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Ne pas être partial

Note de l’éditeur : Ceci est le deuxième chapitre de la série Comprendre la prophétie biblique.

Je me souviens de la remarque d’un ami il y a des années : « L’une des choses convaincantes dans la Bible, c’est qu’elle présente ses « héros » avec leurs défauts et leurs qualités. » Cela est vrai pour des individus tels qu’Abraham, David et Pierre, pour n’en citer que quelques-uns. Mais cela est également vrai pour l’Église dans son ensemble, en particulier lorsqu’on fait référence à l’Église telle qu’elle est dépeinte dans le livre des Actes. Nous reconnaissons volontiers que les épîtres de Paul aux diverses Églises, telles que Galates, Colossiens, et 1 et 2 Corinthiens, traitent de problèmes au sein de ces congrégations, mais nous avons tendance à voir l’Église dans les Actes à travers un prisme plus idéaliste. Nous sommes enclins à penser que c’était l’époque où l’Église était unanime et persévérait dans la doctrine des apôtres.

Bien qu’il y ait beaucoup à tirer du portrait que Luc fait de l’Église dans le livre des Actes, qui serait utile à notre époque actuelle dans un sens positif, il y a aussi des leçons à tirer des expériences négatives. Je fais plus précisément référence à Actes 6:1 : « En ces jours-là, comme les disciples se multipliaient, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans le service quotidien. » Le résultat de ce conflit conduit à l’établissement d’un ministère diaconal au sein de l’Église. Mais mon attention se porte sur le fait du conflit en lui-même.

Positivement, la distribution quotidienne parmi les veuves est un exemple concret de l’unité d’esprit décrite en Actes 2:44-45. Dans l’exercice de cette entreprise véritablement gracieuse, cependant, un conflit surgit. Les veuves des Hellénistes (Juifs de langue grecque venant de l’extérieur de la Terre Sainte) étaient négligées par les Hébreux (Juifs de langue araméenne venant de l’intérieur de la Terre Sainte). La note de bas de page de ce verset dans la Bible d’étude de la foi réformée dit : « Ici, le vieux problème de la discrimination avait émergé : les veuves des Juifs de langue grecque étaient considérées comme des étrangères par les Juifs de naissance. »

Ainsi, bien que l’Église dans son état naissant fût fondée sur la doctrine des apôtres, il y avait une faille dans leur communion, et cette faille était incompatible avec la doctrine qu’ils professaient. Outre le fait que ce conflit entre les Juifs hellénistiques et les Juifs palestiniens était contraire à la loi mosaïque, il était certainement l’antithèse de l’unité que Jésus enseignait comme caractéristique de ses disciples. Bien que la charge de diacre réponde à la préoccupation immédiate soulevée en Actes 6:1, il est évident, d’après diverses exhortations dans les épîtres du Nouveau Testament, qu’une vision et un traitement erronés des autres, même au sein de la communion, ont continué à poser problème. Autrement dit, leur vision et leur traitement des autres reflétaient les normes culturelles et sociales du monde (l’humanité déchue collectivement), ce qui correspond à notre état individuel de déchéance.

L’effet horizontal de notre état de déchéance est que nous n’aimons pas notre prochain comme nous-mêmes, comme Jésus l’illustre dans la parabole du bon Samaritain. Jésus dit que l’essence de la loi est d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, mais notre nature déchue, et le monde déchu qui nous entoure, redéfinissent l’idée même de l’identité de notre prochain, et justifient des visions et des traitements qui sont moins que fraternels. Comme nous le voyons dans l’exemple d’Actes 6:1, en tant que corps du Christ, nous devons voir et traiter les autres dans la communion, selon ce que nous sommes en Christ et non selon les normes du monde. Cela devrait être également vrai dans la façon dont nous voyons et traitons nos voisins non croyants. Nous ne pouvons pas laisser le monde marginaliser nos voisins au point de justifier une conduite peu fraternelle à leur égard.

L’apôtre Paul dit en Galates :

Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. (Ga 6:9-10)

Nous devons traiter les autres sans être partiaux ; en d’autres termes, il ne doit avoir aucun biais qui découle soit de notre corruption, soit de notre conditionnement culturel. En Actes 6, la partialité était fondée sur le lieu d’origine. En Jacques 2, la préoccupation porte sur le fait d’être favorable ou non aux autres selon la perception du statut social ou économique :

Mes frères, ne mêlez pas à des considérations de personnes votre foi en notre Seigneur de gloire, Jésus-Christ. S’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit resplendissant, et s’il y entre aussi un pauvre avec un habit misérable ; si, pleins d’attention pour celui qui porte l’habit resplendissant, vous lui dites : Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur ! et si vous dites au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ! ou bien : Assieds-toi au-dessous de mon marchepied ! ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et n’êtes-vous pas des juges aux pensées mauvaises ? (Jc 2:1-4)

Jésus expose ce genre de partialité dans sa parabole sur les brebis et les boucs en Matthieu 25. Les brebis sont ceux qui ont fait le bien lorsqu’ils ont vu un besoin et une opportunité, tandis que les boucs semblent indiquer qu’ils auraient réagi différemment s’ils avaient su que c’était le Seigneur (v. 44). Nous sommes le corps du Christ, chaque partie étant unie aux autres. Nos circonstances et nos origines sont différentes, mais nous ne pouvons pas permettre ni à notre nature corrompue ni à notre conditionnement culturel de faire de ces différences une justification pour établir des distinctions contraires à la grâce que nous avons nous-mêmes reçue.

Comme Paul le dit en 1 Timothée 5:21 : « Je te conjure devant Dieu […] d’observer ces règles sans préjugé et de ne rien faire par favoritisme. »


À l’origine, cet article a été publié dans Tabletalk.

Ken Jones

Ken Jones

Le pasteur Ken Jones est le pasteur de « Glendale Baptist Church » à Miami.