
Les voies d’un père en des temps difficiles
25 mai, 2026Qu’est-ce que la repentance ?
Marc 1:14-15 rapporte les premiers mots que Jésus a prononcés dans son ministère de prédicateur public : « Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » Puisque la première annonce de l’Évangile par Jésus incluait l’appel à la repentance pour le péché, nous pouvons conclure que la repentance constitue un élément essentiel de la formation de disciple chrétienne. Pour suivre fidèlement Jésus, nous devons être capables de répondre à cette question : Qu’est-ce que la repentance ?
La repentance qui mène à la vie
La Confession de foi de Westminster et les catéchismes résument utilement l’enseignement biblique sur de nombreux sujets, y compris la « repentance qui mène à la vie », que d’autres théologiens appellent parfois la « repentance évangélique ». Les deux expressions différencient la vraie repentance salvatrice de la tristesse mondaine qui n’est pas une vraie repentance. Paul parle d’une pieuse tristesse qui mène au salut sans regret, et il nous met en garde contre la tristesse mondaine qui ne produit que la mort (2 Co 7:10–11). En essence, il distingue la tristesse quant à la façon dont notre péché a offensé Dieu, et blessé les autres, de notre tristesse pour les conséquences du péché. La repentance non salvatrice est une tristesse simplement à cause de la façon dont nos péchés nous ont blessés, ou une tristesse d’avoir été pris en faute. C’est le genre de tristesse qu’un enfant exprime lorsque sa main est prise dans le pot de biscuits, et non lorsqu’il avoue avoir enfreint les règles de ses parents. C’est le genre de tristesse qu’Ésaü a manifesté lorsqu’il a abandonné son droit d’aînesse et sa bénédiction — une tristesse non pas parce qu’il a renoncé à la bonté de Dieu pour un bol de ragoût, mais une tristesse d’avoir perdu le meilleur héritage (Gn 25:29–34, 27:1–41 ; Hé 12:16).
Les composantes de la vraie repentance
Contrairement à la repentance mondaine et non salvatrice, la repentance qui mène à la vie se détourne du péché afin que nous puissions retourner à Dieu par Christ. La Confession de foi de Westminster 15.2 nous aide à définir les composantes de la vraie repentance salvatrice. Elle déclare que :
Par elle, un pécheur, du fait de la vue et du sens non seulement du danger, mais aussi du caractère dégoûtant et odieux de ses péchés, comme contraires à la sainte nature et à la juste loi de Dieu, et sur la base de son appréhension de sa miséricorde en Christ envers ceux qui sont pénitents, est si affligé de ses péchés et les hait tellement qu’il se détourne d’eux tous pour se tourner vers Dieu, résolu, et s’efforçant constamment de marcher avec lui dans toutes les voies de ses commandements.
Tout d’abord, la repentance qui mène à la vie reconnaît non seulement que le péché est dangereux pour nous, mais qu’il est également dégoûtant et répugnant parce que toutes les transgressions sont des violations de la juste loi de Dieu et une offense à son caractère parfaitement saint. Nous voyons cela reflété dans le Psaume 51:4, où David confesse que son péché dans l’affaire de Bath-Chéba et Urie était un péché contre Dieu seul. C’est une hyperbole poétique. Faire assassiner Urie était évidemment un péché à la fois contre Dieu et contre Urie. David veut dire que ses transgressions sont avant tout des péchés contre Dieu. Parce que le Seigneur est le Créateur saint et le Législateur, et que nous sommes faits à son image, chaque péché est un péché contre Dieu avant d’être un péché contre quiconque d’autre. Les péchés contre les autres sont des péchés contre l’image de Dieu, donc, par extension, ce sont des tentatives de blesser Dieu. Tous les péchés sont une « trahison cosmique », comme R.C. Sproul le disait fréquemment. Ce sont des tentatives de remplacer Dieu et ses commandements par nous-mêmes et nos propres normes.
La repentance qui mène à la vie reconnaît non seulement que nos péchés sont principalement contre Dieu, mais elle appréhende aussi la miséricorde de Dieu en Christ envers le pénitent, de sorte que le pécheur est motivé à se tourner vers le Seigneur, à confesser le péché et à demander pardon (CFW 15.2). Nous voyons cela aussi dans le psaume 51, où David confesse son péché et demande la miséricorde de Dieu. Considérons également la différence entre Judas Iscariot et l’apôtre Pierre. Les deux hommes ont péché gravement ; Judas a livré Jésus aux autorités et Pierre a nié être disciple de Jésus (Mt 26:14–16, 69–74). Les deux hommes ont exprimé de la tristesse pour leur péché (Mt 26:75, 27:3–4). Pourtant, la tristesse de Judas pour son péché l’a conduit au suicide, tandis que celle de Pierre l’a conduit à la restauration dans le ministère (Mt 27:5–10 ; Jean 21:15–19). Pourquoi cette différence ? Malgré son péché, Pierre a continué de venir à Jésus, d’abord pour voir le tombeau vide, puis pour dîner avec lui sur le rivage (Jean 20:1–10, 21:1–14). Pierre a couru vers Jésus, sachant qu’il est miséricordieux envers le pénitent ; Judas a fui Jésus vers la mort de sa propre main, n’ayant pas cru à la miséricorde du Sauveur.
Enfin, dans la repentance qui mène à la vie, un pécheur éprouve de la tristesse pour ses péchés et les déteste tellement qu’il s’en détourne avec une nouvelle résolution d’obéir à Dieu, et un effort correspondant afin de mettre cette résolution en pratique (CFW 15.2). La repentance, en d’autres termes, ne signifie pas simplement dire que l’on est désolé pour le péché et ensuite ne faire aucun effort pour changer sa vie. Nous devons rejeter les œuvres des ténèbres et revêtir le Christ (Rm 13:11–14), nous rappeler que nous sommes une nouvelle création en Christ et, par conséquent, chercher à vivre comme la nouvelle création que nous sommes. Ce tournant loin du péché se produit de manière décisive lors de notre conversion, mais continue ensuite chaque jour pour le reste de notre vie. « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes […] Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice » (1 Jean 1:8–9).
Le devoir et le privilège de la repentance
Rien de tout cela ne signifie que nous ne nous sommes pas vraiment repenti si nous commettons le même péché plus d’une fois. Cela signifie que nous devrions remettre en question l’authenticité de notre repentance si nous aimons notre péché et ne faisons aucun effort pour l’arrêter. Pour tous ceux qui connaissent le Christ, la repentance qui mène à la vie est à la fois un devoir à accomplir et un privilège qui nous permet de rester en communion ininterrompue avec notre Sauveur. Haïssons le péché, demandons pardon, cherchons à apprendre la voie du Christ et efforçons-nous d’obéir à la loi de Dieu plutôt que de la transgresser.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

