
Qui détient la puissance ?
27 août, 2026L’origine de la mort
Note de l’éditeur : Ceci est le deuxième chapitre de la série La mort.
Par où commencer lorsque nous réfléchissons au témoignage de la Bible sur la mort et le fait de mourir ? Nous commencerons… par le commencement. Les trois premiers chapitres de la Bible nous donne en effet une mine d’informations sur la vie et la mort. Nous pouvons examiner en particulier cinq points que Genèse 1 à 3 soulève.
La mort ne fait pas partie de la création originelle
Premièrement, la Bible affirme clairement que Dieu n’intègre pas la mort humaine dans la création originelle. Genèse s’ouvre par ces mots : « Au commencement, Dieu […] » (Gn 1.1). Avant que le monde fût, il n’y avait que Dieu. Et Dieu est le Dieu vivant et vrai, en qui il n’y a ni mort ni dépérissement. Il est la vie même.
Dieu, et Dieu seul, crée le monde ex nihilo, à partir de rien (v. 1b ; Hé 11.3). Lorsque Dieu crée le monde, à la fois il forme et remplit : il crée des habitats et y place des êtres vivants (Gn 1.20-21, 24). Ces êtres vivants reçoivent à leur tour l’ordre d’être féconds et de se multiplier (Gn 1:22). Les êtres vivants imitent leur Créateur en donnant la vie au monde.
Puis Dieu crée l’homme, couronnement de la création, seule créature dont il est dit qu’elle est faite « à notre image selon notre ressemblance » (v. 26). L’image du Dieu vivant préside à la vie de la création (« qu’il domine »). L’homme et la femme doivent pareillement être féconds, se multiplier, remplir la terre et la soumettre (Gn 1.28).
Lorsque Dieu achève de créer le monde en l’espace de six jours, il contemple l’ensemble de son œuvre avec une entière satisfaction : « et voici : c’était très bon » (v. 31). Le Dieu vivant crée un monde qui foisonne de vie et qui est propice à l’épanouissement de ses créatures. Ses créatures sont dotées de la capacité de produire davantage de vie. Cela inclut les êtres humains. Tout cela est bon. Rien dans la création originelle ne laisse entendre, de quelque manière que ce soit, que les êtres humains mourront.
Dieu a créé l’homme comme un être vivant, corps et âme
Deuxièmement, l’Écriture nous dit que Dieu a créé l’homme de manière spéciale. Nous lisons une description détaillée de la création d’Adam en Genèse 2.7 : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière du sol ; il insuffla dans ses narines un souffle vital, et l’homme devint un être vivant. » Dieu nous révèle quelque chose d’important au sujet de notre humanité. Dieu a créé Adam en deux étapes, reflétant les deux parties constitutives de l’homme. Il y a d’abord le corps d’Adam. Le corps d’Adam a été formé directement par Dieu à partir de la poussière de la terre. Il y a ensuite l’âme d’Adam. L’âme d’Adam a été formée lorsque Dieu « insuffla dans ses narines un souffle vital ». Ce n’est que lorsque l’âme et le corps sont unis (et pas avant) qu’Adam devient un « être vivant ». Nous pouvons raisonnablement en déduire que si l’âme et le corps d’une personne venaient à être séparés, cette personne cesserait d’être un être vivant. Mais il n’y a aucune trace de la mort ni du principe de la mort chez l’homme tel que Dieu le crée en Genèse 1 et 2. Dieu nous a créés, corps et âme, pour être des êtres vivants en communion avec lui et pour le servir sur cette terre.
La mort est la punition du péché
Troisièmement, avant que le péché n’entre dans le monde, Dieu adresse un avertissement à Adam dans le jardin d’Éden : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Gn 2.16-17). Il est important de se rappeler que Dieu prononce ces paroles à l’intention d’Adam avant qu’il ne pèche ou ne soit même tenté de pécher. Ainsi, avant même la chute d’Adam dans le péché, Adam avait une certaine idée ou notion de ce qu’était la mort. Mourir, c’est être privé de la vie, perdre la vie qu’Adam possédait. La mort, en outre, était la punition de la désobéissance au commandement de Dieu. La mort, selon les paroles de l’apôtre, est « le salaire du péché » (Rm 6.23). Par conséquent, après le péché d’Adam, Dieu lui annonce que la punition dont il l’avait menacé s’abattra certainement sur lui : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans le sol, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière » (Gn 3.19). Les paroles de Dieu indiquent clairement que la mort, pour Adam, sera la séparation de son corps et de son âme, et que son corps retourne d’où il est venu, à savoir la poussière du sol.
