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Le cœur
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Note de l’éditeur : Ceci est le quatrième chapitre de la série Comprendre la prophétie biblique.
Jésus n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a dit : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jn 16.33). Jésus ne parlait pas de manière hypothétique lorsqu’il a enseigné : « Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde a de la haine pour vous » (Jn 15.18-19). Et les disciples n’avaient pas besoin de se demander s’il viendrait un temps où ils seraient haïs parce qu’ils portaient le nom de chrétien, car Jésus leur a dit explicitement : « Vous serez haïs de tous à cause de mon nom » (Mt 10.22).
La certitude que les chrétiens feront l’expérience de la haine et de la persécution dans cette vie ne fait aucun doute. Pourtant, Dieu nous dit aussi :
Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : À moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur » (Rm 12.17-19)
La persécution et la haine sont promises aux chrétiens, et pourtant il leur est dit de laisser agir la vengeance de Dieu. C’est une promesse simple et une instruction tout aussi simple. Mais la pratique d’une sainte attente au milieu de la haine et de la persécution n’a rien de simple ni de confortable. Comment un chrétien devrait-il s’y prendre ?
Avant de répondre à cette question, nous devons noter que Dieu a placé au plus profond de chaque cœur humain un désir ardent de justice. Dans cette sainte attente, Dieu ne demande pas aux chrétiens de se soucier moins de la justice. Dieu ne nous appelle pas à une sorte d’insensibilité spirituelle dans laquelle, lorsque nous sommes offensés, haïs ou persécutés, nous levons les mains en disant : « Ce n’est pas grave ; cela n’a pas d’importance ; cela ne me dérange pas. » Les chrétiens ne sont pas des paillassons et ne devraient pas se comporter comme tels. Notre Dieu est un Dieu de justice rigoureuse. La justice divine est une norme claire que Dieu préserve dans ses moindres détails, jugeant chaque être humain et chaque acte, pour aboutir à un jugement final où tous les hommes seront jugés pour toutes leurs actions (Hé 4.12-13). Cela revient à dire que les chrétiens devraient ressentir, et ressentiront effectivement, une juste indignation lorsqu’ils sont persécutés et haïs. Ce sentiment est juste et bon, et lorsqu’il est conforme à la piété, il s’unit à Dieu dans sa juste colère contre l’injustice.
Nous devons mentionner une chose de plus : résister à la vengeance et attendre que Dieu agisse n’exclut pas le recours à tous les moyens institutionnels que Dieu a établis (Rm 13.1-7), et qu’il gouverne (Pr 21.1 ; Dn 2.21), pour rendre une certaine mesure de justice dans ce monde déchu. Ces institutions sociales relèvent globalement des domaines du gouvernement et de l’Église. Ce sont de bonnes institutions mises en place par Dieu pour assurer une certaine mesure de protection et de droiture dans les cultures humaines. Si un chrétien subit une persécution qui enfreint les lois civiles ou fédérales, il devrait chercher réparation par ces voies que Dieu a données pour le maintien de sociétés justes. Si un chrétien fait l’expérience de la haine ou de la calomnie de la part d’un autre chrétien professant, il devrait recourir au don de la discipline ecclésiastique et de la justice pour protéger l’honneur de Christ, ramener le chrétien égaré, et contribuer à la paix de l’Église (Mt 18.15-20 ; 1 Co 6.1-11).
Le point essentiel, cependant, est que chaque chrétien comprenne qu’il viendra un temps où les institutions humaines établies pour maintenir la justice ne fourniront pas un soulagement ni une justice pleine et entière face à la persécution bien réelle que les chrétiens endurent. Cela peut se produire pour diverses raisons. Il se peut que l’institution humaine ne puisse tout simplement pas remédier pleinement à l’injustice. Il se peut aussi que l’institution humaine soit immorale, injuste, corrompue ou ouvertement antichrétienne. Ou encore, il se peut que l’offense soit plus personnelle et individuelle, rendant la justice difficile ou impossible à obtenir par les tribunaux civils ou ecclésiastiques. C’est une situation difficile pour un chrétien. Et c’est à ce moment précis que le chrétien a besoin de l’exhortation de Paul en Romains 12 afin de résister au désir de vengeance personnelle, et attendre plutôt que Dieu agisse envers l’offenseur.
Dans cette sainte attente, le chrétien doit fonder son espérance sur la promesse certaine que Dieu rendra un jour pleine justice. Outre le fait que Dieu puisse convaincre la conscience de l’offenseur et l’amener à chercher la repentance et la réconciliation, il existe deux autres possibilités. Premièrement, Dieu peut convertir l’offenseur. Dans ce cas de figure, le persécuteur chrétien peut naître de nouveau. Dans la conversion du persécuteur, le juste paiement pour l’offense commise contre le chrétien retombe sur Christ. Christ a gagné de nombreux ennemis du christianisme, l’apôtre Paul étant l’un d’entre eux (Ph 3.6). Lorsqu’un persécuteur de chrétiens est converti, la grande œuvre expiatoire de Christ à la croix satisfait le jugement exact de Dieu pour les péchés commis contre son propre peuple. Le second cas de figure est le jugement final. Lors du jugement final, ceux qui ne se tournent pas vers Christ dans la repentance et la foi feront l’expérience du jugement divin éternel et de la colère de Dieu. Ainsi, chrétien, les péchés de persécution et de haine commis contre vous seront payés un jour, soit à la croix, soit dans le jugement éternel des méchants.
Que doit faire le chrétien durant cette sainte attente dans la persécution ? Le chrétien, chaque fois que cela est possible, doit faire du bien à ses ennemis (Pr 25.21 ; Lc 6.27 ; Rm 12.20) et prier pour ceux qui le persécutent (Mt 5.44 ; Rm 12.14). De cette manière, le chrétien suit l’exemple de Dieu, qui fait preuve d’une longue patience envers ses ennemis (Rm 2.2-4). Le chrétien laisse la vengeance à Dieu, sachant que Dieu seul peut l’exercer dans une parfaite justice.
À l’origine, cet article a été publié dans Tabletalk.

