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La sagesse envers ceux du dehors dans le monde numérique

Note de l’éditeur : Ceci est le quatrième chapitre de la série Toujours prêt.

Vous et moi faisons face à de nombreuses décisions chaque jour. Parfois, ces décisions sont difficiles. Dans ces moments-là, vers qui vous tournez-vous pour trouver la sagesse ? Peut-être vous tournez-vous vers votre père ou votre grand-père. Peut-être vers votre pasteur de famille, qui a servi fidèlement semaine après semaine depuis des décennies. Et bien sûr, le livre des Proverbes. Mais le seul endroit vers lequel, je suppose, la plupart des chrétiens réfléchis ne suggéreraient pas de se tourner, ce sont les réseaux sociaux. Bien que la vérité et la sagesse puissent s’y trouver, elles y sont minoritaires et sont souvent noyées dans la cacophonie des voix et des « réactions à chaud ».

Malgré cette réalité, les réseaux sociaux sont l’endroit où nous passons de plus en plus de temps, et les sondages continuent de montrer que les adolescents passent de nombreuses heures chaque jour sur les réseaux sociaux, et sont presque constamment en ligne. Cela soulève la question de savoir comment les chrétiens peuvent s’épanouir dans cette nouvelle ère numérique, en particulier les adolescents chrétiens qui ne savent pas qu’elle est « nouvelle », puisque c’est tout ce qu’ils ont connu. Les chrétiens doivent adopter une approche proactive s’ils veulent aller à contre-courant de la culture actuelle, et résister à ce que le monde cherche à faire d’eux ses disciples.

Un verset qui me vient souvent à l’esprit lorsqu’on aborde les défis de l’ère numérique actuelle se trouve dans l’épître aux Colossiens. L’apôtre Paul dit à ses lecteurs : « Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors. Rachetez le temps. » (Col 4.5). S’il a toujours été vrai que, depuis la chute, nous avons tous besoin de sagesse, en particulier envers ceux du dehors, combien plus grand est ce besoin aujourd’hui, quand une seule publication sur les réseaux sociaux peut être vue par des millions, voire des milliards de personnes du dehors — une portée probablement inimaginable pour Paul ?

Pour Paul, la motivation à rechercher la sagesse envers ceux du dehors était de « racheter le temps », c’est-à-dire de saisir chaque occasion d’évangélisation, en ayant une parole « accompagnée de grâce » et en sachant comment « répondre à chacun » (Col 4.6). Tout comme l’apôtre Pierre en 1 Pierre 3.15, Paul présuppose que la manière de vivre du chrétien, sa conduite empreinte de sagesse, suscitera des questions de la part d’un monde qui observe. Mais la manière dont les chrétiens participent aux conversations sur les réseaux sociaux, et peut-être même la façon dont nous utilisons nos appareils constamment connectés, diffère-t-elle de celle du monde qui nous entoure ? Il semble clair, d’après l’Écriture, qu’il devrait y avoir une différence, mais malheureusement, nous manquons souvent de la sagesse que nous sommes appelés à rechercher et à exercer dans la vie chrétienne.

La présence du fruit de l’Esprit est une différence entre le chrétien et le monde (Ga 5.22-23). Ce fruit se manifeste dans ce que nous disons, dans ce que nous ne disons pas, et même dans le ton avec lequel nous le disons. L’amour est le premier fruit mentionné par Paul, et Jésus a déclaré : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13.35). Pourtant, je crains que si nous examinions l’ensemble des propos des chrétiens en ligne, nous découvririons que nous aimons davantage avoir raison que nous ne nous aimons les uns les autres.

De plus, le monde a une approche pragmatique des réseaux sociaux. Si une publication génère de l’engagement et attire l’attention des algorithmes qui contrôlent les fils d’actualité des autres, le monde la partagera. Le monde est motivé par l’approbation de ses pairs et d’inconnus — plus il y a de mentions « j’aime », mieux c’est. En revanche, les chrétiens devraient être animés par un désir reconnaissant, rendu possible par l’Esprit, de plaire à leur Dieu et Rédempteur, attendant toujours avec impatience le jour où ils entendront ces paroles : « Bien, bon et fidèle serviteur » (Mt 25.21). C’est une différence radicale, et Paul présupposait que cette différence serait évidente pour ceux qui nous entourent. À l’ère des influenceurs, il est important de se rappeler que le nombre d’abonnés importe moins que de savoir si vous suivez véritablement celui qui compte.

Si vous et moi devons « racheter le temps » (Col 4.5) comme Paul le commande, nous devons d’abord reconnaître les nombreuses occasions qui existent en ligne d’être des ambassadeurs pour Christ, au lieu de simplement ignorer ces occasions liées au Grand Mandat. Priez pour que le Seigneur nous aide à être de bons intendants et nous accorde les yeux spirituels pour voir le besoin. Cependant, nous devons aussi reconnaître la quantité de temps que nous pouvons facilement gaspiller en ligne si nous ne sommes pas vigilants, manquant ainsi les occasions liées au Grand Mandat qui se présentent dans nos domaines de responsabilité concrets, que ce soit en tant qu’époux, parents, enfants, employés, étudiants ou voisins. Le chrétien sage est conscient de ces deux réalités.

L’un des versets les plus redoutables de la Bible, à mes yeux, est l’avertissement de Jésus selon lequel nous rendrons compte de « toute parole vaine » que nous prononçons (Mt 12.36). Cela inclut très certainement ce que nous publions sur les réseaux sociaux. Considérez comment les réseaux sociaux ont probablement amplifié et multiplié le nombre de paroles vaines prononcées et partagées aujourd’hui par rapport à il y a seulement quelques décennies. Et si notre gestion de chaque parole prononcée sera soumise au jugement, celle de chaque minute le sera certainement aussi. Comme l’a dit un enseignant de la Bible, l’une des grandes utilités des réseaux sociaux sera de prouver au dernier jour que le manque de prière n’était pas dû au manque de temps.

Chaque fois que je réfléchis au besoin de sagesse et aux applications judicieuses de la vérité biblique pour notre ère numérique, je n’ai jamais conclu que j’y étais parvenu. Nous sommes tous en cours de transformation. C’est pourquoi je reviens fréquemment à l’incroyable promesse faite par Jacques : « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée » (Jc 1.5). C’est une prière qu’on ne saurait prier trop souvent, et je sais que j’ai besoin de la prier plus fréquemment. Que le Seigneur accorde à son Église la sagesse dont elle a besoin pour administrer avec fidélité les outils et les technologies de l’ère numérique actuelle, afin qu’il reçoive toute la gloire ultimement.

Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

Nathan W. Bingham

Nathan W. Bingham

Nathan es el Director General de Comunicaciones para Ligonier Ministries y un graduado del Presbyterian Theological College en Melbourne, Australia. Escribe en NWBingham.com. Lo puedes seguir en Twitter @NWBingham.