Le médecin céleste

3 novembre, 2026

Le médecin céleste

3 novembre, 2026

Faire confiance à Dieu

Note de l’éditeur : Ceci est le troisième chapitre de la série Les miracles

Combien de fois entendez-vous (ou prononcez-vous) des paroles comme celles-ci : « Il faudrait un miracle » ? Qu’il s’agisse du cas plutôt anodin de son équipe préférée sur le point de perdre ou de situations bien plus désespérées et dévastatrices, on invoque souvent l’intervention divine. En tant que chrétiens, nous savons que nous dépendons de la puissance de Dieu, ne serait-ce que pour notre prochain souffle. Il y a pourtant bien des circonstances dans notre vie où nous avons besoin de quelque chose d’extraordinaire. Si Dieu n’agit pas avec puissance, nous connaîtrons une forme de souffrance ou de perte.

Comme Marie et Marthe

Que se passe-t-il lorsque ce que nous demandons n’arrive pas au moment précis où nous en avons besoin ? Marie et Marthe avaient désespérément besoin que Jésus vienne guérir leur frère bien-aimé, Lazare (Jn 11.1-3). Lorsque nous pensons à ce récit bien connu, notre esprit a tendance à passer directement à la fin, quand Jésus arrive et ressuscite Lazare d’entre les morts (v. 43-44). Pourtant, avant cette résurrection extraordinaire, Marie et Marthe ont connu la déception de ne pas obtenir la guérison qu’elles désiraient au moment où elles l’avaient demandée. Lorsque Jésus arriva enfin dans leur village, Marthe alla à sa rencontre à l’extérieur de la maison et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort » (v. 21). Marie reprit ces mêmes paroles lorsqu’elle vit Jésus (v. 32). C’étaient là des reproches empreints de douleur adressés au Seigneur Jésus. Marie et Marthe croyaient qu’elles auraient pu (et peut-être dû) bénéficier d’une œuvre de guérison, mais ce moment était désormais passé. Elles étaient loin de se douter de l’œuvre plus grande encore qui allait suivre. Mais sur le moment, elles étaient en colère et avaient le cœur brisé.

Les interventions surnaturelles que nous espérons pour la vie et la santé de nos proches ne sont pas les seules qui souvent ne se produisent pas. Bien des mariages ont besoin que Dieu opère, chez l’un des conjoints ou chez les deux, l’œuvre extraordinaire d’une guérison relationnelle, pour connaître un renouveau et une vie nouvelle. Des parents chrétiens peuvent connaître la douleur d’avoir des enfants qui se sont égarés, et voir que la foi et le salut ne sont toujours pas venus, même après des années de prière. Une souffrance émotionnelle, psychique et relationnelle incessante peut aussi s’accompagner de la déception d’attendre une œuvre de Dieu qui ne vient pas. Dans ces moments-là, nous comprenons mieux les réactions de Marie et de Marthe. « Où étais-tu, mon Dieu, quand j’avais besoin de toi ? » Les chrétiens qui lisent les récits de l’Écriture savent que Dieu est parfaitement capable d’agir en réponse à une demande faite avec foi. Nous pouvons donc facilement être déçus et découragés lorsque le Seigneur semble nous opposer un non catégorique. Comment réagir lorsque nous savons que Dieu peut accomplir un miracle, mais qu’il ne le fait pas ? Comment glorifier Dieu et rester des enfants obéissants et pleins de foi lorsque le miracle ne se produit pas ?

Notre théologie compte

Pour bien réagir, il faut d’abord s’attacher fermement à une théologie juste. Si nous, chrétiens, recherchons le miracle, c’est parce que nous savons que Dieu est tout-puissant, parfaitement capable de tout faire. Mais notre foi en sa toute-puissance doit être solidement rattachée à son omniscience, c’est-à-dire au fait que Dieu connaît toutes choses. Sans nous en rendre compte, nous pouvons agir comme si nous savions tout et comme si Dieu avait oublié quelque chose lorsqu’il ne manifeste pas toute sa puissance. Rien n’est plus faux. La réalité sur laquelle nous devons nous reposer, c’est que Dieu sait exactement ce qu’il faut dans chaque situation. C’est pourquoi nous pouvons proclamer avec Paul que Dieu pourvoira à tous nos besoins selon sa richesse, avec gloire (Ph 4.19).

