Donner avec joie

28 juillet, 2026

Donner avec joie

28 juillet, 2026

Ce que nous contemplons

Note de l’éditeur : Ceci est le deuxième chapitre de la série Expliquer les récits bibliques bien connus.

Le philosophe romain Cicéron (106-43 av. J.-C.) a dit un jour : « Si le visage est le miroir de l’âme, les yeux en sont les interprètes. » Seize cents ans plus tard, Shakespeare a exprimé une idée semblable en écrivant : « Les yeux sont la fenêtre de l’âme. » Depuis des siècles, donc, on croit que la vie intérieure d’un homme se révèle dans ses yeux. Les yeux d’une personne peuvent la « trahir », même lorsque ses paroles ne le font pas. L’idée est que l’œil laisse filtrer des informations vers l’extérieur.

L’œil, cependant, est une fenêtre à double sens. La lumière que cette fenêtre laisse sortir dépend de la lumière qu’elle laisse entrer. C’est ce que Jésus veut dire dans le sermon sur la montagne : « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera illuminé, mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres » (Mt 6.22-23). L’œil contemple ce que le cœur aime, et en retour, ce que l’œil contemple, le cœur le chérit de plus en plus. Autrement dit, nous contemplons ce que nous aimons, et nous aimons ce que nous contemplons. C’est pour cette raison que le Seigneur Jésus nous exhorte à avoir un « œil en bon état », un œil discipliné et sans partage.

Un nombre alarmant de récits dans la Bible illustrent les dangers qu’il y a à accorder trop de poids à ce que l’œil peut voir. Considérez la triste histoire de Loth, qui a commencé par une confiance mal placée dans son évaluation charnelle de la réalité. Lorsqu’Abram laissa Loth choisir quelle terre prendre, nous lisons que « Loth leva les yeux et vit toute la plaine du Jourdain qui était entièrement irriguée. » (Gn 13.10). Le territoire qui plaisait le plus aux yeux de Loth était rempli de méchanceté. Malheureusement, comme nous le voyons plus tard dans la vie de Loth, le temps passé à contempler la méchanceté de Sodome a corrompu ses propres affections et sa boussole morale (Gn 19.8, 33-38).

Il en va de même pour nous tous. Nos affections gouvernent l’œil, et l’œil influence nos affections. Le roi David l’avait compris lorsqu’il prit cette résolution : « Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux » (Ps 101.3). Job fit un vœu semblable : « J’avais fait un pacte avec mes yeux » (Jb 31.1). Malheureusement, David tomba gravement lorsque « du toit il aperçut une femme qui se baignait » (2 S 11.2), et Job se trompa lorsqu’il jugea les choses d’après tout ce que ses yeux avaient vu (Jb 13.1).

Les yeux des Israélites produisirent un mal inimaginable. En Exode 32, « Le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne » (v. 1), alors Aaron leur façonna un veau d’or qu’ils pouvaient voir. Leurs yeux convoitèrent, et leur convoitise engendra un péché odieux.

Nous serions négligents de ne pas mentionner le premier péché des yeux, lorsqu’Ève

vit que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement. Elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea. (Gn 3.6)

Les yeux d’Adam et Ève furent alors ouverts à des réalités jusqu’alors inconnues (v. 7), et malheureusement, toute convoitise des yeux depuis lors trouve son origine dans ce jardin. Mais lorsque les yeux du cœur sont illuminés (Ep 1.18), une nouvelle affection est plantée dans le cœur de l’homme. Il aime désormais celui qu’il ne peut voir (1 P 1.8), il cherche une cité qu’il n’a jamais vue (Hé 13.14), et il attend avec ardeur un héritage sur lequel il n’a jamais posé les yeux (1 Co 2.9-10 ; 1 P 1.4-5). Et pourtant, nos yeux sont encore trompeurs. Nous pouvons tous confesser avec l’apôtre Paul que lorsque nous voulons faire le bien, le mal est à notre portée (Rm 7.21).

Puisque nos cœurs sont susceptibles de se laisser entraîner par nos yeux (Jb 31.7), nous devons surveiller avec diligence ce que nous plaçons devant eux. Cela impliquera d’interdire à nos yeux de contempler des images malsaines et de les diriger vers la contemplation de « tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation » (Ph 4.8). Mais comment y parvenir ?

Juste après l’épisode du veau d’or, Moïse redescendit du mont Sinaï, cette fois sans savoir que son visage brillait d’un éclat redoutable. Le visage de Moïse brillait, supposons-nous, parce qu’il avait joui de la communion avec le Seigneur. Lorsque Moïse parlait au peuple, son visage brillait. Mais une fois qu’il avait fini de parler, il se voilait le visage (Ex 34.29-35). Paul renvoie les Corinthiens à cet épisode pour leur enseigner quelque chose sur l’importance de la contemplation. Il écrit : « Nous tous, qui le visage dévoilé, reflétons comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Co 3.18).

Cela signifie qu’en contemplant par la foi la gloire de Christ, nous sommes rendus semblables à lui. Nous sommes transfigurés par notre contemplation du Seigneur, non pas de manière visuelle et immédiate, du moins pas encore, mais par la foi. Nous ne jouirons d’une contemplation pleine et ininterrompue de la gloire de Christ que lors de la vision béatifique, lorsque nous le verrons tel qu’il est et que, par conséquent, nous serons rendus semblables à lui (1 Jn 3.2). Ce sera un jour béni que celui où nous deviendrons enfin semblables à celui que nous avons contemplé par la foi.

Cher chrétien, prenez garde à ce que vous contemplez, car vous serez transformé à son image. Ce monde offre d’innombrables images par lesquelles il cherche à vous façonner. Mais un seul regard sur Christ sera plus beau que toutes ces images réunies. En attendant ce jour, nous contemplons la gloire de Dieu sur la face de Jésus-Christ par la foi et par les moyens de grâce qu’il a institués, et ainsi, lentement mais sûrement, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire.

Car ta bienveillance est devant mes yeux,

et je marche dans ta vérité. (Ps 26.3)

Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

Aaron L. Garriott

Aaron L. Garriott

Le pasteur Aaron L. Garriott (@AaronGarriott) est rédacteur en chef du magazine Tabletalk, professeur adjoint résident au Reformation Bible College de Sanford, en Floride, et ancien enseignant de la Presbyterian Church in America.