Le cœur

24 septembre, 2026

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L’accomplissement de la prophétie

Note de l’éditeur : Ceci est le sixième chapitre de la série Comprendre la prophétie biblique.

Des dizaines de passages du Nouveau Testament nous parlent de l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament. Lorsque la plupart des chrétiens lisent ces passages, ils supposent que les prophéties devaient prédire avec précision les personnes et les événements que l’on trouve dans le Nouveau Testament. Si certaines prophéties anticipent directement des réalités futures, beaucoup se référaient originellement à des événements et à des individus de l’Ancien Testament, mais ont pris un sens plus profond dans le Nouveau Testament. Comment donner un sens à tout cela ?

Les mots grecs que nous traduisons habituellement par « accomplir » peuvent aussi signifier « remplir », « rendre plein », « achever », « mener à son terme », ou même « observer », comme dans « observer la loi ». Dans chaque cas, l’accomplissement s’appuie sur quelque chose qui l’a précédé : un sens partiel, une série d’événements, une vie d’obéissance. L’accomplissement biblique n’exige pas que la prophétie prédise des événements singuliers et précis. Il suggère plutôt que des significations antérieures ont été élargies ou complétées par des développements ultérieurs.

Pour illustrer cela par une analogie utile, pensez à la manière dont nous nous décrivons comme étant personnellement « accomplis ». Nous ne voulons pas dire que la vie était dépourvue de sens auparavant. Nous voulons plutôt dire que nous faisons désormais l’expérience d’une plus grande profondeur ou d’une plus grande plénitude par rapport aux périodes précédentes. Et quelque chose de semblable se produit lorsque le Nouveau Testament parle de l’accomplissement de la prophétie de l’Ancien Testament. Il tend à employer le terme « accomplir » pour indiquer que le sens de l’Ancien Testament est devenu plus riche et plus profond.

Qu’est-ce qui compte comme prophétie ?

Un autre facteur dans la compréhension de l’accomplissement consiste à reconnaître le sens large du mot « prophétie ». La plupart des lecteurs modernes tendent à assimiler la prophétie à des prédictions concernant l’avenir. La prophétie biblique contient effectivement certaines prédictions. Mais elle contient aussi des récits d’événements historiques, des rappels de la loi de Dieu, des appels à la repentance et à l’obéissance, des louanges à Dieu, des lamentations, des descriptions de visions prophétiques, et bien d’autres choses encore. Essentiellement, la prophétie est tout ce qu’un prophète a dit ou écrit comme représentant de Dieu.

En conséquence, quand le Nouveau Testament parle de l’accomplissement de la prophétie, il parle généralement de l’accomplissement du plan de Dieu, quelle que soit la forme qu’a prise la prophétie. Autrement dit, de nombreux accomplissements de prophéties ne sont pas des accomplissements de prédictions. Ils apportent simplement un sens supplémentaire et plus plein au message du prophète.

Par exemple, en Osée 11.1, le prophète rappelait comment Dieu avait délivré Israël de l’esclavage en Égypte. Puis, en Matthieu 2.15, nous lisons que la prophétie d’Osée a été accomplie lorsque Jésus est passé d’Égypte en Galilée après la mort d’Hérode. Osée se référait au passé afin d’encourager ses auditeurs originaux en lui assurant que Dieu les sauverait, eux aussi. Il est probable que ni Osée ni ses lecteurs d’origine n’auraient pu deviner comment ce modèle ou type s’accomplirait à l’avenir. Mais Matthieu, écrivant après l’époque du Christ, a vu les parallèles entre ce que Dieu avait fait lors de l’exode, et ce qu’il a fait dans la vie de Jésus. Il a donc dit à juste titre que Jésus avait élargi ou complété le sens des paroles d’Osée.

La typologie

Les accomplissements tels que celui que nous venons de mentionner sont souvent décrits comme typologiques. Ce terme renvoie à l’idée que ce qui s’est produit dans le passé était du même genre ou du même type que ce qui s’est produit plus tard. C’est une manière commode de dire que les personnes et les choses de l’Ancien Testament préfiguraient ou annonçaient la réalité plus grande qui se produit dans l’avenir. Par exemple, en Romains 5.14, Paul a écrit qu’Adam était un « type » du Christ parce qu’il jouait un rôle parallèle en tant que chef d’alliance sur le peuple de Dieu.

La typologie est extrêmement courante dans les accomplissements prophétiques. Elle est particulièrement caractéristique de l’usage que le Nouveau Testament fait de l’Ancien Testament. Par exemple, Matthieu 2.17 dit que les pleurs des mères à Bethléhem après qu’Hérode eut massacré leurs enfants étaient un accomplissement de Jérémie 31.15. Ce verset se référait originellement aux exilés israélites qui avaient été emmenés hors de la terre promise aux VIIIᵉ et VIIᵉ siècles av. J.-C. Un autre exemple : en Jean 13.18, Jésus a dit qu’il avait lavé les pieds de ses disciples en partie pour accomplir les paroles du Psaume 41.10, où David se lamentait d’avoir été maltraité et trahi par ses amis. De même, en Jean 19.28, Jésus a eu soif et a bu du vinaigre pour remplir le sens de Psaumes 69.22, où David se lamentait de sa souffrance et appelait au secours.

Les prédictions nouvellement accomplies et celles non accomplies

Si de nombreux accomplissements mentionnés dans le Nouveau Testament sont typologiques, certains accomplissent directement des prédictions pour la première fois. Par exemple, Jean 12.38 dit que les Juifs ont rejeté Jésus afin d’accomplir Ésaïe 53.1. Ce passage dit que le propre peuple du Christ le rejetterait, lui et son message. Comme beaucoup d’autres prédictions messianiques, celle-ci n’aurait pas pu être accomplie avant l’incarnation. Elle ne pouvait être accomplie qu’en Jésus.

Or, même dans les cas où les prédictions de l’Ancien Testament n’avaient pas d’accomplissement immédiat, elles demeuraient précieuses pour les auditeurs originaux. Les anciens Israélites et Judéens tiraient espérance de la prédiction selon laquelle Dieu enverrait un Rédempteur pour restaurer leur vie et les bénir. Cette promesse avait soutenu le peuple de Dieu depuis le jardin d’Éden (Gn 3.15), et elle a continué à le soutenir tout au long de son histoire. Cela les encourageait à demeurer fidèles à Dieu malgré les épreuves qu’ils rencontraient, sachant que leur fidélité serait récompensée par la bénédiction annoncée.

Et c’est une chose étonnante, que ce soit en grande partie la même situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui en tant que croyants. Par exemple, Ésaïe 65 – 66 dit que Dieu créera de nouveaux cieux et une nouvelle terre pour que nous les habitions. Mais selon 2 Pierre 3.13, nous ne les aurons pas avant le retour de Jésus. Des années après Pierre, Jean a consigné sa vision en Apocalypse 21.1 – 22.5, où il a réaffirmé les paroles d’Ésaïe et nous a donné une espérance supplémentaire. Ce sont des prédictions concernant notre avenir, peut-être un avenir lointain. Mais cela les rend-elles pour autant sans pertinence ? Bien sûr que non. Elles nous motivent à persévérer afin que nous recevions notre récompense finale.

La prophétie de l’Ancien Testament peut être difficile à appréhender. Mais comprendre la diversité des manières dont elle a été interprétée dans le Nouveau Testament peut nous équiper pour la lire avec espérance, l’interpréter avec soin, et l’appliquer en cohérence avec le reste de l’Écriture.

Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

Ra McLaughlin

Ra McLaughlin

Ra McLaughlin est vice-président des opérations et des finances aux Third Millennium Ministries.