
La théologie de l’alliance pour les enfants : Guide du débutant
22 mai, 2026Les voies d’un père en des temps difficiles
La paternité est pleine de défis. Le fait de voir un fils, ou une fille, égaré — bien qu’élevé dans un foyer centré sur Christ — s’éloigner de la foi est l’un des défis les plus difficiles. Dans quelle direction devons-nous nous tourner ?
Le livre des Proverbes offre encouragement et perspicacité afin de naviguer dans ces eaux périlleuses. Il a été inspiré par le Saint-Esprit,
Pour donner aux simples de la prudence,
Au jeune homme de la connaissance et de la réflexion.
Que le sage écoute, et il augmentera son savoir,
Et celui qui est intelligent acquerra l’art de se conduire (Pr 1: 4–5).
L’espérance d’un père pour le bien-être de son enfant commence par la communication d’une pieuse instruction. Les premiers chapitres des Proverbes exhortent les fils et les filles : « Écoute […] l’instruction » (Pr 1:8) ; « reçois mes paroles » (Pr 2:1) ; « n’oublie pas mon enseignement » (Pr 3:1) ; « Écoutez, (mes) fils, l’instruction d’un père » (Pr 4:1) ; « sois attentif à ma sagesse » (Pr 5:1) ; « Fais donc ceci, mon fils, dégage-toi » (Prov. 6:3) ; et « retiens mes paroles et garde avec toi mes commandements » (Pr 7:1). Avons-nous fait tout ce que nous pouvions pour inculquer les vérités bibliques dans leurs cœurs et leurs esprits ?
Les pères devraient également analyser attentivement les voies du prodigue. Les Proverbes révèlent trois conditions dangereuses du cœur : le simple qui oublie Dieu, le moqueur qui ignore Dieu, et le fou qui rejette Dieu (Pr 1:22). Les trois sont progressivement plus endurcis, plus imperméables à la vérité spirituelle, et plus en danger imminent. La clé est de discerner quelles voix ils écoutent de plus près. Avec qui marchent-ils, avec qui se tiennent-ils, ou avec qui s’assoient-ils ?
Les simples sont naïfs, ils écoutent les voix de la tentation et sont facilement influencés par de mauvaises compagnies. La sagesse crie aux simples de voir la conséquence de leurs choix, et d’abandonner leurs habitudes et leurs amis (Pr 7:6–27). Le moqueur est plus arrogant, ils se moquent du péché et ignorent tous les pieux conseils. La sagesse lui ordonne d’écouter la réprimande de son père, de peur qu’il ne vienne à la ruine, à la honte et au déshonneur (Pr 13:1). Le fou rejette résolument Dieu et méprise sa Parole. La sagesse l’avertit qu’en faisant la sourde oreille, il amasse sur lui-même la destruction, et sa fin est le chemin de la mort. Priez pour avoir la sagesse de savoir comment (et à quelle fréquence) dire la vérité avec amour.
Quelles sont les autres étapes pratiques que les pères sont encouragés à suivre ?
La prière
Le premier et le principal moyen à la disposition d’un père est d’amener l’enfant avec persévérance au trône de la grâce. John Yates, pasteur expérimenté et père de nombreux enfants et petits-enfants, écrit d’après son expérience : « Très rapidement, les enfants commencent à enseigner à un homme ses propres limites, qu’il n’a pas toutes les réponses, et qu’il échoue fréquemment en tant que mari et père […] C’est le début d’une toute nouvelle façon de vivre, appelée la prière. »1 Yates recommande un outil très utile, à savoir un carnet de prières pour suivre les besoins spécifiques et les réponses pour chaque membre de la famille. Les prières persévérantes d’un père sont très efficaces.
La repentance
Un lien brisé dans la marche spirituelle d’un enfant perdu ou rebelle pourrait être la faute du père. Leur avons-nous dit récemment combien nous les aimons ? Leur avons-nous confessé humblement nos propres péchés en tant que père ? Il n’est jamais trop tard pour des excuses sincères, à cause de paroles ou de disciplines coléreuses ou blessantes, soit laxistes, incohérentes ou trop sévères. Les vrais hommes font le premier pas pour demander pardon.
Ne jamais abandonner. Le père sage poursuit inlassablement une relation authentique dans la mesure où le prodigue le permet.
Il vaut mieux faire confession en tête à tête, bien qu’une conversation virtuelle, un appel téléphonique, ou un écrit (dans cet ordre décroissant), puisse être nécessaire. L’écrit doit être manuscrit, car ces écrits personnels de votre main ont plus de poids qu’un e-mail ou un message texte.
La patience
Un pasteur a écrit un livre perspicace en 1876 sur la famille chrétienne. Il y exhorte les pères à diriger leur troupeau avec patience : « L’objectif n’est pas de briser la volonté, mais de l’éduquer ; non pas de lier sa liberté par une force extérieure, mais de lui apprendre à se contrôler. »2 Laissez le temps à l’œuvre de la grâce, souvent lente, de contenir ce qui est sauvage, saisissant le cœur de l’enfant non par assaut mais par un siège qui est doux.
Être agréable
En attendant, ne soyez pas un rabat-joie ou un ogre. Dites la vérité clairement, mais pas à chaque fois que vous parlez. Utilisez des mots (prévus à l’avance) qui expriment l’amour, non la colère ; la patience, non la frustration. « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur. » (Ep 6:4). Maintenez la relation forte en poursuivant des activités amusantes ensemble lorsque c’est possible. Demandez au Seigneur une disposition accueillante et des moyens créatifs pour construire de nouveaux liens, trouvant la joie dans des expériences partagées.
La persévérance
Ne jamais abandonner. Le père sage poursuit inlassablement une relation authentique dans la mesure où le prodigue le permet. L’amour inconditionnel dit : « Je t’aime quoi que tu aies fait. » La meilleure illustration se trouve dans la parabole du fils prodigue de Christ. Le père rejeté veillait constamment au retour de son fils perdu, scrutant l’horizon chaque jour. Lorsqu’il vit le garçon rentrer en boitant, il ressentit de la compassion, et courut l’embrasser. Il pardonna au jeune homme sa dissipation inutile et le réintégra dans la famille, « Et ils commencèrent à se réjouir » (Luc 15:24). Faites-leur savoir que vous laisserez toujours une lumière allumée.
En fin de compte, pères, remettez-vous vous-même ainsi que votre enfant entre les mains du Seigneur. La rédemption est ultimement son œuvre seule, et sa main n’est jamais trop courte pour sauver.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