À cela s’ajoute une autre vérité théologique : Dieu est parfaitement bon. Un Dieu qui peut accomplir des miracles et qui sait exactement quand il en faut un ne serait pas pour nous une consolation s’il ne faisait pas toutes choses pour le bien de son peuple. Bien souvent, derrière notre colère devant un miracle qui ne vient pas se cache un doute sur la bonté de Dieu. Nous pouvons en venir à voir Dieu comme nous voyons les personnes de notre entourage qui nous ont déçus. Dans les temps de souffrance, nous devons nous attacher fermement à un Dieu qui est bon, à un Dieu qui aime ses enfants quand ils souffrent. Ces vérités fondamentales relèvent d’un thème plus large, celui de la providence sage et souveraine de Dieu, c’est-à-dire du soin, de la vigilance et du règne qu’il exerce sans cesse sur toutes choses. En tant que créatures finies, nous avons besoin d’un Dieu infini qui veille sur toute la création. Il n’est pas un Créateur qui, après son œuvre de création, aurait disparu en nous laissant le gouvernement de toutes choses. Lorsque les miracles ne se produisent pas, cela ne veut pas dire que Dieu ne pourvoit pas ou qu’il prend mal soin de nous. Il n’a peut-être pas pourvu comme nous l’espérions ou nous y attendions, mais il a bel et bien pourvu. Reconnaître qui Dieu est vraiment et nous y attacher, c’est-à-dire tenir ferme à une théologie biblique juste, réoriente notre façon de réagir aux miracles que nous désirons.

Croire ces vérités essentielles sur Dieu est exactement ce dont notre cœur a besoin lorsque le miracle attendu ne vient pas, mais il nous reste encore à composer avec nos émotions. La douleur, la tristesse et le chagrin sont bien réels, et ils ne disparaissent pas automatiquement. Que faire de ces émotions difficiles, et de la réalité à laquelle nous restons confrontés lorsque le miracle ne se produit pas ? Le Dieu souverain, qui maîtrise toutes choses, est aussi celui qui nous console dans notre chagrin :

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père compatissant et le Dieu de toute consolation, lui qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans toutes sortes d’afflictions ! » (2 Co 1.3-4)

De même que nous nous tournons vers Dieu pour lui présenter nos requêtes, nous revenons sans cesse à lui pour être consolés lorsque l’affliction demeure et que la tristesse persiste. Là encore, notre théologie a de l’importance.

Faire confiance à Dieu quoi qu’il arrive

Que vous ayez besoin d’une guérison physique, d’une relation restaurée ou d’un baume pour votre esprit et vos émotions, faites confiance à Dieu pour pourvoir, quoi qu’il arrive. Mais soyez également attentifs à une forme de guérison que le Seigneur pourrait vous apporter sans que vous vous y attendiez, ni même que vous pensiez en avoir besoin : l’œuvre extraordinaire d’un cœur transformé. Transformer un cœur est quelque chose que Dieu seul peut faire par sa puissance divine. Lui seul donne la vie à un cœur mort, rongé par le péché. Lui seul attendrit nos cœurs lorsqu’ils s’endurcissent. Lui seul détruit les idoles que nos cœurs fabriquent si souvent. Voilà l’intervention divine que nous demandons rarement, mais dont nous avons besoin en toutes circonstances. Soyez attentifs à la manière dont Dieu transforme miraculeusement les cœurs, même si le reste ne se produit pas. Dieu sait exactement ce dont nous avons besoin, et nous avons toujours besoin que notre cœur, notre intelligence et notre âme soient davantage transformés.


À l’origine, cet article a été publié dans Tabletalk.

John C. Kwasny

John C. Kwasny

Dr John C. Kwasny est directeur exécutif des ministères de la Pear Orchard Presbyterian Church à Ridgeland, dans le Mississippi, directeur exécutif de One Story Ministries et chargé de cours en relation d'aide pastorale au Reformed Theological Seminary de Jackson, dans le Mississippi. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont Suffering in 3-D: Connecting the Church to Disease, Disability, and Disorder (La souffrance en 3D : relier l'Église à la maladie, au handicap et aux troubles).