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C’est une chose spéciale que d’être chez soi, n’est-ce pas ? Je m’en souviens chaque fois que je voyage. Alors que j’écris cette chronique, cela ne fait que quelques semaines que nous sommes rentrés d’une croisière d’étude Ligonier dans les Caraïbes. Nous avons passé un moment merveilleux à étudier et à communier avec les amis et soutiens de Ligonier, dont beaucoup lisent probablement cette chronique en ce moment. Malgré le plaisir que j’ai eu lors du voyage, j’étais heureux de rentrer chez moi. Je ressens la même chose chaque fois que je voyage. J’aime ma patrie et je suis heureux de revenir aux États-Unis même après un voyage béni.
Même si je suis content de revenir en Amérique, je dois admettre que lorsque je rentre dans mon pays, j’aspire à être ailleurs. En fin de compte, les États-Unis ne sont qu’une auberge, un lieu de repos sur le chemin de ma véritable maison, à savoir la cité céleste. En tant que chrétien, je réalise que je ne serai jamais vraiment chez moi tant que je ne serai pas avec mon Sauveur au ciel. L’ancien chant spirituel l’exprime bien : « Ce monde n’est pas ma maison […] Je ne fais que passer. »
Le peuple de Dieu a toujours été ce que nous appellerions un « peuple pèlerin ». La constitution de l’Église de l’ancienne alliance durant l’exode a donné aux anciens Israélites les noms de pèlerins et d’étrangers. Menant une existence semi-nomade dans le désert, le peuple n’avait pas de lieu permanent qu’il pouvait appeler le sien. Même leur lieu de culte était une tente — le tabernacle — qui devait être démontée lorsque l’Éternel appelait Israël à se déplacer, et remontée lorsqu’ils établissaient un nouveau camp. Plus tard, la description de l’incarnation par Jean reprendra ce thème. La Parole de Dieu « a été faite chair, et elle a habité parmi nous » (Jean 1:14), ici le terme « habité » est la traduction d’un terme grec ayant la même racine qui signifie « tente » ou « tabernacle ». Christ a littéralement « planté sa tente » ou « tabernaclé » parmi nous.
À cause de cela, Christ est le Pèlerin ultime révélé dans les Écritures. Il est devenu l’Étranger suprême dans l’incarnation, quittant sa demeure céleste en notre faveur. Il est venu dans ce monde pour cheminer avec les enfants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob sur leur chemin vers leur demeure céleste.
Hébreux 11:13 le dit ainsi : Les saints de l’ancienne alliance, ayant vu les promesses de loin, « reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » Moïse, Abraham et les autres sont partis de leurs demeures terrestres dans la foi, cherchant cette demeure céleste que l’Éternel leur avait promise. Ils désiraient une meilleure patrie, « c’est-à-dire une céleste », et ainsi « Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité » (Héb. 11:16).
Bien que le hall de la foi en Hébreux 11 se concentre sur les croyants de l’ancienne alliance, le pèlerinage du peuple de Dieu ne s’est pas terminé une fois qu’ils se sont installés en Canaan, ont d’abord conquis Jérusalem, ou même lorsqu’ils sont retournés à la terre promise après l’exil. L’Église chrétienne est un peuple pèlerin. L’apôtre Pierre est clair : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme » (1 Pierre 2:11). Nous attendons toujours la ville sainte et la Jérusalem céleste. C’est la maison pour laquelle nous avons été créés. « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux » (Apoc. 21:3).
De ce côté du ciel, le Seigneur nous donne un aperçu de notre demeure céleste de nombreuses manières, surtout lorsque nous nous rassemblons pour le culte communautaire. J’ai vécu cela dans mon Église locale, la Chapelle Saint-André, où chaque jour du Seigneur nous nous rassemblons, et ainsi franchissons le seuil du profane au sacré. Mais je l’ai aussi vu lorsque j’ai adoré dans des terres étrangères.
Il y a environ vingt ans, j’ai voyagé à travers l’Europe de l’Est pour prêcher et enseigner dans plusieurs pays qui avaient été fermés aux missionnaires chrétiens pendant le régime communiste, qui avait cessé quelques années plus tôt. Dans une Église en Transylvanie, j’ai eu l’occasion de prêcher un dimanche matin, et lorsque j’ai regardé l’assemblée, j’ai vu de nombreuses femmes âgées, dont les visages étaient marqués de rides, à cause des années à labourer la terre avec des outils primitifs. Bien qu’elles aient été vêtues de noir de la tête aux pieds — jupes noires, blouses noires et babouchkas noires — il y avait néanmoins une sérénité chez elles. Elles avaient presque l’air angélique. Ces femmes écoutaient attentivement mon sermon, et parfois je voyais même une larme couler sur la joue de l’une d’elles.
Debout là, j’entendais ma prédication traduite dans leur langue maternelle roumaine, et je m’émerveillais de ce qui se passait. Je ressentais une véritable affinité avec elles, un lien forgé par rien de ce monde. Nous n’avions rien en commun. Nous parlions des langues différentes, venions de cultures différentes, suivions des coutumes différentes, et n’avions autrement rien pour nous lier. Mais nous avions le lien béni qui uni, à savoir un amour partagé pour la Parole de Dieu. Nous étions tous citoyens du ciel, traversant ce monde dans des géographies différentes mais avec une union profonde résultant de notre union commune avec Christ. Moi et ces femmes paysannes étions tous deux des pèlerins en route vers la patrie céleste.
Dieu nous accorde de nombreuses bénédictions dans ce monde et dans nos demeures terrestres. Néanmoins, ce monde n’est pas notre maison, nous ne faisons que passer.
Cet article a été publié à l’origine sur le site Ligonier.

