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Quelle est votre aptitude à la discipline personnelle ? Il est probable que vous lisiez cet article sur un téléphone, et les téléphones peuvent faire obstacle à la discipline personnelle plus que toute autre chose dans notre société. Les experts nous disent que le défilement incessant nous transforme en accros à la dopamine, alimentant des habitudes qui entraînent l’oisiveté et la procrastination.
Mais il suffit d’un peu de réflexion pour dire que nous ne pouvons pas blâmer nos téléphones, ni aucun autre objet physique dans le monde, pour notre manque de discipline personnelle. La faute nous incombe entièrement ; la clé se trouve dans le terme discipline personnelle, n’est-ce pas ?
Le terme discipline personnelle n’apparaît pas dans les versions modernes de la Bible en français, mais un terme très proche, maîtrise de soi, y figure certainement. La maîtrise de soi, à savoir régner sur soi-même, est une pieuse caractéristique ; en effet, c’est une caractéristique semblable à celle de Dieu. Lorsque Dieu entreprit de créer les cieux et la terre, il travailla selon un but précis et dans un délai déterminé (Gn 1). Il n’accomplissait pas son travail de manière désordonnée, incertain de ce qu’il pourrait faire d’un jour à l’autre, improvisant au fur et à mesure. Et maintenant, il continue d’œuvrer en ce même sens (Jean 5:17).
Dieu est un Dieu d’ordre, non de désordre (1 Co 14:33). La spontanéité est souvent très valorisée dans notre culture, et il y a certainement une place pour celle-ci, mais elle peut facilement dégénérer en impulsivité irréfléchie, ce qui est l’extrême opposé de la maîtrise de soi. Ainsi, lorsque vous ou moi exerçons la maîtrise de soi, nous imitons notre Créateur. En fait, bien que cela puisse sembler paradoxal, nous pouvons dire que la personne qui se maîtrise le mieux est la personne la mieux maîtrisée par Dieu.
Il y a trois passages dans le Nouveau Testament qui soulignent particulièrement l’importance de la maîtrise de soi.
1. 1 Corinthiens 9:24–27
Le premier est 1 Corinthiens 9:24–27. Ici, Paul compare la vie chrétienne à un marathon et à un combat de boxe. Il décrit la maîtrise de soi que tous les athlètes doivent exercer lorsqu’ils courent. Puisque beaucoup d’entre nous vivent dans une société obsédée par le sport, nous comprenons que les meilleurs athlètes doivent suivre des régimes stricts, alimentaire, d’exercice, d’entraînement et de sommeil, non seulement le jour où ils courent, mais chaque jour.
Paul applique cela à toute la vie chrétienne : « je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur, après avoir prêché aux autres, d’être moi-même disqualifié » (1 Co 9:27). Un athlète courant un marathon n’est pas dépourvu de but ou de motivation. Mais le chrétien non plus. La discipline personnelle de la vie commence lorsque nous nous posons des questions comme : Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ? Quels sont mes objectifs, et comment devrais-je viser à les atteindre ? La toute première réponse du Petit catéchisme de Westminster va droit au but en nous rappelant que « la principale fin de l’homme est de glorifier Dieu et de jouir de lui éternellement. » Tout dans ma vie doit être subordonné au plus grand des objectifs.
2. Galates 5:22–23
Le deuxième passage est Galates 5:22–23, où Paul énumère le fruit de l’Esprit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. » Remarquez que cette liste, la liste du fruit, vient immédiatement après une autre liste, la liste des « œuvres de la chair » (Gal. 5:19–21), et par leur nature même, ces « œuvres de la chair » sont des désirs et des convoitises sauvages et incontrôlées. Les appétits humains normaux et naturels sont devenus incontrôlables ; ils sont comme une rivière débordant de ses rives, entraînant des dommages et des destructions généralisés.
Remarquez également que le fruit de l’Esprit est borné par l' »amour » et la « maîtrise de soi ». Nous savons que dans le Nouveau Testament, l’amour est souvent considéré comme la vertu suprême — « la plus grande, c’est l’amour » (1 Co 13:13) —mais même l’amour doit être dirigé et canalisé. La maîtrise de soi, ou la discipline personnelle, reconnaît l’existence des appétits humains quant à la nourriture, la boisson, le repos, le sexe, le plaisir, les récréations, et tout le reste, mais elle conçoit soigneusement des canaux pour les contenir afin qu’ils ne débordent pas, et qu’ils ne se transforment pas en passions et désirs incontrôlés. Ce n’est pas un hasard si, alors que Paul écrit à Tite, qui exerce son ministère en Crète — une île réputée pour son indiscipline — il mentionne à plusieurs reprises la nécessité d’être « sobres » en s’adressant à divers groupes de cette société : « les vieillards », « les jeunes femmes », « les jeunes gens », en fait tous les gens (Tite 2:1–12).
3. 2 Timothée 1:7
Enfin, considérez 2 Timothée 1:7 : « Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais (un esprit) de force, d’amour et de sagesse [ou maîtrise de soi]. » Je pense que c’est un mot opportun pour les chrétiens fidèles vivant au vingt et unième siècle. La culture environnante est devenue de plus en plus hostile, en colère et intolérante, de sorte que les croyants peuvent facilement se sentir intimidés par l’opposition et l’oppression. Il semble clair d’après le Nouveau Testament que Timothée était un personnage quelque peu réservé et timide qui avait besoin d’être encouragé afin de continuer à prêcher « en toute occasion, favorable ou non » (2 Tm 4:2).
Il y a une application que nous pouvons tirer de ce passage, peut-être un peu surprenante, mais qui est précieuse. La maîtrise de soi, ou la discipline personnelle, est l’antidote à la peur et à l’anxiété qui peuvent si facilement nous tourmenter. Parce que le véritable secret de la discipline personnelle est la présence et la puissance de Dieu avec nous, son peuple, c’est vraiment la discipline de Dieu — la Parole de Dieu et l’Esprit de Dieu dirigeant et contrôlant tout ce que je fais et dis comme enfant de Dieu, qui a été uni à Jésus-Christ, moi qui partage la pensée même de Christ (Ph 2:5).
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

