
L’enseignement de Jésus sur le mariage et le genre
27 février, 2026Qu’est-ce que l’assurance du pardon ?
Un bon nombre des personnes les moins religieuses dans le monde connaissent encore la phrase classique catholique romaine : « Bénissez-moi, mon père, car j’ai péché. » Ce sont des mots qui, prononcés lorsqu’un paroissien entre dans un confessionnal privé avec un prêtre, saisissent à la fois la réalité du péché et le besoin de grâce. Que se passe-t-il ensuite dans cette scène ? En réponse à une liste de péchés confessés, alors le prêtre prescrit certaines étapes de repentance et enfin prononce une absolution. La tradition réformée affirme également l’importance de confesser le péché et de recevoir le pardon, mais avec quelques différences clés.
La première différence est à qui nous nous confessons. Puisque la Bible nous dit qu’« il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu, et les hommes, le Christ-Jésus homme » (1 Tm 2:5), nous croyons que le seul qui peut réparer la rupture causée par nos péchés est le Christ, et non un prêtre ou un pasteur humain. Nous confessons nos péchés directement à Dieu, plaidant les mérites de notre Souverain Sacrificateur, Jésus-Christ (Hé 4:14–16).
La deuxième différence réside dans l’endroit où nous pensons que la confession devrait avoir lieu. Les réformés prennent ce qui se passe dans l’intimité du confessionnal et le mettent « en avant » comme un élément central du culte public. Pendant des siècles, une des caractéristiques des liturgies réformées (à savoir l’ordre du culte) a été d’inclure une section de « purification ». Un exemple pourrait ressembler à ceci : la Parole de Dieu est lue, le peuple confesse ses péchés en réponse à celle-ci, puis le ministre déclare le pardon pour ceux qui se confient en Jésus-Christ.
Pourquoi faire de celle-ci une partie du culte public ? La confession de ses péchés peut sembler être une affaire si personnelle et privée. Peut-être vous êtes-vous senti mal à l’aise lors d’un office ecclésiastique qui vous a obligé à affronter directement vos péchés de la semaine passée. De nombreuses Églises ont abandonné toute sorte de lecture de la loi ou de confession des péchés précisément parce qu’elles ne veulent pas que les gens se sentent gênés. Mais les réformés ont suivi un autre chemin, et la raison se rapporte à la nature du culte.
Le culte est une rencontre avec Dieu, et un peuple pécheur ne peut pas entrer en présence d’un Dieu saint. La confession du péché et la déclaration d’une justice qui se trouve en Christ Jésus sont un puissant rappel que, sans l’Évangile, le culte n’est même pas possible. De plus, le culte existe pour former et fortifier les identités chrétiennes. En tant que chrétiens, nous sommes à la fois pécheurs et saints, et les deux comptent (1 Jean 1:8–9). Dans le culte public, un moment exaltant se produit lorsque le ministre déclare le pardon que nous avons en Jésus-Christ, imprimant sur nous l’identité de pécheurs sauvés par grâce — ceux qui sont choisis et précieux aux yeux de Dieu.
Cela conduit à une troisième distinction entre les approches catholique romaine et réformée du pardon : ce qui se passe lorsqu’un ministre annonce le pardon. Le ministre ne décrète pas quelque chose lorsqu’il fait cela, mais déclare seulement ce qui est déjà vrai selon les Écritures. En revanche, « l’absolution » (du mot latin absolvere, signifiant « libérer ») est l’acte par lequel un prêtre libère littéralement une personne de la coulpe de son péché. Mais il n’y a pas d’autorité chez les hommes pour pardonner les péchés (Marc 2:7), bien qu’il y ait une autorité pour prêcher que les péchés sont pardonnés (Actes 13:38). À ce moment critique du culte réformé, le ministre se tient à la place de Dieu — non au lieu de Dieu — et sur ses lèvres nous entendons les paroles de notre Dieu qui pardonne et qui fait miséricorde : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ-Jésus » (Rm 8:1). C’est pourquoi la déclaration de pardon dans de nombreuses Églises réformées n’inclura que la lecture d’un passage de la Bible articulant clairement le pardon et l’espérance de l’Évangile. C’est dans la Parole et la promesse de Dieu que nous trouvons notre assurance du pardon.
Ayant cela en tête, la déclaration de pardon est l’un des points culminants d’une liturgie réformée. Le péché nous abaisse, mais l’Évangile nous élève (voir Ps 32:3–5). C’est le carburant de notre espérance et la force de notre obéissance. Le culte est un moment pour rencontrer « Le Dieu de toute grâce » (1 Pierre 5:10) — le Dieu qui tend la main à des rebelles indignes et qui devient, comme le dit David, celui qui relève ma tête (Ps 3:4). Il est un Dieu « lent à la colère, riche en bienveillance et en fidélité » (Ex 34:6). Et dans le culte public, son cœur est pleinement exposé, peut-être particulièrement dans la déclaration de pardon.
Ceux qui se confient déjà en Christ sont pardonnés avant qu’un ministre ne le déclare. Rien ne change objectivement en nous, ou entre nous et Dieu, à ce moment-là. Mais bien que nous soyons déjà pardonnés, nous l’oublions souvent, ce qui conduit au doute et à la désobéissance. L’assurance du pardon est donc un rappel nécessaire de notre identité en tant que peuple de Dieu : « vous qui, autrefois, n’étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pierre 2:10).
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

