Aimer l'Église | Ministère Ligonier
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Aimer l’Église

Note de l’éditeur : Ceci est le quatrième chapitre de la série « Aimer son prochain»publiée par le Tabletalk Magazine. 

Au moment où cet article sera publié, j’aurai quitté l’église à laquelle j’ai adhéré pour la première fois en 1996 et où j’ai servi en tant qu’ancien pendant une bonne partie de la dernière décennie. J’ai hâte de partir. Je déteste partir. Et l’amour est la raison.

Soixante d’entre nous partent pour implanter une église dans notre propre quartier. Nous voulons aimer nos voisins non-chrétiens avec une congrégation à proximité. Pourtant, partir signifie s’éloigner de relations individuelles de discipulat, briser des groupes de maison et redéfinir les priorités concernant les personnes à inviter au déjeuner ou au dîner. Cela signifie ne plus partager des opportunités hebdomadaires de communion fraternelle et de ministère. C’est déchirant.

L’amour partagé à l’intérieur d’une église est l’amour d’une famille (voir 1 Ti 5.1-2). Et comme un fils ou une fille qui devient adulte, on est parfois envoyé, avec toute la joie à la fois douce et amère qui accompagne cet envoi.

Selon vous, qu’est-ce que l’amour dans une église ? Aimez-vous votre église ? Comment ?

Un modèle de l’amour de Dieu

Retracez une théologie biblique du peuple de Dieu à travers l’histoire de l’alliance de la Bible. Vous découvrirez que l’un des buts de Dieu pour son peuple est de modeler ce qu’il attend de tous les peuples. Dieu ordonne à tous ceux qui sont faits à son image de l’aimer et d’aimer leur prochain. Mais il utilise surtout son église pour illustrer un tel amour.

Mais ce n’est pas tout. C’est dans l’église que l’humanité – ou une nouvelle humanité – commence à aimer ses ennemis, tout comme Christ nous a aimés. Pensez-y. Nous étions tous des rois en puissance dans la chair. Ce qui signifie que, oui, nos collègues membres de l’église sont nos ennemis naturels, donc c’est à l’intérieur de l’église que nous pratiquons l’amour de nos anciens ennemis.

C’est dans l’église que l’humanité, ou une nouvelle humanité, commence à aimer ses ennemis, tout comme Christ nous a aimés.

Un témoin de l’amour de Dieu

Ce n’est pas une marque d’amour générique que l’église modèle. C’est l’amour de Dieu en Christ que nous devons manifester : « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13.34-35). Jésus souligne le fait que le monde saura que nous sommes ses disciples non pas par notre amour pour le monde, bien que cela soit certainement vrai, mais par notre amour les uns pour les autres. Par nos cultures évangéliques de paroles de pardon et d’actes justes, nous démontrons à quoi ressemble l’amour de Christ.

Le monde pense qu’il comprend l’amour. Ce n’est pas le cas. Il ne connaît que l’amour à somme nulle : « Je veux que tu aimes moins les autres pour que tu puisses m’aimer davantage. » Pourtant, l’amour de Dieu est un amour fécond. Il crée plus de lui-même. Regardez cela dans Jean 17 : le Père aime le Fils, et le Fils le Père. Le Père et le Fils envoient alors l’Esprit pour former un peuple qui recevra l’amour du Père pour le Fils. Et par l’Esprit, ils apprennent à aimer Dieu et à s’aimer les uns les autres comme le Père, le Fils et l’Esprit s’aiment les uns les autres.

Le sacrifice et l’obéissance

Notre culture définit l’amour comme le fait de donner aux gens ce qu’ils veulent. L’amour signifie que l’on donne la priorité à l’expression de soi et à la réalisation de soi.

Pourtant, Jésus enseigne que l’amour conduit à l’obéissance, et que l’obéissance est un signe d’amour (Jean 14.21,23 ; 15.10-11 ; 1 Jean 5.3). L’amour ne se réjouit pas du mal, mais de la vérité. Il obéit à la volonté du Père. Il désire le bien pour les autres, mais ce bien implique toujours Dieu et l’obéissance à sa volonté révélée.

L’amour implique même la discipline. Le Seigneur discipline ceux qu’Il aime. Une église qui ne discipline jamais, ou ne corrige jamais le péché, est une église qui n’aime pas.

La miséricorde et la compassion

L’amour dans une église implique également la miséricorde et la compassion, de la même manière que nous avons reçu de la miséricorde et de la compassion. L’amour couvre une multitude de péchés. Certains de vos frères et sœurs sont faciles à aimer. D’autres sont difficiles. Et c’est justement là le problème. Ceux qui sont faciles à aimer nous enseignent comment aimer ceux qui sont difficiles à aimer. Ceux qui sont ennuyeux. Ceux qui sont immatures. Ceux qui ne se présentent pas à la crèche à l’heure ou dont les enfants snobent nos enfants.

Si l’amour est patient et plein de bonté, comme le dit Paul, on peut supposer que ce sont les personnes qui nous tentent à l’impatience et à la méchanceté qui nous forment le mieux aux voies de l’amour.

L’amour pour l’église commence dans une église locale – un lieu où se trouvent de vraies personnes avec de vrais dons et de vrais problèmes. Mettez-vous au travail ici, puis laissez votre amour pour les autres églises locales, les autres dénominations et les chrétiens du monde entier sortir de cette pépinière.

La réaction du monde

Le monde va à la fois aimer et détester ce que votre église appelle l’amour. S’ils ne font que l’aimer, vous pouvez être sûr que vous leur offrez un amour faux et relevant du monde. L’amour du Père n’est pas de ce monde, et c’est la raison pour laquelle ils appelleront parfois l’amour haine et la haine amour.

Notre nouvelle église, tout comme la vôtre, ne peut offrir qu’une vision de l’amour du ciel comme dans un miroir, de façon floue. La bonne nouvelle est que nous pouvons orienter notre voisinage vers Celui qui les aime et nous aime parfaitement, celui qui est parfait et qui viendra un jour nous accueillir pleinement dans Son amour. C’est le cœur de notre foi et de notre espérance.

Cet article a été publié à l’origine dans le Tabletalk Magazine.
Jonathan Leeman
Jonathan Leeman
Jonathan Leeman est le directeur de la rédaction de 9Marks, rédacteur en chef du journal de 9Marks et auteur de « Être membre d'une Église locale : L'importance de représenter Jésus aux yeux du monde ».