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9 juin, 2026Que fait un pasteur ?
Quand mon fils était à la maternelle, il a rapporté à la maison un croquis biographique qu’il avait réalisé à l’école. Ce croquis comprenait un autoportrait, avec des informations de base sur lui et sa famille. Une des questions posées était : « Quel travail fait ton père ? »
J’aurais aimé que sa réponse soit quelque chose comme : « C’est un ministre de l’Église », « il prêche la Parole de Dieu », ou peut-être, « il parle de Jésus aux gens ». Mais non, rien de tout cela. À mon grand désarroi, sa réponse fut simplement : « il travaille sur son ordinateur et boit du café ».
Bien que je sois convaincu que la compréhension de mon fils sur la vocation de son père a mûri au fil des ans, ce moment humoristique m’a fait réaliser que la question « Que fait un pasteur ? » pourrait ne pas être si facile à répondre, même par des adultes.
Alors, que fait un pasteur ?
Une vocation distincte
Le travail d’un pasteur découle avant tout de sa vocation. La vocation au ministère de l’Évangile est distincte de la vocation générale au salut. L’apôtre Paul rappelle à son jeune protégé, Timothée, cette vocation distincte par « l’imposition des mains », la décrivant comme un « saint appel » (2 Tm 1:6–9). C’est en effet une vocation sacrée, car le ministre est mis à part, par et à travers l’Église, pour représenter le Seigneur Jésus-Christ en parole et en acte en tant qu’ambassadeur, à qui sont confiées les clés d’autorité du royaume (2 Co 5:20 ; Mt 16:19).
Cette autorité représentative ne doit jamais être utilisée pour l’auto-promotion (2 Co 4:5), ni pour dominer ceux qui sont sous sa responsabilité (1 Pierre 5:3). Au contraire, l’office de pasteur est un service humble, à l’image de notre Seigneur lui-même, qui a lavé les pieds de ses disciples (Jean 13:1–17). Ceux qui servent de cette manière, avec cette vocation et cet objectif en vue, sont honorés par le Seigneur, et doivent être honorés par la congrégation sous leur responsabilité (1 Tm 5:17).
De cette vocation découlent trois responsabilités principales.
1. Diriger
La première est de diriger l’Église du Seigneur Jésus-Christ. Un pasteur est un gouvernant. Mais cette gouvernance ne doit pas être confondu avec celle que l’on voit dans le monde des affaires, où le succès est souvent mesuré par les résultats financiers.
La gouvernance dans l’Église du Christ est, avant tout, une gouvernance par l’exemple — un exemple de piété et de conformité au Christ. Lorsque Josué a conduit le peuple de Dieu en terre promise, le Seigneur n’a pas fourni de stratégies militaires comme clé de la victoire. Au lieu de cela, il a instruit Josué : « Ce livre de la loi ne s’éloignera pas de ta bouche ; tu y méditeras jour et nuit pour observer et mettre en pratique tout ce qui y est écrit, car c’est alors que tu mèneras à bien tes entreprises, c’est alors que tu réussiras » (Josué 1:8).
De même, en s’adressant à l’Église de Corinthe — une Église en proie à la division et à la confusion morale — Paul a souligné son propre exemple comme guide de piété : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » (1 Co 11:1).
C’est à partir de cette base d’intégrité personnelle et d’exemple pieux que le ministre est capable de guider le peuple de Dieu à la fois dans le culte de Dieu et dans le ministère de l’Église.
2. Pourvoir
Deuxièmement, un pasteur est appelé à pourvoir à l’Église du Seigneur Jésus-Christ. Cette provision se fait par le ministère de la Parole, les sacrements et la prière. Ce sont les moyens de grâce spéciaux, mais ordinaires, que Dieu a établis pour servir pleinement et suffisamment son peuple, leur communiquant les bienfaits de leur rédemption en Christ.
La tâche du ministre est d’administrer fidèlement et constamment ces moyens au troupeau confié à ses soins. Il ne doit pas se laisser trop distraire par d’autres préoccupations, aussi valables soient-elles. L’apôtre Pierre rend cette priorité claire en Actes 6, lorsque des besoins pressants surgissent dans l’Église primitive concernant la distribution quotidienne de nourriture. Pierre répond : « Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables […] Pour nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la parole » (Actes 6:2, 4).
Cette emphase ne diminue pas l’importance des autres ministères au sein de l’Église ; au contraire, il les ordonne correctement sous la provision fondamentale de la nourriture spirituelle. Pierre a appris cette priorité directement de notre Seigneur, qui l’a chargé trois fois : « Prends soin de mes brebis » (Jean 21:17).
3. Protéger
Troisièmement, un pasteur doit protéger l’Église du Seigneur Jésus-Christ. Cette responsabilité remonte à Adam, le premier homme, qui a été placé dans le jardin d’Éden « pour le cultiver et pour le garder » (Gn 2:15). Adam avait pour tâche de cultiver le jardin et de le protéger de tout ce qui pourrait entraver son épanouissement. Adam a tragiquement échoué dans ce rôle de protecteur, succombant à la tromperie du serpent par l’intermédiaire de sa femme Ève, plongeant ainsi toute l’humanité dans le péché.
À ce jour, le péché et Satan continuent de tourmenter le monde, et surtout l’Église. Le ministre, par conséquent, doit être vigilant pour garder le troupeau. Il est appelé à avertir contre le danger spirituel et à mener la guerre contre les attaques du malin (Ep 6:10–20). Ce faisant, il proclame que la victoire ultime a déjà été remportée par le Seigneur Jésus-Christ ressuscité et élevé. Même au milieu de la lutte continue avec la chute du monde et de nos propres cœurs, l’Église reste victorieuse en lui.
De plus, le pasteur doit s’efforcer de maintenir à la fois la paix et la pureté de l’Église. L’apôtre Paul exhorte les anciens d’Éphèse avec cette charge solennelle :
Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau au sein duquel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour faire paître l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang.Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau […] Veillez donc (Actes 20:28–31)
Ces trois responsabilités (diriger, pourvoir et protéger) peuvent être résumées dans l’analogie biblique la plus fréquente des dirigeants du peuple de Dieu : le berger. Même le titre de « pasteur » vient de cette image ; il faut prendre soin, paître et éduquer le troupeau du Christ.
Ce modèle de berger trouve son exemple parfait, sa force continue et sa sécurité éternelle dans le souverain pasteur, le Seigneur Jésus-Christ, qui « donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10:11). Pour cette raison, l’apôtre Pierre offre cette charge durable aux ministres de l’Évangile :
Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous […] volontairement selon Dieu […] de bon cœur […] en devenant les modèles du troupeau ; et, lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne incorruptible de la gloire. (1 Pierre 5:2–4)
Que le Seigneur, par sa grâce, suscite de nombreux pasteurs qui conduiront fidèlement l’Église du Seigneur Jésus-Christ.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

