Le peuple de Dieu

8 octobre, 2026

Le peuple de Dieu

8 octobre, 2026

Le Roi et le royaume

Note de l’éditeur : Ceci est le huitième chapitre de la série Comprendre la prophétie biblique.

En tant que représentants de Dieu, les prophètes de l’Ancien Testament jouaient le rôle de commentateurs de la société et de visionnaires. Ils prononçaient des jugements sévères concernant les défaillances de la société tout en offrant des visions saisissantes d’un monde meilleur à venir. Par leurs avertissements et leurs appels, ils cherchaient à transformer la manière de vivre des gens en leur rappelant le plan de Dieu pour leur vie.

Au cœur de leurs messages se trouvait l’attente d’un souverain unique, un Messie qui établirait le royaume de Dieu dans le monde. Les prophètes n’ont pas inventé cette attente ; elle s’inscrivait déjà dans une tradition ancienne en Israël. La promesse divine d’un Roi à venir apparaît dès le livre de la Genèse et se poursuit dans le récit biblique jusqu’à la désignation de David comme deuxième roi d’Israël. Comme le révèle le Psaume 72, de la dynastie de David viendra un Roi sans pareil qui régnera sur toute la terre avec justice.

Le règne de David marque le début d’une dynastie remarquable, étroitement liée à Jérusalem, où Dieu a établi son sanctuaire terrestre. L’instauration de la dynastie davidique s’inscrit dans le plan de salut de Dieu, mais ce développement ne fait qu’annoncer quelque chose de bien plus important à venir. Cela apparaît clairement au fil de l’histoire de l’ancien Israël. À partir de Salomon, l’histoire du règne de la dynastie davidique sur Jérusalem est surtout marquée par l’échec, avec quelques rares signes laissant entrevoir un avenir meilleur.

Pour bien saisir les écrits prophétiques de l’Ancien Testament, il est essentiel de comprendre l’importance de la dynastie davidique. Les prophètes rappelaient les promesses faites par Dieu dans le passé et soulignaient leur accomplissement à venir. Cela apparaît clairement dans le livre d’Ésaïe, qui montre les manquements des rois de Juda et du peuple de Jérusalem vers la fin du VIIIᵉ siècle av. J.-C. Le livre d’Ésaïe rassemble des oracles prophétiques prononcés sous les règnes d’Ozias, de Yotam, d’Ahaz et d’Ézéchias. Il annonce que Dieu va punir les habitants de la ville pour leur piété superficielle et leur manque d’attachement aux valeurs divines.  Il est remarquable que le prophète Ésaïe annonce le jugement tout en envisageant avec confiance que Dieu transformera Jérusalem en une ville où régneront la paix, la prospérité et la justice.

Pour bien comprendre les annonces prophétiques d’Ésaïe, nous devons saisir qu’il prévoit deux étapes dans la restauration d’une Jérusalem corrompue et rejetée par Dieu. Premièrement, Ésaïe prédit comment la ville sera restaurée sous la direction d’un roi perse nommé Cyrus. Il sera à l’initiative de la reconstruction de la ville après sa destruction par les Babyloniens en 586 av. J.-C. De manière remarquable, Ésaïe présente ainsi Cyrus comme un précurseur païen d’un Messie juif en le désignant comme l’oint de l’Éternel, ou un « messie » (45.1). Le mot « messie » vient d’un nom hébreu qui signifie « oint ».

Deuxièmement, au-delà de la restauration de Jérusalem par Cyrus, Ésaïe annonce une restauration encore plus grande de la ville, qui s’accompagnera d’une recréation de la terre (65.17–25). Ésaïe décrit cette nouvelle Jérusalem comme un lieu de joie éternelle, où la vie sera vécue dans toute sa plénitude (35.5–10). Il est important de souligner que la citoyenneté dans la nouvelle Jérusalem n’est pas réservée aux générations futures, puisqu’elle sera aussi accordée aux membres du peuple de Dieu qui passent de cette vie à la suivante. Les prophéties d’Ésaïe associent la nouvelle Jérusalem à la vie éternelle et à la disparition de la mort (25.6–9). À travers ces espoirs prophétiques, le message d’ensemble du livre d’Ésaïe préfigure la vision de la nouvelle Jérusalem que reçoit l’apôtre Jean à la fin de l’Apocalypse.

