
Qu’étaient les Quatre-vingt-quinze thèses ?
9 juin, 2026Pratiquer l’Évangile dans les saisons de difficultés
L’expression « moyens de grâce » se réfère à ces aides ou moyens que Dieu donne à son peuple afin de les fortifier dans leur pèlerinage en ce monde. Il y a quelque chose de très précieux dans le fait que Dieu connaît notre faiblesse et daigne, dans sa grande miséricorde, nous fournir un ensemble de « béquilles » spirituelles pour nous aider sur notre chemin.
Comme un père a compassion de ses fils,
L’Éternel a compassion de ceux qui le craignent.
Car il sait de quoi nous sommes formés,
Il se souvient que nous sommes poussière. (Ps 103:13–14)
Les Églises réformées ont particulièrement mis l’accent sur trois moyens de grâce : la prière, la Parole de Dieu et les sacrements. La prière est le canal donné par Dieu par lequel nous communiquons notre besoin et notre dépendance à Dieu, par la foi en Jésus-Christ, en espérant qu’il pourvoira à tous nos besoins « selon sa richesse, avec gloire, en Christ-Jésus » (Ph 4:19). La prière trouve son fondement dans la Parole, tant dans la lecture que dans l’écoute des Écritures, mais surtout dans la prédication fidèle, alors que Christ se communique à nous par le ministère de ceux qui sont envoyés pour annoncer le message du salut (Rm 10:14–17). La Parole est ensuite confirmée dans nos cœurs par les sacrements du baptême et de la cène du Seigneur, qui appliquent continuellement les promesses de la Parole à nos cœurs et nous assurent, alors que l’Esprit agit personnellement en nous et collectivement dans l’Église, que Dieu est avec nous. Il ne nous abandonnera jamais ni ne nous délaissera, car nous sommes ses enfants qui ne peuvent jamais être arrachés de sa main toute-puissante (Hé 13:5–6 ; Jean 10:28–29).
Comment les moyens de grâce nous aident-ils à espérer en Christ ?
Dieu nous donne les moyens de grâce parce que nous en avons besoin. Le culte de l’ancienne alliance était une approche de Dieu plus visible et physique, comprenant ce que l’apôtre Paul appelle de « faibles et pauvres principes élémentaires » (Ga 4:9). Le système du tabernacle offrait au peuple de Dieu des types et des ombres terrestres qui leur permettaient d’entrevoir vaguement les réalités célestes devant être accomplies dans l’incarnation, la vie sans péché, la mort expiatoire et la résurrection glorieuse de Jésus-Christ.
Dans la nouvelle alliance, nous avons maintenant le Christ, la substance de tout ce qui avait été promis au peuple de Dieu alors qu’il était encore sous la tutelle de la loi (Ga 3:24–25). Maintenant que le Christ est venu et a commencé son règne de médiateur en tant que Prophète, Prêtre et Roi à la droite de Dieu, nous n’avons plus besoin d’une forme de culte si liée à l’ancienne création, qui est en train de disparaître. Notre culte nous élève vers le Christ au ciel, qui nous prépare à la nouvelle création, dans laquelle nous entrerons lorsque notre Seigneur reviendra dans la gloire (Col 3:1–4). Mais alors que nous attendons ce grand jour, nous l’attendons comme ceux qui n’ont pas encore obtenu ces choses (Ph 3:12–16). Nous restons des créatures qui soupirent dans un monde qui soupire, même si nous attendons avec impatience la plénitude de ce qui nous a été promis, à savoir la rédemption de nos corps (Rm 8:18–23). Pourtant, alors que nous soupirons et attendons, nous avons la promesse que Dieu nous donnera son Esprit pour nous aider dans notre faiblesse (Rm 8:26).
Nous sommes faibles parce que nous sommes humains. Même Jésus, l’homme parfait, dépendait de son Père et avait besoin des moyens de grâce. Jésus s’appuyait sur l’Esprit dans son usage sans péché des moyens de grâce, et Dieu a renforcé et soutenu son Fils dans son œuvre de sécurisation de notre rédemption. Jésus est maintenant notre Souverain Sacrificateur compatissant, vers qui nous pouvons nous approcher avec confiance afin de trouver de l’aide quand nous sommes dans le besoin (Hé 4:15-16). Il a partagé notre faiblesse humaine physique et notre dépendance envers Dieu sans être un participant de la faiblesse morale du péché. Dieu a promis son Esprit pour nous aider dans notre faiblesse aussi (Rm 8:26). Il nous a donné tout ce dont nous avons besoin pour vivre pour lui et sa gloire dans ce monde.
Les moyens de grâce sont donc la manière que Dieu a de nous fournir l’aide dont nous avons besoin pour courir la course de la foi. Non seulement nous en avons besoin parce que nous sommes humains, mais nous en avons besoin parce que nous sommes pécheurs. Nous en avons besoin parce que nous vivons dans un monde qui soupire encore sous les effets de la chute d’Adam, et parce que nous sommes tentés d’oublier Dieu et d’abandonner Christ. Dieu nous connaît, et sa connaissance de nous est une connaissance aimante, une connaissance paternelle. Il nous connaît si bien et nous aime tellement qu’il nous fournit les moyens de nous souvenir de lui dans notre faiblesse, et de revenir à lui lorsque nous tombons à plusieurs reprises dans les fosses les plus profondes de la misère et du péché. Si vous êtes comme moi, vous savez ce que c’est que d’être « enclin à errer — enclin à abandonner le Dieu que j’aime ».
Dans les saisons de difficulté, de tentation, de perte, et de chagrin, comment vous accrochez-vous à un Dieu que vous ne pouvez pas voir ? En vous rassurant, par la prière, par la lecture et l’écoute de la Parole, et par les sacrements, que Dieu est toujours votre Dieu, que le Christ intercède toujours pour vous au ciel, et que l’Esprit est toujours à l’œuvre dans votre cœur. Par conséquent, réjouissez-vous, même dans vos souffrances, car à travers elles toutes, votre Père céleste produit en vous une espérance qui ne peut être trompée (Rm 5:3–5).
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

