L’ombre du Christ dans le livre de Job

22 octobre, 2026

L’ombre du Christ dans le livre de Job

22 octobre, 2026

Ne dresser aucun obstacle

Note de l’éditeur : Ceci est le troisième chapitre de la série L’éthique sexuelle chrétienne.

La bonne nouvelle de Jésus-Christ choque. Beaucoup de ceux qui ont entendu Christ ont trouvé son enseignement dur et ont cessé de le suivre (Jn 6.60-66). D’autres, découragés et attristés par son message, se sont détournés de lui (Mc 10.22). De même, partout où il est passé ou presque, l’apôtre Paul a suscité confusion et hostilité par sa prédication claire de l’Évangile. Depuis lors, dans toutes les cultures, les chrétiens qui proclament les gloires de Christ se heurtent à une vive opposition.

Paul et l’Église primitive connaissaient bien cette réalité. Pourtant, ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour que l’Évangile soit entendu clairement. Loin de se résigner au fait que beaucoup rejetteraient Christ, ils mettaient tout en œuvre pour écarter ce qui pouvait empêcher de l’écouter et de l’accueillir. C’est pourquoi Paul affirme en 2 Corinthiens 6.3-4 : « Nous ne donnons aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que [notre] service ne soit pas un objet de blâme. Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu. »

Si nous voulons aujourd’hui atteindre fidèlement notre monde par l’Évangile, nous devons le proclamer avec hardiesse et sans compromis. Mais il nous faut en même temps écarter délibérément tous les obstacles humains qui empêcheraient les pécheurs d’entendre le Christ que nous annonçons, de croire en lui et de le suivre.

Renoncer à nos droits

Pour lever les entraves à l’Évangile, nous devons d’abord renoncer à nos propres droits. Dans sa première lettre, Paul dit à l’Église de Corinthe : « nous supportons tout, afin de ne pas créer d’obstacle à l’Évangile de Christ » (1 Co 9.12). Dans ce passage, il évoque le droit des serviteurs de l’Évangile à être soutenus financièrement dans leur ministère. Après avoir posé le principe biblique qui fonde ce droit, il rappelle à ses lecteurs qu’il y a lui-même renoncé. Pourquoi ? Pour ne mettre aucun obstacle à l’Évangile.

Et ce principe se trouve au cœur même de l’Évangile. Christ a mis de côté ses propres droits de Fils éternel de Dieu, en devenant péché pour nous et en mourant sur la croix. Il s’est sacrifié pour le bien des autres. Paul met ce principe en pratique en 1 Corinthiens 9 et l’enseigne en 2 Corinthiens 6. Nous devons être prêts à renoncer à ce qui nous revient de droit, afin que rien (et pas même nous), ne fasse obstacle à l’Évangile. C’est tout simplement un appel à vivre en accord avec Christ et avec l’Évangile que nous croyons et que nous proposons aux autres.

Ce qu’il y a de glorieux, c’est qu’en renonçant à nos propres droits, nous devenons plus semblables à notre Sauveur. En agissant ainsi, nous vivons en cohérence avec la bonne nouvelle que nous aimons et que nous proclamons. Lorsque notre société entendra le message de l’Évangile, qui parle d’un Christ qui a tout abandonné pour son peuple, et qu’elle verra ce même message vécu dans nos vies, elle n’aura plus aucune excuse pour ne pas le suivre.

Écarter tous les obstacles

En plus de renoncer à nos droits, nous devons écarter tous les obstacles possibles. La première lettre de Paul aux Corinthiens en met plusieurs en lumière. Les divisions (1 Co 1 ; 3), l’immoralité sexuelle (ch. 5 ; 6), les procès entre croyants (ch. 6) et l’erreur doctrinale (ch. 15) ternissent la réputation des chrétiens dans le monde et sapent l’efficacité de l’Évangile. S’y ajoutent le refus de supporter les frères « faibles » (ch. 8) et l’idolâtrie (ch. 10). Tout cela fait obstacle à l’accueil de l’Évangile chez les non-croyants. Tous les chrétiens et toutes les Églises devraient veiller avec le plus grand soin à ce qu’aucune de ces choses n’ait de place dans leur vie.

Un obstacle peut aussi tenir à ce qui fait défaut. Une Église peut être doctrinalement pure et moralement droite, et pourtant manquer d’amour (ch. 13). C’est là une sérieuse entrave à l’Évangile. C’est pourquoi nous devons nous appliquer à annoncer et à vivre l’Évangile de façon chaleureuse et attrayante. Cela implique de s’intéresser réellement à la vie des autres. Une amitié sincère fait honneur à l’Évangile d’une manière puissante et peut, à elle seule, écarter bien des obstacles. Offrir une oreille attentive, répondre patiemment aux questions et apporter son aide dans les moments difficiles : voilà qui aplanira le chemin pour que l’Évangile soit entendu et cru. Proclamer l’Évangile dans un climat dépourvu d’amour, c’est dresser une barrière qui détournera beaucoup de gens de Christ.

Faire valoir l’Évangile

Mais il ne suffit pas d’écarter les obstacles, puisque nous devons aussi faire valoir l’Évangile. Nous devons être, en paroles comme en actes, une publicité vivante pour Jésus-Christ. Dans les versets qui suivent 2 Corinthiens 6.3-4, Paul énumère plusieurs moyens par lesquels ses compagnons et lui ont donné du crédit à l’Évangile. Tous sont contre-intuitifs. Pauvres, ils enrichissaient les autres ; morts, ils offraient la vie. Cela montre bien le prix du ministère de l’Évangile. Être prêt à payer le prix d’une vie soumise à la seigneurie de Christ, c’est déjà une manière de rendre témoignage à l’Évangile auprès des autres. Dans un monde où le « moi » est devenu une idole, les chrétiens qui acceptent de perdre des choses pour que d’autres gagnent Christ offrent un témoignage saisissant de la beauté du message de l’Évangile.

Paul souligne aussi la persévérance que cela exige. Face à la détresse, à la prison et à bien d’autres épreuves encore, il cherchait à demeurer fidèle à Christ (v. 4-10). Quelle que soit la situation dans laquelle il se trouvait, il y voyait une occasion de faire connaître Jésus-Christ. Cette fidélité tenace envers son Seigneur et Sauveur rendait témoignage à l’Évangile et était un moyen supplémentaire de s’assurer qu’aucun obstacle n’en empêche la réception.

Et cela est plus nécessaire que jamais dans le monde d’aujourd’hui. Ce que nous prêchons compte, mais la manière dont nous le prêchons et le vivons compte tout autant. Nous avons besoin d’une Église fidèle et courageuse dans la prédication de la vérité biblique. Nous avons aussi besoin de chrétiens qui, par l’intégrité de leur vie, rendent patiemment témoignage à Christ. Puissions-nous, comme Paul, demeurer fidèles à l’Évangile sans jamais mettre d’obstacle sur son chemin.


À l’origine, cet article a été publié dans Tabletalk.

Andy Young

Andy Young

Rév. Andy Young est pasteur de l'Oxford Evangelical Presbyterian Church, en Angleterre.