
L’accomplissement de la prophétie
29 septembre, 2026Le peuple de Dieu
Note de l’éditeur : Ceci est le septième chapitre de la série Comprendre la prophétie biblique.
En lisant les prophètes de l’Ancien Testament et leurs descriptions d’un Israël qui sera un jour restauré, nous devrions être frappés par l’amour de Dieu pour son peuple. Nous devrions aussi être encouragés, puisque, en tant que membres de l’Église du Christ, nous participons à l’accomplissement de ces prophéties. Trois éléments nous aideront à orienter notre interprétation.
Premièrement, l’histoire de Dieu et de son peuple n’a pas commencé avec Israël, mais à la création. Même après que nos premiers parents se sont rangés du côté du serpent (Satan) par leur péché, Dieu a promis de ramener à lui un peuple en mettant inimitié entre la postérité de la femme et celle du serpent (Gn 3.15). Cette promesse marquait le début de l’alliance de grâce, par laquelle Dieu rassemblerait auprès de lui un peuple qui se tournerait avec foi vers lui et vers l’œuvre qu’il allait accomplir. L’alliance avec Abraham décrivait de manière plus détaillée l’alliance de grâce et le cours que prendrait l’histoire du salut. Dieu allait agir par la lignée d’Abraham, faisant de lui une grande nation, mais dans le but de bénir toutes les nations (Gn 12.2-3 ; voir aussi Ga 3.8). L’attention particulière que Dieu portait à Abraham et à Israël a toujours eu une visée universelle.
Deuxièmement, les prophètes peuvent à la fois parler de jugement et de restauration pour Israël parce que ces réalités se rapportent à des alliances différentes. Après l’exode, Dieu a établi l’alliance mosaïque avec Israël, au Sinaï. Cette alliance montrait le besoin du peuple d’avoir un Sauveur et ce que celui-ci accomplirait pour lui. Israël a rompu cette alliance avant même de quitter le Sinaï (Ex 32), et son histoire consiste en un cycle de désobéissance à la loi de Dieu. Dieu s’est montré plein de grâce et de patience, mais il a fini par faire tomber sur Israël la malédiction ultime de l’alliance mosaïque : l’exil hors du pays. Ce n’était toutefois pas la fin de l’histoire, tout comme le péché d’Adam et Ève n’en avait pas été la fin. Moïse, le prophète par excellence (Dt 18.15), a annoncé l’échec d’Israël et une nouvelle œuvre de Dieu après l’exil (4.25-31 ; 29.10 – 30.14 ; 31.14 – 32.43), et les autres prophètes ont suivi son modèle. Même si Israël allait rompre l’alliance mosaïque, les promesses de Dieu, qu’on retrouve particulièrement dans l’alliance abrahamique, devaient encore s’accomplir.
Troisièmement, les prophètes décrivent souvent les réalités futures de la nouvelle alliance dans les termes propres à leur situation dans l’histoire de la rédemption, c’est-à-dire au moyen des figures et des ombres présentes en Israël (voir Col 2.17 ; Hé 10.1). Ils réunissent aussi souvent dans une même description un avenir qui se réalisera en de multiples étapes ou à plusieurs niveaux d’accomplissement. Ces deux caractéristiques, regroupées sous le nom de « langage prophétique », expliquent pourquoi nous pouvons légitimement interpréter les prophéties concernant un Israël restauré comme s’accomplissant dans l’Église.
Pour illustrer ces deux aspects, Jérémie annonce, aux chapitres 30 et 31, qu’Israël reviendra d’exil pour vivre en sécurité dans le pays de la bénédiction, sous un nouveau roi davidique, en tant que peuple pardonné et obéissant. Si cette prophétie s’est partiellement accomplie lors du retour d’Israël de Babylone (Esd 1.1), son plein accomplissement va au-delà de la description prophétique d’Israël. Jérémie décrit le temps de la nouvelle alliance (Jr 31.31), inaugurée lors de la première venue du Christ (Lc 22.20 ; Hé 8.8-13) et qui trouvera son plein accomplissement à son retour, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre (2 P 3.13).
Les prophètes évoquent parfois clairement le désir de Dieu d’inclure les païens parmi son peuple (Es 42.6-7 ; 49.5-6), notamment en se servant du langage prophétique, comme lorsqu’ils présentent les nations qui affluent vers le temple de Dieu à Jérusalem (Es 2.1-4 ; Mi 4.1-3 ; Za 8.20-23 ; 14.16). Autre exemple : Amos 9.11-12 annonce que des hommes de toutes les nations seront inclus dans le relèvement de la tente de David. Jacques cite ce texte en Actes 15, lors du concile de Jérusalem. L’Église s’efforçait de comprendre les implications de l’œuvre que Dieu accomplissait parmi les non-Juifs et leur rapport à la loi mosaïque. Jacques conclut qu’en se constituant un peuple parmi les païens, Dieu agit conformément à ce qu’Amos avait annoncé (Ac 15.13-18). Ainsi, Jacques a reconnu dans l’Église de la nouvelle alliance instituée par le Christ l’accomplissement de cette prophétie sur l’avenir d’Israël : la reconstruction de la tente de David. Cette Église inclurait à la fois les Juifs et les païens, tous sauvés par grâce, au moyen de la foi (Ac 15.11).
Le plus souvent, les prophètes ne parlent que d’un Israël restauré, mais ces prophéties s’appliquent aussi à l’Église. En Osée 1 – 3, Dieu illustre sa relation avec Israël à travers le mariage d’Osée avec Gomer, une femme adultère, et les enfants de celle-ci. Chaque chapitre contient des descriptions du jugement divin sur Israël en raison de son infidélité à l’alliance mosaïque, puis évoque la restauration par Dieu d’Israël, en lien avec les promesses de l’alliance abrahamique. Ces descriptions de l’avenir du peuple de Dieu illustrent bien ce qu’est le langage prophétique, car elles dépeignent un Israël restauré dans un pays de bénédiction. Pourtant, Pierre les applique à l’Église, montrant qu’il s’agit de descriptions de la nouvelle alliance (1 P 2.10). De même, lorsqu’il aborde l’œuvre souveraine de Dieu dans le salut, Paul cite Osée 2.25 et 2.1 pour montrer que Dieu appelle des personnes tant parmi les Juifs que parmi les païens (Rm 9.24-26).
Si le Nouveau Testament montre que les promesses prophétiques concernant un Israël restauré s’accomplissent dans l’Église du Christ, où il n’y a plus de distinction entre Juifs et païens (Ep 2.11 – 3.6), Paul exprime pour sa part, en Romains 9 – 11, son angoisse et son désir de voir davantage de ses compatriotes juifs parvenir au salut par la foi en Christ. Il veut montrer que les promesses de Dieu n’ont pas failli et encourager les païens à adopter une attitude de gratitude et d’humilité. Dieu n’a pas rejeté Israël pour le remplacer par les païens ; au contraire, il a gracieusement accueilli les païens dans son peuple, comme l’illustre la métaphore de l’olivier utilisée par Paul (11.17-24). Bien que les versets 25 à 27 fassent l’objet de débats, Paul affirme clairement que les Juifs incrédules peuvent recevoir la miséricorde de Dieu au même titre que les païens s’ils se tournent vers lui par la foi en Christ. Que le désir de Paul de voir les uns et les autres se convertir soit aussi le nôtre.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

