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Nous y avons tous pensé. Que se passe-t-il au moment de notre dernier souffle, quand notre cœur cesse de battre, et que notre âme quitte notre corps désormais mort ? À vrai dire, la plupart d’entre nous craignent de mourir, même si nous ne craignons pas la mort. Mourir est souvent une lutte douloureuse. La mort survient souvent dans un environnement stérile et clinique, et elle est généralement un processus désagréable. Cependant, en se confiant en la promesse que la mort signifie l’entrée dans la vie éternelle en présence du Seigneur, ainsi qu’en ayant foi dans la puissance de Christ de ressusciter les morts, les chrétiens n’ont pas à craindre l’issue de la mort, même si nous éprouvons de l’appréhension face au processus qui y conduit.
Les histoires et légendes sur la mort et le décès abondent. C’est le cas, en partie, parce que les Écritures ne décrivent pas le processus de la mort, bien qu’elles parlent de plusieurs individus qui sont morts puis ressuscités par Jésus. Lazare nous vient à l’esprit (Jean 11) parmi d’autres (par exemple, le fils de la veuve de Naïn en Luc 7:11–17). Mais nous ne possédons aucun récit de première main (y compris de Lazare) sur ce que ces personnes ont vécu lorsqu’elles sont mortes. Nous ne pouvons que nous demander ce que Lazare pensait lorsqu’il est mort une seconde fois, cette fois pour entrer dans la vie éternelle. Par contre, nous savons à quoi ressembleront nos corps ressuscités, puisque Paul nous donne une description remarquable de la transformation complète qui a lieu lorsque Christ revient et que nous sommes ressuscités impérissables (1 Co 15:35–49). Mais il n’y a pas beaucoup de données bibliques sur l’état intermédiaire — cette période où les âmes des croyants qui sont morts attendent la résurrection de leurs corps et le renversement final et complet de la malédiction (la mort).
Il est également vrai que la nature même de la question (Qu’en est-il de notre âme quand nous mourons ?) se prête à la spéculation. Je me souviens de ma sainte grand-mère (fille de pasteur) racontant des veillées au chevet de membres d’Église mourants. Elle décrivait comment, avant de rendre leur dernier souffle, une personne mourante ouvrait souvent les yeux, regardait vers le ciel, exprimait une sorte de joie et d’attente, puis se rendait à l’inévitable. Elle croyait que ces saints avaient un bref aperçu de ce (ou de qui) les attendait. Cela se peut, mais il est tout aussi probable que les réactions biochimiques dans le cerveau d’un corps en train de s’éteindre produisent toutes sortes d’activités sensorielles. De tels récits, bien que sincères, sont anecdotiques et ne fournissent aucune base sur laquelle construire une doctrine.
Nous avons tous entendu des histoires sur ceux qui seraient morts puis revenus de l’au-delà. Ces histoires sont fascinantes, ce qui explique l’existence de l’industrie artisanale de livres écrits sur les expériences de mort imminente qui racontent les visites personnelles de l’auteur au paradis, avant de revenir pour écrire un livre sur leur expérience. Ces livres révèlent généralement des rencontres avec les êtres chers disparus, incluent souvent des descriptions du paradis (généralement des scènes terrestres exagérées), des récits de rencontres avec Jésus, de conversations avec Dieu, et des descriptions de choses célestes.
Mais tous ces récits probablement fallacieux sont en contradiction avec ce que nous savons que la Bible dit au sujet de l’entrée dans la présence de Dieu. Ésaïe 6:1–7 nous vient à l’esprit. Ésaïe est accablé par son indignité lorsqu’il reçoit une vision de l’Éternel. Les récits bibliques de rencontres avec Dieu — comme l’aperçu de la gloire de l’Éternel par Moïse (Ex 33:18–23) ou l’apparition de Jésus à deux de ses disciples sur le chemin d’Emmaüs (Luc 24:37) — provoquent la peur, sinon la terreur, d’être en présence du Dieu Saint. Les récits bibliques ne correspondent pas à la nature décontractée, voire triviale, du genre littéraire « J’ai vu le ciel » ou « J’ai marché avec Jésus ». Puisque la Bible ne décrit pas le processus ou les réflexions des mourants, beaucoup ont cherché à combler le vide avec des histoires fabriquées. Malheureusement, ils ont eu beaucoup de succès. Beaucoup de gens acceptent ces légendes comme vérité.
Heureusement, la Bible nous donne deux points de référence concernant l’état intermédiaire qui nous aident à nous préparer à la mort. Premièrement, dans plusieurs passages bien connus, Paul aborde spécifiquement la question de ce qui arrive aux croyants entre le moment de leur mort et le retour du Christ. Selon 2 Corinthiens 5:8, Paul enseigne qu’au moment de la mort d’un croyant, nous entrons immédiatement dans la présence du Seigneur. L’apôtre écrit : « nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur. » Paul a également exprimé son désir de s’en aller et « d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur » (Ph 1:23). Quand nous mourons, nous sommes immédiatement « avec Christ » et entrons dans la présence de Dieu. C’est généralement ce que nous entendons par « ciel ».
Deuxièmement, la scène céleste décrite par Jean en Apocalypse 4–6 nous donne un aperçu de cette réalité auparavant invisible que nous expérimenterons à notre mort. Nous qui avons mis notre confiance en Christ seul rejoindrons les saints rachetés devant le trône céleste en présence de Dieu. Nous sommes conscients, conscients de là où nous nous trouvons, et louons joyeusement Dieu. Pour le dire simplement, cette scène céleste est l’image la plus claire que nous ayons de ce qui arrive à notre âme quand nous mourons. Dans ces trois chapitres, Jean donne une image glorieuse du ciel, où Dieu habite parmi son peuple jusqu’à la résurrection de nos corps à la fin des temps. C’est cela le ciel : les rachetés demeurant dans la présence du Dieu Saint, attribuant toute louange et gloire à notre Créateur et Rédempteur.
Bien que la scène soit merveilleuse et à bien des égards au-delà de notre compréhension, il convient de noter que les saints au ciel crient : « Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? » (Ap 6:10). Ceux qui sont déjà en présence de Dieu devant son trône — qui sont morts avant nous et vivent maintenant l’état intermédiaire, le temps entre la mort et le retour du Seigneur —aspirent à ce jour où Jésus-Christ reviendra sur terre le jour de la résurrection et du jugement.
Alors, qu’en est-t-il des âmes des croyants quand nous mourons ? Nous entrons immédiatement dans la présence glorieuse du Seigneur, où nous attendons la résurrection de nos corps à la fin des temps.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

