
Répandez votre âme devant le Seigneur
16 juillet, 2026Quand on a l’impression que Dieu est contre nous
Note de l’éditeur : Ceci est le troisième chapitre de la série L’intendance.
Au début de mon ministère, un pasteur avisé m’a dit : « Il y a un cœur brisé sur chaque banc d’église. » De nombreuses années de ministère pastoral m’ont confirmé la vérité de ces paroles. Le peuple de Dieu est souvent un peuple qui souffre. C’est peut-être la raison pour laquelle vous lisez cet article : votre cœur est brisé, vous souffrez, et vous avez l’impression que Dieu est contre vous.
Il vous sera peut-être de quelque réconfort de savoir que vous n’êtes pas le premier à éprouver un tel sentiment. L’Ancien Testament regorge d’exemples de croyants qui ont traversé de grandes épreuves : Joseph, Moïse, Naomi, David, Jérémie, Daniel, Osée, Jonas, Habakuk — la liste pourrait se poursuivre. Aucun inventaire des souffrants de l’Ancien Testament ne serait complet sans Job. Dans le Nouveau Testament, Jacques écrit : « Vous avez entendu parler de la fermeté de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de compassion et de miséricorde. » (Jc 5.11).
En tant que dirigeant de l’Église de Jérusalem, Jacques n’était pas étranger aux épreuves. Il a vu de ses propres yeux la persécution qui s’est déchaînée contre l’Église (Ac 8.1), brisant des familles, séparant des êtres chers et dispersant la famille de Dieu (Jc 1.1). Jacques a écrit à son troupeau souffrant pour l’encourager à demeurer ferme au milieu de ses épreuves en lui rappelant l’exemple de Job.
En l’espace d’une ou deux minutes, Job a appris qu’il avait tout perdu : son bétail, ses serviteurs et, ce qui est le plus dévastateur, ses enfants (Jb 1.13-19). La nouvelle l’a anéanti, et pourtant, dans les profondeurs de son deuil, Job a adoré l’Éternel en disant : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni ! » (Jb 1.21). Même lorsque la santé de Job lui a été retirée et que sa femme lui a dit de maudire Dieu et de mourir, Job a continué à se tourner vers Dieu en disant : « Quoi ! nous recevrions de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! » (Jb 2.10). La souffrance de Job était si grande que ses trois amis se sont assis avec lui par terre pendant une semaine entière sans prononcer un seul mot. Job a fini par rompre le silence, maudissant le jour de sa naissance : « Périsse le jour où je suis né, et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! Ce jour ! qu’il soit donc ténèbres, que Dieu n’en ait pas souci de là-haut, et que la lumière ne brille plus sur lui » (Jb 3.3-4). Lorsque ses amis l’ont accusé de péché, Job a demandé : « Comment l’homme serait-il juste devant Dieu ? S’il voulait discuter avec lui, il ne pourrait lui donner une seule réponse sur mille. » (Jb 9.2-3). Mais même alors, il a continué à porter ses peines devant le Seigneur. Job n’a pas fui loin du Seigneur dans l’amertume. Il a couru vers le Seigneur dans la confiance.
Nous avons entendu parler de la fermeté de Job, mais nous avons besoin de plus que cela. Nous avons besoin d’un Sauveur auquel nous accrocher. Mieux encore, nous avons besoin d’un Sauveur qui s’accroche à nous. C’est là que Jacques nous conduit en nous dirigeant vers le caractère de Dieu.
Pour autant que nous le sachions, Dieu n’a pas révélé à Job le drame aux enjeux considérables qui se jouait derrière sa souffrance : comment Satan avait attaqué le caractère de Dieu, l’accusant d’acheter la dévotion de Job par la prospérité matérielle, reprochant à Dieu de ne pas être véritablement bon (Jb 1.6-12, 2.1-6). Bien que Dieu n’ait pas dévoilé ce drame à Job, il s’est fait connaître à lui en lui répondant du sein de la tempête par une avalanche de questions, commençant par : « Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des propos dénués de connaissance ? » (Jb 38.2). Par ses questions, Dieu s’est révélé comme souverain, amenant Job à se repentir sur la poussière et sur la cendre (Jb 42.1-6). Dieu s’est révélé comme bon, rendant à Job le double de tout ce qu’il avait possédé auparavant (Jb 42.10). Nous avons vu les desseins du Seigneur, combien le Seigneur est plein de compassion et de miséricorde.
La fermeté dans l’épreuve s’obtient quand nous portons notre regard sur le caractère de Dieu, « le Père compatissant et le Dieu de toute consolation, lui qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans toute sorte d’afflictions ! » (2 Co 1.3-4). Dieu envoie des épreuves dans nos vies non pas pour nous éloigner de lui dans l’amertume, mais pour nous attirer près de lui par de tendres liens d’amour. L’histoire de Job nous enseigne que Dieu est souverain et que Dieu est bon, même au cœur de notre souffrance. C’est un rappel saisissant « qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous. » (Rm 8.18).
Alors, que devez-vous faire quand vous avez l’impression que Dieu est contre vous ? Demeurez dans la Parole. Priez. Entourez-vous de chrétiens qui marcheront avec vous dans cette saison de souffrance. Par-dessus tout, allez à l’église, où Dieu, dans sa bonté et sa grâce, vous sert l’Évangile de son Fils dans la Parole et le sacrement, vous assurant de son amour pour vous. Il est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit abattu (Ps 34.19). La croix de Jésus-Christ en est la preuve. Il a été abandonné de Dieu à votre place, afin que vous ne soyez jamais abandonné (Mt 27.46 ; Hé 13.5). Au centre de l’histoire se dresse la croix de Jésus-Christ, qui témoigne que Dieu n’est pas contre vous, et vous proclame que Dieu est pour vous. Vous avez peut-être l’impression que Dieu est contre vous, mais sa Parole, qui révèle son caractère et qui culmine dans la croix de son Fils, vous dit le contraire. Peu importe ce que vous traversez, peu importe à quel point votre cœur est brisé, peu importe ce que vous ressentez, voici la parole que Dieu vous adresse : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? » (Rm 8:31–32).
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

