
L’œuvre du Saint-Esprit à travers nous
3 septembre, 2026Cultiver la consolation en Christ
Note de l’éditeur : Ceci est le quatrième chapitre de la série La mort.
Beaucoup de gens dans notre culture recherchent le confort par-dessus tout, ce qui n’est rien d’autre qu’une quête égocentrique de facilité. Le genre de confort recherché est un palliatif qui engourdit la douleur, procure un sentiment d’euphorie soudain ou détourne l’esprit de ses misères. Mais la consolation véritable et durable que l’on trouve en notre Père par Jésus-Christ n’est pas un sentiment passager semblable à un tranquillisant. Ce n’est pas un éclair de plaisir charnel que l’on trouve dans une nourriture réconfortante. Dieu donne une consolation qui demeure en Christ. De même que le croyant ne peut jamais être séparé de l’amour de Dieu en Christ Jésus notre Seigneur, Paul nous assure que Dieu « nous console », ou plus littéralement : il est celui qui console continuellement, dispensant une consolation intarissable « dans toutes nos afflictions » (2 Co 1.4). En d’autres termes, Dieu vient à notre rencontre avec un empressement constant à nous réconforter et à nous offrir une consolation réelle et durable de toute sorte.
Pour les auteurs bibliques, et pour l’apôtre Paul en particulier, la doctrine conduit toujours à la doxologie. La vérité de Dieu proclame toujours la louange de Dieu, et c’est un fait même au cœur du feu de l’affliction. Paul n’était pas étranger à l’affliction, car sa vie était conformée à celle de Christ, mais les faux docteurs de Corinthe osaient dépeindre la vie chrétienne comme une vie exempte de détresse et triomphaliste. La chair est avide de ce genre d’enseignement, qui promet la facilité et la paix maintenant plutôt que de présenter le modèle cruciforme de la vie chrétienne. Mais pour Jésus, ce fut d’abord l’humiliation, puis l’exaltation, tout comme ce fut le cas pour Joseph, Moïse et David. C’est la norme pour ceux qui marchent sur les traces de Jésus. L’apôtre Paul ne cherche donc pas à vider la vie pieuse de toute souffrance. Au contraire, il oriente le cœur de ses auditeurs vers le Dieu qui vient à notre rencontre sur les chemins de l’affliction. Notre consolation ne consiste pas à trouver une échappatoire mondaine à la crise présente. Une telle vie de confort absolu n’est pas possible de ce côté-ci de la gloire, quel que soit le mensonge que le diable nous raconte. Notre consolation consiste à goûter et à voir la miséricorde de Dieu qui vient à notre rencontre dans nos peines. C’est la vérité que Paul médite à l’ouverture de sa deuxième épître aux Corinthiens.
Paul commence par un élan de louange. « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Co 1.3). Cette ouverture fait écho à une bénédiction juive. « Béni soit l’Éternel » se retrouve partout dans les Psaumes. Paul, cependant, donne à cette louange une orientation distinctement chrétienne. Ce Dieu que nous bénissons n’est béni comme notre Père que par Jésus-Christ. En vertu de l’œuvre de Christ et en nous approchant de Dieu en Christ, nous sommes conduits à la source de l’amour éternel, le Père lui-même. Le Père a envoyé son Fils pour sauver, et Jésus nous a acquis la miséricorde et la consolation de Dieu. C’est pourquoi, même lorsque les ténèbres s’approchent, nous avons le rayonnement du visage de notre Père. Nous avons la paix avec Dieu par le sang de Jésus, l’accès à la présence du Père, et l’espérance de la gloire. L’abîme le plus profond ne peut éteindre la consolation de ces réalités réconfortantes.
Paul cherche à sonder les profondeurs de nos privilèges chrétiens. C’est pourquoi il loue le Père comme « le Père des miséricordes [notez le pluriel], et le Dieu de toute [ou « de toute espèce de »] consolation » (2 Co 1.3, Martin). Paul explique ici que notre Père céleste se caractérise par la miséricorde. La première étape pour cultiver la consolation en Christ est de considérer notre Père à juste titre. Il n’est ni froid, ni austère, ni dur. Il déborde d’amour, il est tendre, il est un Dieu qui donne, et « ses compassions ne sont pas à leur terme » (Lm 3.22). Nul ne peut trouver le fond du puits de la miséricorde de Dieu. Étant un Dieu riche en miséricorde, dans son amour profond, il a envoyé Christ, nous a sauvés par Christ, nous a ressuscités avec Christ, et nous a fait goûter une grâce incessante en Christ. Notre destinée est assurée, quels que soient les désagréments, les douleurs aiguës et les grandes peines d’un monde déchu. Quelle consolation pour nos âmes, et cette consolation se trouve en Christ.
Êtes-vous dans la crainte ? Affermissez-vous dans la vérité. « Sois sans crainte, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi ! » (Es 43.1). Si Jésus est descendu dans l’abîme le plus profond, goûtant même la mort pour nous, ne viendra-t-il pas à notre rencontre dans nos vallées ? Êtes-vous abattu ? Paul dira, quelques versets plus loin, à son propos et celui de ses compagnons : « nous avons été accablés à l’extrême, au-delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même (de conserver) la vie. » (2 Co 1.8). C’est un lieu de profonde mélancolie. Mais qu’a-t-il appris dans ce cachot de l’épreuve ? Il a appris à ne pas compter sur lui-même, mais sur Dieu qui ressuscite les morts (v. 9). Ce n’est pas seulement que Dieu a ressuscité Jésus. Dieu a ressuscité Paul d’une situation mortelle. Voilà quel Dieu il est. Il est un Dieu « qui tous les jours nous comble de ses biens […] Le Dieu Fort nous est un Dieu Fort pour nous délivrer, et les issues de la mort sont à l’Eternel le Seigneur » (Ps 68.20-21, Martin).
Notre consolation se cultive lorsque nous voyons que même les ténèbres les plus profondes, qu’il s’agisse de ténèbres figuratives ou de la mort elle-même, ne peuvent nous engloutir. Christ a vaincu le sépulcre. Notre véritable consolation est vivante. La mort a été vaincue. La souffrance ne durera pas. Jésus règne sur son trône, et son dessein prévaudra. Quel est ce dessein ? C’est de voir « notre corps humilié » transformé « en le rendant semblable à son corps glorieux » (Ph 3.21). Telle est notre espérance, et c’est pourquoi, au cœur des plus grandes calamités, nous possédons une consolation qui ne peut faillir. Y réfléchissez-vous ? Méditez-vous sur vos privilèges ? Combattez-vous l’accablement de votre âme en fixant votre foi sur le don de Jésus pour votre salut ? Bénissez-vous le Père des miséricordes ? Nos circonstances peuvent connaître des hauts et des bas dans un monde brisé, mais la consolation de Dieu en Christ ne sera jamais retranchée. L’engagement du Seigneur demeure, et cette consolation nous portera jusqu’à la maison. Méditons ces choses.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

