Ne pas être partial

15 septembre, 2026

Ne pas être partial

15 septembre, 2026

Le repos du jour du Seigneur comme un témoignage

Note de l’éditeur : Ceci est le troisième chapitre de la série Comprendre la prophétie biblique.

Dans son autobiographie, C. S. Lewis raconte comment son père passait ses dimanches :

Il avait été presbytérien et était désormais athée. Il passait le dimanche, comme la plupart de son temps en semaine, à travailler dans son jardin. Mais un trait curieux de sa jeunesse presbytérienne avait survécu. Le dimanche, il jardinait toujours dans un costume différent, légèrement plus respectable. Un Écossais d’Ulster peut en venir à ne plus croire en Dieu, mais jamais à porter ses vêtements de semaine le jour du sabbat.

Malgré sa foi abandonnée, le père de Lewis avait conservé de son éducation l’idée que le jour du sabbat a quelque chose de différent. Cette idée est presque un anathème aujourd’hui. Le dimanche n’est qu’une partie du week-end, destiné à être occupé par le travail ou les loisirs selon le bon vouloir de chacun. Ce n’est qu’un jour comme les autres, avec simplement plus de temps pour faire ce que l’on veut.

Pour les chrétiens, du moins, cette idée est tempérée par la conscience que nous sommes tenus d’assister au culte. Mais bien souvent, nous autres chrétiens traitons le reste de la journée de la même manière que le reste du monde. Puisque nous vivons, en tant que chrétiens, dans une soumission joyeuse à notre Seigneur et Sauveur, il vaut la peine de réfléchir à la manière dont il considère le jour du sabbat.

Les théologiens de Westminster ont examiné le sabbat à travers le prisme du quatrième commandement : « Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier » (Ex 20.8 ; voir Dt 5.12). Leurs conclusions, que l’on trouve dans la Confession de foi de Westminster 21, le Grand catéchisme de Westminster 115–121 et le Petit catéchisme de Westminster 57–62, méritent toutes d’être lues, mais voici quelques aperçus utiles.

Ainsi, ce sabbat est consacré au Seigneur lorsque les hommes, ayant bien préparé leurs cœurs et mis en ordre leurs affaires ordinaires auparavant, non seulement observent un saint repos, toute la journée, de leurs œuvres, paroles et pensées concernant leurs travaux et récréations profanes, mais sont occupés tout le temps aux exercices publics et privés de son culte, et aux devoirs de nécessité et de miséricorde. (CFW 21.8)

Nous voyons que le sabbat comporte deux aspects principaux : le culte et le repos. L’idée de consacrer au moins une partie de notre temps du sabbat au culte ne fait guère débat chez la plupart des chrétiens. Ce qui est plus controversé, c’est le conseil des théologiens de Westminster concernant le repos.

L’aspect du repos est enraciné dans le récit de la création : « Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié » (Ex 20.11). Dieu a travaillé puis s’est reposé ; nous devons donc travailler puis nous reposer. En nous reposant de nos labeurs selon le modèle de Dieu, nous sanctifions, c’est-à-dire mettons à part, le jour du sabbat. Le grand catéchisme explique :

Q. 117. Comment le sabbat, ou le jour du Seigneur, doit-il être sanctifié ?

R. Le sabbat, ou le jour du Seigneur, doit être sanctifié par un saint repos observé tout le jour, non seulement en s’abstenant des œuvres qui sont en tout temps péchés, mais même des travaux et des récréations profanes qui sont licites les autres jours ; […] et, à cette fin, nous devons préparer nos cœurs et, avec prévoyance, diligence et modération, disposer de nos affaires temporelles et les expédier en temps opportun, afin d’être plus libres et mieux disposés pour les devoirs de ce jour.

Remarquez que l’accent est mis sur la distinction de ce jour par rapport aux autres jours. Les œuvres qui sont licites les jours ordinaires doivent être mises de côté en ce jour. Pourquoi ? Parce que ce jour est saint pour le Seigneur. Nous sommes appelés à le passer d’une manière conforme à ses desseins plutôt qu’aux nôtres (voir Es 58.13-14).

Cela exige de planifier ; cela ne se fait pas par accident. C’est pourquoi la confession exhorte à mettre « en ordre leurs affaires ordinaires auparavant », et le grand catéchisme nous appelle à « préparer nos cœurs et, avec prévoyance, diligence et modération, disposer de nos affaires temporelles et les expédier en temps opportun ». Ce qui peut être fait à l’avance devrait être fait à l’avance. Ce qui peut attendre devrait attendre. Si nous pratiquons une telle préparation, nous serons « plus libres et mieux disposés pour les devoirs de ce jour », déchargés des soucis ordinaires et capables de nous engager avec joie dans le culte et le repos.

Le monde exige que nous ne nous reposions jamais. Il y a toujours quelque chose qui réclame notre attention. Le travail ne relâche jamais. Le temps libre doit être occupé de sports, de passe-temps et de divertissements. Rejeter cet état d’esprit, c’est envoyer un message puissant : notre temps ne nous appartient pas. Nous servons un Dieu qui a créé le temps et qui nous a appelés à le racheter. Nous ne nous laisserons dominer par rien, mais nous servirons notre Seigneur dans la liberté et la joie.

Bien souvent, les discussions sur le repos du sabbat dégénèrent en questions sur ce qui est permis ou non. Pourtant, cette approche passe à côté de l’essentiel, qui est de discerner l’intention de Dieu pour ce jour et la manière dont il contribue à une vie bénie. Avoir un jour sur sept mis à part pour le repos et le culte est une bénédiction immense, comme Jésus l’a dit : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat » (Mc 2.27). Nous tenons trop souvent cela pour acquis. La question est donc la suivante : comment puis-je mettre ce jour à part ? Ou, en d’autres termes : comment puis-je le rendre différent ?

Le sabbat du septième jour regardait en arrière vers la création. Le sabbat du premier jour regarde en arrière vers la nouvelle création. Dieu a sanctifié ce jour lorsqu’il a ressuscité son Fils d’entre les morts. Se reposer le jour du Seigneur témoigne au monde que notre Dieu est un Dieu qui sauve, et cela renvoie au repos ultime dont nous jouirons un jour en la présence de notre Sauveur (Hé 4.11).

Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

Kevin D. Gardner

Kevin D. Gardner

Le pasteur Kevin D. Gardner est rédacteur en chef adjoint du magazine « Tabletalk » et un ancien chargé de l'enseignement au sein de Presbyterian Church in America.