La mort n’est pas, comme tant de gens le pensent, une composante naturelle du cycle de la vie et de l’existence. Elle n’est pas inscrite dans notre humanité. La mort n’est pas une dette envers la nature, mais le jugement de Dieu sur le péché. Si le péché n’était pas entré dans le monde, la mort serait restée une idée abstraite pour les êtres humains.
La mort est universelle dans sa portée
Quatrièmement, la mort est universelle dans sa portée. L’expérience nous enseigne que tous les hommes mourront. L’Écriture le confirme : « il est réservé aux hommes de mourir une seule fois » (Hé 9.27). Cela est illustré de manière saisissante dans la généalogie de Genèse 5, à peine deux chapitres après la chute d’Adam dans le péché. Au début du chapitre, nous lisons : « La durée totale de sa vie fut de 930 ans ; puis il mourut » (v. 5). L’expression « puis il mourut » devient un refrain désolant tout au long du chapitre. Tous les descendants d’Adam qui y sont mentionnés meurent. La seule exception en Genèse 5 confirme la règle : « Hénok marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu l’enleva » (v. 24). Hénok ne connaît pas la mort, mais Dieu le retire tout de même de la surface de la terre. L’Écriture est claire : personne n’échappe à la mort. Ni les riches ni les pauvres. Ni les puissants ni les opprimés. Ni les beaux ni les laids. Ni les forts ni les faibles. Ni les pieux ni les méchants. La mort frappe à tous les âges et à toutes les étapes de la vie : les personnes âgées, celles qui sont dans la force de l’âge, les jeunes, les nourrissons, et même les enfants dans le sein maternel. Il y a, bien entendu, tous les signes avant-coureurs de la mort qui affligent les êtres humains en cette vie : la maladie, les blessures, les infirmités, la faiblesse corporelle, le déclin mental. Ce ne sont pas simplement des réalités « qui font partie de la vie » ou « du vieillissement », mais des indices et des présages de la mort. Pourquoi tous meurent-ils ? [Note éditoriale : Cette question est approfondie au chapitre 5, Faire face au dernier ennemi.] Pour l’instant, il suffit de dire que si tous meurent, c’est parce que tous ont péché (voir Rm 5.12b). Dieu est un Dieu juste. La mort est la punition du péché. Dieu n’infligerait pas la mort sans raison. Il ne traite pas l’innocent comme s’il était coupable. Le règne universel de la mort témoigne de la portée universelle du péché dans l’humanité.
La mort a une portée cosmique
Cinquièmement, la mort a une portée cosmique. Nous pensons souvent à la mort en termes d’êtres humains individuels. Et c’est bien sûr légitime. Mais la Bible nous enseigne que la malédiction de Dieu sur la création accompagne l’infliction de la mort comme punition du péché. Écoutez ce que Dieu dit à Adam après que celui-ci a péché contre Dieu : « Le sol sera maudit à cause de toi ; c’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des chardons et des broussailles, et tu mangeras l’herbe de la campagne. » (Gn 3.17-18). Le monde continuera d’exister, et Adam continuera de travailler le sol, comme Dieu le lui avait ordonné au moment de de sa création. Désormais, cependant, le monde se trouve sous la malédiction de Dieu. Il sera marqué et défiguré par la frustration, la douleur, la souffrance et la mort. L’apôtre Paul rend un témoignage éloquent de cette triste réalité :
Car la création a été soumise à la vanité – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise – avec une espérance : cette même création sera libérée de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. (Rm 8.20-22)
La création n’a pas, pour ainsi dire, demandé à Dieu d’être dans l’état où elle se trouve maintenant. Elle a été réduite à « la servitude de la corruption » et a été « soumise à la vanité ». Les animaux souffrent et meurent de morts violentes. Les tremblements de terre, les incendies de forêt et les ouragans ravagent le paysage. D’une seule voix, donc, la création soupire ensemble. Mais ce gémissement accompagne « les douleurs de l’enfantement ». Cela renvoie à une réalité plus grande et bénie qui se profile à l’horizon : de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Pour le moment, la création est asservie à la corruption et à la vanité, conséquence de l’entrée du péché, et avec lui de la mort, dans le monde par Adam.
Conclusion
Il n’est jamais agréable de penser à la mort. Pourtant, la mort est réelle. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons nous permettre d’ignorer, de chasser par la pensée, de sentimentaliser ou de banaliser. L’Écriture reconnaît la réalité de la mort, et ce dès ses premières pages. Des questions d’une importance vitale marquent les trois premiers chapitres de la Bible. Si Dieu veut que nous réfléchissions à la mort, alors que veut-il que nous sachions ? En premier lieu, la mort est une perte. C’est quelque chose qu’il faut pleurer et déplorer. Ce n’est pas ainsi que les choses devraient être. C’est pourquoi elle est « le dernier ennemi » (1 Co 15.26). Il est juste de pleurer devant la mort.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

