’amour est plus important que la foi ou l’espérance. Cela peut sembler ne pas poser de problème, à moins, bien sûr, que ces trois attributs – la foi, l’espérance, et l’amour – ne soient conçus par Dieu pour se renforcer mutuellement, bâtis de telle sorte que diminuer l’un des trois revient à ébranler l’intégrité de tous les autres. Un boulanger vous dira que les éléments essentiels du pain sont la levure, l’eau, la farine, et le sel. Si nous sommes d’accord pour dire que le pain non salé est plutôt fade et que nous concluons que le sel est le plus important de ces quatre éléments, alors nous aurons des problèmes avec notre pain puisque nous ferons moins attention à la farine, la levure, et l’eau. De même, l’amour qui n’est pas équilibré par la foi et l’espérance ébranle la définition même de l’amour biblique.

En attendant le retour de Jésus, nous avons besoin de la foi, de l’espérance, et de l’amour, dans une mesure égale et croissante.

L’amour, sans les contrepoids de la foi et de l’espérance, devient un manque d’amour. Lorsque nous considérons la foi, brièvement et de manière générale, nous voyons que la Bible utilise le mot foi de trois manières. La foi peut être l’instrument de notre salut (Éph 2.8), une confiance inébranlable en Dieu et en ses œuvres (Mt 16.8, 17.20 ; Héb 11.1), ou une doctrine orthodoxe (Jude 3). Le contexte dans lequel Paul utilise la foi dans 1 Corinthiens 13, et dans le reste du livre, confirme très fortement une compréhension de la foi dans ce passage comme étant la confiance, donnée par l’Esprit, dans la personne et l’œuvre de Dieu, en particulier telle que révélée en Jésus (2 Cor 5.7). La foi biblique, telle qu’elle est utilisée dans ce chapitre, équilibre l’amour en définissant l’objet de l’amour du chrétien, à savoir le Dieu glorieux. Lorsque l’amour a la priorité sur la foi ou lorsqu’elle l’exclut, l’amour perd son objet – le Dieu béni.

Le même problème se pose lorsque nous considérons l’espérance. L’espérance est la persévérance de la foi, la ferme attente que le Dieu, auquel on peut faire confiance, accomplira tout ce qu’il a promis. Imaginons maintenant un amour sans espérance. Si notre amour pour Dieu ne s’attend pas à ce que toutes choses aboutissent à la gloire de Dieu et à notre bien (Rom 8.28), alors cet amour devient une chose inconstante et momentanée, une simple émotion subjective, détachée de l’engagement et de l’alliance, qui se réduit à des souhaits superficiels, et à une gentillesse très générale.

Voilà donc le problème. Si nous lisons 1 Corinthiens 13.13 donnant plus d’importance à l’amour qu’à la foi et qu’à l’espérance, l’amour biblique lui-même est perdu. L’amour a besoin de la foi et de l’espérance pour survivre, pour s’épanouir. Nous le voyons clairement lorsque nous considérons 1 Corinthiens 13.13 dans le contexte de l’ensemble du chapitre. Dans 1 Corinthiens 13, Paul passe de la considération de l’amour comme ingrédient nécessaire de la vie chrétienne (v. 1-3) à la définition de l’amour biblique (v. 4-7), puis à la considération de la foi, de l’espérance, et de l’amour, sur une échelle temporelle, qui va de notre situation actuelle en tant que chrétiens jusqu’à l’apogée de toutes choses au retour de Jésus et après celui-ci. Considérés en degrés d’importance, la foi, l’espérance, et l’amour, sont égaux. Considérés en termes de longévité, « la plus grande de ces choses est l’amour ». Pour faire simple, la foi et l’espérance ne sont pas nécessaires au ciel. Si la foi est une confiance actuelle en Dieu et en ses œuvres, allant souvent à l’encontre de ce que nous pourrions conclure dans ce monde déchu sans la foi (2 Cor 5.7), alors nous n’aurons plus besoin de foi au ciel car nous verrons enfin et clairement Dieu tel qu’il est vraiment (1 Cor 13.12). De la même manière, nous n’aurons plus besoin d’espérance car nous serons en pleine possession de ce que nous avions espéré. Nous aurons tout ce que nous pouvions espérer, car toutes les promesses de Dieu seront accomplies. Cependant, l’amour continuera et croîtra toujours plus au ciel, car les chrétiens aimeront pleinement leur grand Dieu pour toujours. Sur une échelle de temps éternelle, l’amour dépasse la foi et l’espérance d’une manière qui honore les objectifs des trois.

En attendant le retour de Jésus, nous avons besoin de la foi, de l’espérance, et de l’amour, dans une mesure égale et croissante. Nous devons leur permettre d’être définis bibliquement et de s’équilibrer entre eux. Nous ne pouvons pas laisser une mauvaise interprétation de 1 Corinthiens 13.13 nous tenter de donner la priorité à l’amour pour détruire les trois. Mais nous devons aussi, par la foi et l’espérance, regarder vers le ciel, l’accomplissement de toutes choses, lorsque nous posséderons enfin le désir de notre cœur : aimer Christ pleinement et définitivement pour toute l’éternité.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.

Joe Holland
Joe Holland
Le révérend Joe Holland est pasteur à Christ Covenant Presbyterian Church à Culpeper, Virginia. Il est également membre de Acts 29 et éditeur adjoint pour Tabletalk Magazine.