
L’Exode
6 août, 2026
David et Goliath
13 août, 2026La tentation du Christ
Note de l’éditeur : Ceci est le cinquième chapitre de la série Expliquer les récits bibliques bien connus.
Tout au long de ma vie, j’ai chéri le riche répertoire de cantiques par lesquels l’Église a chanté les louanges de Dieu. Il y a dans mes premiers souvenirs d’enfance ces moments où nous chantions des cantiques en famille à la maison et à l’église. Ces « mini-sermons que l’âme peut chanter » ont donné une forme théologique à mon jeune esprit. Dans ma vingtaine, le Seigneur s’est servi des paroles de plusieurs cantiques pour me ramener du pays lointain et me conduire dans les bras du Père (Lc 15.17-24). L’un de ces cantiques était « Jésus, ami des pécheurs ». Il continue d’occuper une place particulière dans mon cœur. Depuis longtemps, cependant, j’aurais aimé pouvoir modifier un vers de ce cantique. Dans la deuxième strophe, J. Wilbur Chapman a écrit :
Jésus ! quelle force dans la faiblesse !
que je puisse me cacher en lui ;
tenté, éprouvé, et faillant parfois ;
lui, ma force, ma victoire gagnante.
Si je le pouvais, je remplacerais le mot « parfois » au troisième vers par le mot « jamais » — de sorte que le vers se lirait : « tenté, éprouvé, et ne faillant jamais ». Je ne le ferais pas pour promouvoir une forme quelconque de perfectionnisme spirituel, ni pour minimiser notre besoin de lutter contre la tentation (1 Co 10.13 ; Ep 6.10-20 ; 1 Jn 2.16), et certainement pas pour atténuer la réalité accablante du péché habituelle dans la vie des croyants (Rm 7.13-25). Je le ferais plutôt pour maintenir l’attention sur la victoire du Christ dans la vie des croyants, et sur sa victoire lorsqu’il a été tenté par le malin dans le désert.
La victoire du Christ dans le désert constitue une part importante de son ministère messianique. L’Écriture enseigne que Jésus est le dernier Adam et le véritable Israël de Dieu, qui a vaincu lorsqu’il a été tenté par le malin, afin de défaire le royaume des ténèbres et de délivrer son peuple de l’esclavage spirituel. En tant que Fils obéissant, Jésus mérite les bénédictions de l’alliance pour son peuple en obéissant là où Adam et Israël ont désobéi. Parce qu’il a été tenté en tout point comme nous, « sans (commettre de) péché » (Hé 4.15), le Christ est le souverain sacrificateur compatissant et miséricordieux qui secourt son peuple dans la tentation.
Le dernier Adam
Luc conclut la généalogie de Jésus en mettant l’accent sur la filiation d’Adam (Lc 3.38). En plaçant la généalogie du Christ entre le récit de son baptême (Lc 3.21-22) et sa tentation dans le désert (Lc 4.1-13), Luc souligne le fait que le Christ est le dernier Adam (Rm 5.12-21 ; 1 Co 15.21-22, 45-49). Lors de son baptême, Dieu le Père a proclamé l’identité messianique de Jésus en disant : « Tu es mon Fils bien-aimé, objet de mon affection » (Lc 3.22). Dans le désert, le malin a tenté le Christ sur la base de cette déclaration divine (Lc 4.3, 9). En conséquence, les tentations du Christ étaient des tentations proprement messianiques.
L’épreuve du désert avait un caractère probatoire pour le dernier Adam. Si Adam avait obéi lorsqu’il a été tenté dans le jardin, il aurait obtenu la vie pour lui-même et pour sa descendance. Le dernier Adam a vaincu en obéissant lorsqu’il a été tenté, afin de devenir l’auteur du salut éternel pour ceux qui croient (Hé 5.9). Le Christ est venu en tant que dernier Adam pour vaincre le malin et renverser les conséquences de la désobéissance du premier Adam (Rm 5.12-21).
Le conflit entre le Christ, en tant que dernier Adam, et Satan dans le désert était un accomplissement partiel du protévangile — la première promesse de l’évangile (Gn 3.15). Le Seigneur a promis à nos premiers parents qu’il enverrait la postérité de la femme pour écraser la tête du serpent. Il convenait que Jésus, au commencement de son ministère public, se trouve face à face pour combattre le serpent ancien (Ap 12.9). La victoire du Christ dans le désert était le prélude à sa victoire ultime sur Satan à la croix (Col 2.15). Par sa vie d’obéissance et sa mort expiatoire, le dernier Adam délivre les siens du règne oppressif de Satan (Ac 26.16-18 ; Col 1.13).
