Jésus est le nouveau David

27 avril, 2026

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27 avril, 2026

Jésus était-il parfait ?

« Personne n’est parfait. » C’est une maxime moderne qui sonne vrai. Nous connaissons tous nos défauts et nos limites, et nous sommes prompts à invoquer la maxime en notre faveur.

Cependant, la Bible nous offre une exception à cette règle. Parfois, nous entendons aussi celle-ci : « Il n’y a eu qu’un seul homme parfait. » Cet homme est Jésus-Christ.

En effet, il est correct de dire que Jésus est le seul homme parfait qui n’ait jamais vécu. Mais où et comment la Bible enseigne-t-elle cela ? Il est intéressant de noter que certains textes disent aussi que Jésus est devenu parfait. Considérons donc la perfection de Jésus.

Le Fils divin de Dieu

Avant de parler spécifiquement de la vie humaine parfaite de Jésus, nous devons reconnaître qu’il est une personne divine et éternelle. En d’autres termes, il est le Fils éternel de Dieu (Jean 1:1). Il existe éternellement dans toute la perfection qui constitue le caractère de Dieu. Il est « infini, éternel et immuable, dans son être, sa sagesse, sa puissance, sa sainteté, sa justice, sa bonté et sa vérité » (Petit catéchisme de Westminster, Q. 4).

Autrement dit, Jésus est parfait en vertu de sa filiation divine. Il est entièrement exempt de péché.

L’humanité parfaite de Jésus

Contrairement à sa filiation divine, lorsque nous parlons de la vie parfaite de Jésus, nous parlons de lui selon son humanité dans l’incarnation, c’est-à-dire la perfection de sa nature humaine. Cela peut être vu sous différents angles.

Premièrement, Jésus n’était pas inclus dans le péché d’Adam. C’est l’implication d’un texte comme Romains 5:12–21. « Tous ont péché » en Adam (Rm 5:12), mais Jésus fournit le contraste. Un seul péché a conduit à la condamnation de tous ceux qui sont en Adam, tandis qu’un seul acte de justice conduit à la justification de tous ceux qui sont en Christ (Rm 5:18–19).

Si tous ont péché par Adam, et que pourtant Christ apporte la justice et la vie, alors Jésus n’était pas dans le « tous », à savoir ceux qui ont péché en Adam. La justice qu’il accorde découle de sa position unique en tant que chef d’alliance et représentant pleinement juste. Cela est cohérent avec le message de l’ange Gabriel à Marie selon lequel l’enfant qu’elle porterait serait saint, le Fils de Dieu (Luc 1:35).

Tout cela signifie que Jésus n’avait pas de nature déchue inclinée vers le péché. Jésus a une nature humaine non déchue et sans péché. Il est parfaitement juste.

Deuxièmement, Jésus a vécu une vie humaine d’obéissance parfaite. Cela aussi doit être relié à Adam. Le manque d’obéissance d’Adam a conduit à la condamnation, mais le Nouveau Testament présente Jésus comme le second et dernier Adam, un représentant dont l’obéissance annule la désobéissance du premier Adam.

En plus de Romains 5:12–21, le récit de la tentation de Marc présente Jésus comme le nouvel Adam, le représentant qui obéit face à la tentation. Cela peut être la raison pour laquelle les animaux sauvages sont mentionnés, évoquant le jardin d’Éden (Marc 1:12–13).

De même, après que Jésus est baptisé en Luc 3:21–22, l’évangile de Luc inclut une généalogie retraçant Jésus jusqu’à Adam (Luc 3:23–38). Après cela, Jésus obéit dans le désert (Luc 4:1–13). Cela relie à nouveau l’obéissance de Jésus à son identité en tant que nouvel Adam.

Paul aborde également ce sujet en 1 Corinthiens 15. Jésus est le dernier Adam par qui vient la résurrection des morts (1 Co 15:21–22, 45). La résurrection de Jésus était la justification de sa mort injuste. Parce qu’il était sans péché, c’était une injustice que Jésus soit tué comme un criminel, et sa résurrection à une nouvelle vie démontre son obéissance parfaite (voir 1 Tm 3:16). La résurrection de Jésus manifeste l’obéissance de toute sa vie (voir Hébreux 2:14–18).

Troisièmement, lorsque l’épître aux Hébreux parle de Jésus étant rendu parfait (Hé 2:10, 5:9, 7:28), nous devons comprendre cela dans le contexte de l’histoire du salut, et non pas en ce qui concerne son caractère essentiel. Il n’y a pas de péché en Jésus comme Fils éternel de Dieu. De plus, Jésus n’a jamais péché dans sa vie terrestre. Le fait qu’il soit rendu parfait nous parle donc de son rôle réussi, à savoir comme sacrificateur final et parfait, celui qui nous accorde un accès plus grand à Dieu que les sacrificateurs antérieurs (voir Hé 5:7–10, 6:19–20, 9:11–14, 10:5–14).

Jésus a pu présenter le sacrifice final parce qu’il est le Fils éternel de Dieu qui vit pour toujours selon la puissance d’une vie indestructible (Hé 7:15–28). La résurrection de Jésus et l’accès qu’il accorde à Dieu supposent la perfection du sacrifice qu’il a offert de soi, et donc la perfection de sa vie terrestre.

Conclusion

Puisqu’aucun de nous n’est parfait, c’est en effet une bonne nouvelle que Jésus le soit. Jésus est le second et dernier Adam dont l’obéissance parfaite fournit le fondement de notre justification, de laquelle nous bénéficions par la foi. La vie éternelle se trouve en lui (Jean 1:4, 20:31). Il n’est pas un simple homme ; il est le Fils éternel de Dieu. Pourtant, il est véritablement homme, le Dieu-homme qui a fait pour nous ce que nous ne pouvons pas faire pour nous-mêmes.

En tant que sacrificateur parfait, Jésus est le seul Médiateur qui offre la perfection de l’accès à Dieu (Hé 10:14). Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, en vue d’un secours opportun (Hé 4:14–16).

Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

Brandon D. Crowe

Brandon D. Crowe

Dr Brandon D. Crowe est professeur associé de Nouveau Testament au Westminster Theological Seminary à Philadelphie. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont "The Last Adam" et "The Message of the General Epistles in the History of Redemption".