Il est significatif que, tout comme Cyrus a facilité la restauration d’une Jérusalem terrestre, un Roi davidique sans pareil permettra la création d’une nouvelle Jérusalem. Ésaïe évoque ce Roi aux chapitres 9 et 11, et annonce qu’il sera appelé « Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (9.5). Selon Ésaïe, il règnera sur le trône de David et sur son royaume, pour « l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice dès maintenant et à toujours » (v. 6).

Il est important de noter qu’en Ésaïe 52.13–53.12, ce Roi remarquable est présenté comme le « serviteur » de Dieu, qui souffre de manière substitutive. Le Roi-Serviteur est châtié pour les iniquités et les transgressions d’autres personnes, leur permettant ainsi d’être réconciliées avec Dieu. Malgré le châtiment injuste infligé au Serviteur, Dieu lui rendra finalement justice et l’élèvera à une place d’honneur.

Les prophéties d’Ésaïe concernant le Roi-Serviteur trouvent leur accomplissement dans la vie de Jésus-Christ. Après avoir lu Ésaïe 61.1–2, Jésus-Christ a déclaré aux personnes réunies dans la synagogue de Nazareth : « Aujourd’hui cette (parole de l’) Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie » (Lc 4.21).

À l’instar d’Ésaïe, les livres prophétiques de Jérémie et d’Ézéchiel anticipent la venue d’un Roi davidique exceptionnel qui accomplira les promesses de Dieu et établira son royaume. Dans le livre de Jérémie, le prophète parle d’un souverain à venir, issu de la lignée de David, qui régnera avec sagesse et justice. On peut lire en Jérémie 23.5–6 :

« Voici que les jours viennent, – oracle de l’Éternel –, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en roi et prospérera, il pratiquera le droit et la justice dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure ; et voici le nom dont on l’appellera : L’Éternel notre justice. »

Se plaçant dans le contexte de la destruction de Jérusalem par les Babyloniens, Jérémie met en lumière l’attente d’un descendant juste de David qui apportera le salut et la sécurité au peuple d’Israël.

De manière complémentaire, Ézéchiel entrevoit un Roi-Berger qui guidera le peuple de Dieu et prendra soin de lui. En Ézéchiel 34.23-24, Dieu promet : « J’établirai sur eux un seul berger, qui les fera paître, mon serviteur David, il les fera paître, il sera leur berger. Moi, l’Éternel, je serai leur Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d’eux. Moi, l’Éternel, j’ai parlé. » Comme le montre cette citation, Ézéchiel présente le Roi davidique à venir comme un bon berger qui guidera et protégera le troupeau, en veillant à son bien-être (voir Jn 10.14-18).

Les livres d’Ésaïe, de Jérémie et d’Ézéchiel développent chacun à leur manière le thème d’un Messie issu de la lignée de David, qui jouera un rôle central dans le plan de rédemption de Dieu pour le monde. De manière significative, ces oracles prophétiques trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ, à travers sa vie, sa mort, sa résurrection, son ascension et son retour à venir. Comme l’avaient annoncé les prophètes de l’Ancien Testament, le royaume de Dieu s’établit déjà, mais ce processus ne s’achèvera qu’avec la construction de la nouvelle Jérusalem sur une terre renouvelée, point culminant du plan de rédemption de Dieu.


À l’origine, cet article a été publié dans Tabletalk.

T. Desmond Alexander

T. Desmond Alexander

Dr T. Desmond Alexander est professeur en études bibliques et directeur des études supérieurs au Union Theological College à Belfast, en Irlande du Nord. Il est coéditeur du "The New Dictionary of Biblical Theology", et auteur de plusieurs livres, dont "From Paradise to the Promised Land" et "From Eden to the New Jerusalem".