Le véritable Israël de Dieu
En plus de révéler que le Christ est le dernier Adam, l’Écriture enseigne que Jésus est le véritable Israël de Dieu, le Fils fidèle à l’alliance. Dans Exode 4.22, le Seigneur a désigné Israël comme « mon fils, mon premier-né ». Dans Osée, il a dit : « j’ai appelé mon fils hors d’Égypte » (Os 11.1). Matthieu relie directement Osée 11.1 à l’expérience du Christ fuyant en Égypte puis revenant en terre promise (Mt 2.15). Le Christ est le Moïse suprême (Ex 34.28), le représentant du véritable Israël, qui conduit son peuple dans l’exode suprême, hors de l’esclavage de Satan, du péché et de la mort (Lc 9.31).
Jésus a commencé son ministère dans le désert afin d’accomplir les promesses de l’alliance de Dieu et d’obtenir l’héritage éternel. En conséquence, Jésus a subi une période d’épreuve semblable à celle de l’Israël de l’ancienne alliance. Le Christ a réussi l’épreuve dans le désert en obéissant à la parole que le Seigneur avait donnée à Israël dans le désert (Dt 6.13, 16, 8.3). En tant que véritable Israël, il a ensuite entrepris la conquête spirituelle de la terre promise. G. K. Beale observe : « La victoire de Jésus sur la tentation semble l’avoir préparé à vaincre celui qui était le prince satanique suprême des Cananéens et de toutes les nations impies, et à conquérir le pays d’une manière qu’Israël n’avait pas été en mesure de faire. » Tel était le dessein de Dieu pour Israël dans le désert (Dt 6.18-19). Là où Israël avait échoué, le Christ, le véritable Israël, a été victorieux.
Jésus a finalement été exilé de la présence de Dieu, comme Adam l’avait été d’Éden et Israël de la terre promise. Bien qu’il fût sans péché, le Christ a été fait péché et malédiction pour son peuple sur la croix (2 Co 5.21 ; Ga 3.10). Par son obéissance et ses souffrances, Jésus a obtenu un statut de justice en tant que dernier Adam et véritable Israël, le représentant fidèle à l’alliance, assurant les bénédictions de l’alliance à tous ceux qui croient en lui (2 Co 1.20). Il est donc la source de force spirituelle pour son peuple lorsqu’il est tenté.
Notre souverain sacrificateur compatissant
En tant que dernier Adam et véritable Israël, le Christ s’est consacré par l’obéissance et la souffrance afin d’être qualifié pour servir comme souverain sacrificateur de son peuple. Jésus est devenu le sacrificateur du sanctuaire céleste, comme Adam l’avait été dans le jardin et les Lévites dans le tabernacle. Jésus « a été tenté comme nous à tous égards, sans (commettre de) péché » (Hé 4.15), afin de pouvoir être un souverain sacrificateur compatissant qui nous accorde miséricorde et secours au moment opportun (v. 16). Puisqu’il est notre grand souverain sacrificateur, Christ compatit avec son peuple dans ses tentations, car il a lui-même été tenté. Le puritain Samuel Clarkson a expliqué :
Il connaît toutes nos faiblesses […] Il les connaît toutes, aucune d’entre elles n’échappe à son attention […] Il sait quel poids, quelle épreuve ou quelle affliction se trouve dans chacune de nos faiblesses, car il a tout ressenti ; il se souvient parfaitement de ce qu’il a souffert, et ainsi il sait par expérience […] ce que nous endurons dans chacune d’elles.
Le dernier Adam et le véritable Israël de Dieu a été tenté afin de pouvoir nous racheter de Satan, du péché et de la mort. Il a obéi pour assurer les bénédictions de l’alliance à ceux qui croient en lui. Puisqu’il est le grand souverain sacrificateur de l’Église, Jésus peut nous accorder la grâce et la miséricorde dont nous avons besoin, car il a été « tenté, éprouvé, et ne faillant jamais ».
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

