
Le Roi et le royaume
13 octobre, 2026Honorer Dieu par notre corps
Note de l’éditeur : Ceci est le premier chapitre de la série L’éthique sexuelle chrétienne.
La sexualité n’est pas un aspect secondaire de notre identité ; elle fait partie intégrante de ce que nous sommes. Pourtant, les chrétiens ont souvent eu du mal à parler de la sexualité d’une manière claire, biblique et franche. Beaucoup hésitent à parler de ce sujet avec leurs enfants ou à l’aborder dans l’Église. Mais si nous n’enseignons pas une théologie biblique de la sexualité, le monde se chargera volontiers de combler ce vide. Nous ne pouvons pas nous permettre d’agir comme si la sexualité n’était qu’une question annexe. Elle fait partie intégrante de ce que signifie être humain.
Les chrétiens devraient être les premiers à le reconnaître. Après tout, Dieu a créé l’humanité homme et femme, et il a déclaré que cela était « très bon » (Gn 1.31). Il a conçu le corps humain selon un dessein précis et, dans le jardin, Adam et Ève se tenaient l’un devant l’autre sans éprouver de honte. L’Écriture parle du corps — y compris de ses aspects les plus intimes — avec bien plus de franchise que nous ne le faisons souvent. Pensons à la circoncision, l’un des signes les plus durables de l’appartenance au peuple de l’alliance de Dieu. Le mot est si familier que beaucoup évitent de réfléchir à ce qu’il signifie : l’ablation d’une partie de l’organe reproducteur masculin. Quel genre de Dieu ordonnerait un tel signe ? Un Dieu qui n’est pas embarrassé par le corps, mais qui a conçu la sexualité elle-même comme un instrument au service des desseins de son alliance. Par l’union d’Abraham et de Sara, Dieu allait faire naître l’enfant de la promesse, et la marque sur le corps d’Abraham devait lui rappeler sans cesse que même la sexualité humaine appartient à Dieu.
Aujourd’hui, nous sommes bombardés de messages venant du monde sur la sexualité : ce qu’elle signifie, les plaisirs qu’elle procure et les libertés qu’elle est censée offrir. En cela, nous ne sommes pas si différents des premiers chrétiens, qui vivaient dans une culture où la tentation de l’immoralité sexuelle était très présente. Par conséquent, lorsque le christianisme a commencé à se répandre dans le monde méditerranéen, son éthique sexuelle était l’une de ses caractéristiques les plus frappantes. En 112 apr. J.-C., le gouverneur romain Pline rapportait à l’empereur Trajan que les chrétiens se réunissaient tôt le matin pour chanter des hymnes au Christ et « s’engager par serment, non pas à commettre des crimes, mais à s’abstenir du vol, du brigandage, de l’adultère et du manquement à la parole donnée ». Depuis les tout premiers jours de l’Église, les croyants se sont distingués par leur intégrité morale, et la recherche de la pureté sexuelle a été un trait marquant de leur foi.
Certaines choses ne changent jamais. Les chrétiens d’aujourd’hui sont appelés à vivre selon la même éthique, même dans un contexte culturel très différent. Il nous est toujours ordonné d’honorer Dieu par notre corps (1 Co 6.19), de l’offrir en sacrifice vivant (Rm 12.1) et de suivre Christ en toutes choses (Lc 9.23), y compris dans notre sexualité.
À l’origine, cet article a été publié dans Tabletalk.

